A la recherche d’Albert de la Noë (1)

Sur le cahier de l’oncle se trouve mentionné Albert de la Noe fils d’Antoine Olivier Aubry de la Noe (1789-?) et de Louise Adelaïde Duprey de Mesnillet (1794-1852). Il épouse « Marie Rossignol d’Astorg » de la « lignée des Hohenzollern ». Diable ! Qu’est donc devenue cette tête quasi couronnée ? On n’en n’a plus jamais entendu parler dans la famille.

Voici les témoignages recueillis:

  • Un oncle me parle d’un deuxième mariage d’Albert avec une rastaquouère, une fille Guzman, parente avec l’ancien président du Vénézuela, après la mort de Marie.
  • Une tante me dit que le portrait de cette nouvelle femme était sur la cheminée de Sophie de la Noë, soeur d’Albert, et qu’elle l’a brisé dans un moment de rage.
    L’aëule Sophie a la réputation d’avoir été farouchement légitimiste. Toutes les interprétations sont possibles: la nouvelle femme était-elle une mésalliance ? Que s’est-il passé et qu’est devenu Albert? Apparemment il est mort avant son cousin germain Jules Aubry de la Noë et sans enfants puisqu’il lui a transmis ses titres (dixit le cahier de l’oncle) en 1885.

Je pars en quête d’Albert. Je n’ai qu’une photo.

Albert Aubry de la Noë ©ihaynes

Albert Aubry de la Noë ©ihaynes

 

D’où vient l’expression rastaquouère ? D’après le dictionnaire, « un rastaquouère est, essentiellement au XIXème siècle, un personnage exotique étalant un luxe suspect et de mauvais goût ». Wikipedia nous apprends ensuite que le terme rastaquouère a été utilisé lors de la montée de la xénophobie en France au cours du XIXeme siècle. Ça cadrerait avec un mariage avec la fille de Guzman Blanco riche sud-américaine habitant en France avec son père…

Résultat des recherches sur Guzman

Oui Antonio Guzmann Blanco a été président du Vénézuela et même trois fois de 1870 à 1877, de 1879 à 1884 et de 1886 à 1888. Il était franc-maçon, farouche partisan de réformes et apparenté à Bolivar. Voici ce que je trouve dans l’Encyclopédie universelle (1)

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Martin Tovar Y Tovar. Antonio Guzman Blanco. Oleo sobre Tela. inisterio de Relaciones Exteriores. 1880.

« Chef du Parti libéral, il prend le pouvoir en 1870 et se fait élire président constitutionnel en 1873. Pendant dix-huit ans (1870-1888), il est le chef absolu du Venezuela, exerçant le pouvoir directement ou par l’intermédiaire de dirigeants dévoués. Antonio Guzmán Blanco sort le Venezuela de la guerre civile et de la stagnation économique et l’engage sur la voie de l’ordre et de la modernisation. Il fait construire des bâtiments publics, des voies ferrées et des écoles. Caracas, modernisée, devient le centre du nouveau réseau télégraphique, portuaire et routier. Le dictateur parraine la création d’écoles publiques, restaure le crédit public, subventionne l’agriculture, développe le commerce international et prépare le pays à son entrée dans l’ère du progrès. Farouchement opposé à l’Église, il instaure l’école laïque, le registre d’état civil et le mariage civil. Il supprime les couvents, confisque leurs biens et proclame la liberté religieuse pour les non-catholiques. Antonio Guzmán Blanco a recours à la violence pour éliminer l’opposition. Les libertés civiles sont restreintes et la presse bâillonnée. Peu d’actions sont entreprises pour améliorer le sort des masses. En outre, le dictateur amasse une fortune personnelle sur les caisses de l’État, profitant des négociations d’emprunts avec des banquiers étrangers. Il passe une grande partie de ses années au pouvoir en Europe, où il fréquente l’aristocratie. Au cours de l’une de ces visites, en 1888, un coup d’État l’évince du pouvoir. Il passe les dix dernières années de sa vie à Paris. »

 

Il a donc vécu à Paris,  il est donc possible que certains de ses enfants y aient rencontré des français et les aient épousés. Cependant, vérification faite, contrairement au bruit qui circule dans la famille, aucune fille Guzman Blanco n’a épousé Albert Aubry de la Noë. Je finis par trouver qu’un marquis Marie Anne Joseph Samuel de Noé a bien épousé l’une des filles de Guzmann Blanco, Mercedes Louise, mais il n’a rien à voir avec la famille (Attention: il existe trois familles à ne pas confondre : de Noé, de la Noé et Aubry de la Noë). Par la même occasion, je trouve enfin la date de décès d’Olivier Frederic Aubry de la Noë, père d’Albert, à Paris en 1861.
Puis je trouve que Jules « Albert » est témoin de la naissance de son neveu Louis Antoine Aubry de la Noë, fils de Sophie, toujours 1861 à Bordeaux où il est âgé de 20 ans et exerce la profession de commis des Messageries maritimes.
Le mystère d’Albert et de la rastaquouère reste entier, affaire à suivre donc

 

Sources:

(1) In Universalis, « GUZMÁN BLANCO ANTONIO – (1829-1899) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2015.

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