A la recherche d’Albert de la Noë (2)

Puisque je suis coincée du côté la Noë dans ma recherche d’Albert,  la clé du mystère est peut-être dans la recherche d’informations sur la femme de Jules Albert, Marie Frédérique Rossignol d’Astorg.

De son vrai nom, Maria Carolina Fritza Rossignol d’Astorg, elle est fille de Pierre Libera Rossignol d’Astorg né le 20 vendémiaire an X à Labastide -Murat et décédé à Cahors le 4 novembre 1873 et de Jeanne Leonie Delfour (Albas 1817-Cahors 1872).

Médecin à Labastide Murat, Pierre Libera a du mal à élever ses cinq enfants

« Présenté en 1852 à l’empereur, il obtient une charge de commissaire de surveillance administrative des chemins de fer français, sollicite le 13 mars 1859 un grade d’inspecteur car ses appointements sont insuffisants » (1)

On le trouve mentionné  dans «  l’Allemagne aux Tuileries de 1850 à 1870 » Par H Bordier p 177 et dans « La mendicité allemande aux tuileries 1852-1870 » par Henri Welschinger.
où il est présenté comme faisant partie de la clique allemande liée aux Hohenzollern qui aurait abusé de la bonté de l’Empereur Napoléon III. Ces deux derniers ouvrages font suite à la guerre de 1870 et ont pour but d’attiser la haine anti-allemande et de ceux qui leurs sont liés. On y apprend que Pierre Libera est « sans fortune et père de cinq enfants» et « oncle » du prince de Hohenzollern. Cela corrobore les écrits de l’oncle sur les liens avec les Hohenzolern.

Jules Albert travaillait pour les Messageries Maritimes comme Antoine Jean Etienne Rossignol, le frère de Maria Carola. Origine de l’idylle?

J’ai écrit aux Affaires étrangères pour en savoir plus sur Jules Marie Albert mais ils n’ont pas trace de son décès à Montevideo.

Un membre de Généanet présente sur son arbre, Marie Frédérique (Maria Carolina Fritza) comme née à Labastide Murat.

Je le contacte immédiatement car je sais, pour avoir déjà eu un échange avec lui, que nous avons un bout de famille en commun. Il me donne une référence à la BNF : « les Bonaparte et leurs alliances », de Léonce de La Bretonne, publié en 1901. Y figure le deuxième mariage de Louise Dastorg (mariée en premières noces avec Pierre Murat, frère aîné du prince Murat), avec Pierre Rossignol.

Y figure aussi  leur descendance:

1° Bernard Rossignol (1801-1831),

2° Jean Pierre Libera Rossignol, marié deux fois: 1° à Jacquette Adèle Labie; 2° à Jeanne Léonie Delfour. De ce second mariage sont nés:

1° Léopold né le 28/09/1841
2° Antoine né né le 13/011841
3° Antoinette née en 1846 à Labastide Murat
4° Adèle née en 1848, mariée au Dr Alayrac, maire de Labastide Murat, dont une fille: Marie Frédérique, née en 1855, mariée 1° à Albert de la Noé, 2° à Jules Paulet Cal. Ce dernier élément est peu crédible : Marie Frédérique ne peut être  la fille d’Adèle elle  aurait été mère à 6 ans! De plus, M-F apparaît dans le texte en ma possession sous le nom Rossignol d’Astorg. Je pense donc que c’est une fille « tardive » de Jean « Pierre » Libera Rossignol d’Astorg  

3° Jean (An XIII-?)

Pierre Rossignol (le père de Jean Pierre Libéra) marié à Louise d’Astorg a demandé et obtenu le droit de se nommer Rossignol d’Astorg. (Son arriere-petit fils Maurice, à l’inverse, a demandé a ne plus se nommer ainsi. Décision validée par le tribunal …..).

 

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Antoinette Murat Fürstin von Hohenzollern-Sigmaringen  (tante de Maria Carolina Fritza) Source 

Avant d’épouser Pierre Libéra Rossignol, Marie d’Astorg (1762-1832)  avait épousé Pierre Murat (1748-1792), fils d’un aubergiste de la Bastide Murat dont elle a cinq enfants. La petite dernière, née après la mort de son père, se nomme Antoinette.

 A la mort de Pierre, son frère Joachim  Murat (1765- 1815), LE Murat général d’Empire, prend soin de ses neveux. Devenu grand-duc de Berg et de Clèves, prince de la Confédération du Rhin, Joachim Murat marie Antoinette (1793-1847) à Paris, le 4 février 1808, au prince Charles de Hohenzollern-Sigmaringen (2). Peu de temps après, il devient Roi de Naples.

 

 

 

Joachim Murat

Joachim Murat

Antoinette de Hohenzollern, nièce de Joachim Murat, est donc la demi-soeur de Pierre Libera Rossignol d’Astorg  et la tante de Maria Carolina Fritza, femme d’Albert Aubry de La Noë.

Voilà le fameux lien aux Hohenzollern !!

Notons que le village de Labastide-Murat dans le Lot a été rebaptisé ainsi en 1852 par un décret de Napoléeon III en l’honneur de Joachim Murat mais se nommait Labastide Fortunière auparavant.

Grâce à Jean-Pierre Croc rencontré via Généanet, je parviens à trouver l’acte de mariage de Maria Carola Fritza avec Jules Marie Albert Aubry de la Noë le 17 juin 1876 toujours à Labastide Murat.

Trois surprises sur cet acte :

  • Maria Carola Fritza  y apparaît comme Rossignol et non Rossignol d’Astorg ainsi que son père.
  • Sophie Aubry de la Noë, soeur d’Albert, est présente et signe le registre. Elle ne devait donc pas être si mécontente du mariage de son frère avec une femme liée au clan bonapartiste. Le mari de celle-ci, Jules César Antoine Aubry de la Noë, est témoin.
  • Frederic Hilarion Alayrac  est témoin comme beau-frère de la mariée ce qui confirme que l’information donnée par le livre  » Les Bonaparte et leur famille » est inexacte: Maria Carolina est la belle-soeur et non la fille de Alayrac.
  • Le nom complet d' »Albert »est Jules Marie Albert, né à Pontlevoy le 13 janvier 1841.

Mais rien n’explique la fameuse rastaquouère.

Monsieur Croc attire mon attention sur un acte de mariage ultérieur concernant Maria Carolina Fritza. Celle-ci épouse en deuxième noce en 1887 Jules Paulet, né et domicilié à Montévideo (Uruguay).  Le document précise que Jules Albert, premier époux, est mort à Montévideo le 15 septembre 1885.

La voici donc la rastaquouère ! C’était de Maria Carolina Fritza qu’il s’agissait dans les cancans familiaux et non d’une hypothétique seconde épouse de Jules Albert. Sophie a dû désapprouver le remariage de sa belle soeur.

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Joachim Murat, député du Lot

L’un des témoins de ce deuxième mariage est  Joachim Murat II, député du Lot (1828-1904).

 

 

 

 

 

 

 

Le mystère est enfin résolu et je trouve quelques temps plus tard une photo de Maria Carolina Fritza et de Jules Albert lors d’une soirée déguisée.

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Maria Carolina Fritza Rossignol et Jules Albert Aubry de la Noë ©ihaynes

 

(1) Extrait de la Revue des deux Mondes pages 530 periode 6 T 33- 1916.

(2) Voir fiche sur Antoinette par les amis du Musée Murat ici

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A la recherche d’Albert de la Noë (1)

Sur le cahier de l’oncle se trouve mentionné Albert de la Noe fils d’Antoine Olivier Aubry de la Noe (1789-?) et de Louise Adelaïde Duprey de Mesnillet (1794-1852). Il épouse « Marie Rossignol d’Astorg » de la « lignée des Hohenzollern ». Diable ! Qu’est donc devenue cette tête quasi couronnée ? On n’en n’a plus jamais entendu parler dans la famille.

Voici les témoignages recueillis:

  • Un oncle me parle d’un deuxième mariage d’Albert avec une rastaquouère, une fille Guzman, parente avec l’ancien président du Vénézuela, après la mort de Marie.
  • Une tante me dit que le portrait de cette nouvelle femme était sur la cheminée de Sophie de la Noë, soeur d’Albert, et qu’elle l’a brisé dans un moment de rage.
    L’aëule Sophie a la réputation d’avoir été farouchement légitimiste. Toutes les interprétations sont possibles: la nouvelle femme était-elle une mésalliance ? Que s’est-il passé et qu’est devenu Albert? Apparemment il est mort avant son cousin germain Jules Aubry de la Noë et sans enfants puisqu’il lui a transmis ses titres (dixit le cahier de l’oncle) en 1885.

Je pars en quête d’Albert. Je n’ai qu’une photo.

Albert Aubry de la Noë ©ihaynes

Albert Aubry de la Noë ©ihaynes

 

D’où vient l’expression rastaquouère ? D’après le dictionnaire, « un rastaquouère est, essentiellement au XIXème siècle, un personnage exotique étalant un luxe suspect et de mauvais goût ». Wikipedia nous apprends ensuite que le terme rastaquouère a été utilisé lors de la montée de la xénophobie en France au cours du XIXeme siècle. Ça cadrerait avec un mariage avec la fille de Guzman Blanco riche sud-américaine habitant en France avec son père…

Résultat des recherches sur Guzman

Oui Antonio Guzmann Blanco a été président du Vénézuela et même trois fois de 1870 à 1877, de 1879 à 1884 et de 1886 à 1888. Il était franc-maçon, farouche partisan de réformes et apparenté à Bolivar. Voici ce que je trouve dans l’Encyclopédie universelle (1)

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Martin Tovar Y Tovar. Antonio Guzman Blanco. Oleo sobre Tela. inisterio de Relaciones Exteriores. 1880.

« Chef du Parti libéral, il prend le pouvoir en 1870 et se fait élire président constitutionnel en 1873. Pendant dix-huit ans (1870-1888), il est le chef absolu du Venezuela, exerçant le pouvoir directement ou par l’intermédiaire de dirigeants dévoués. Antonio Guzmán Blanco sort le Venezuela de la guerre civile et de la stagnation économique et l’engage sur la voie de l’ordre et de la modernisation. Il fait construire des bâtiments publics, des voies ferrées et des écoles. Caracas, modernisée, devient le centre du nouveau réseau télégraphique, portuaire et routier. Le dictateur parraine la création d’écoles publiques, restaure le crédit public, subventionne l’agriculture, développe le commerce international et prépare le pays à son entrée dans l’ère du progrès. Farouchement opposé à l’Église, il instaure l’école laïque, le registre d’état civil et le mariage civil. Il supprime les couvents, confisque leurs biens et proclame la liberté religieuse pour les non-catholiques. Antonio Guzmán Blanco a recours à la violence pour éliminer l’opposition. Les libertés civiles sont restreintes et la presse bâillonnée. Peu d’actions sont entreprises pour améliorer le sort des masses. En outre, le dictateur amasse une fortune personnelle sur les caisses de l’État, profitant des négociations d’emprunts avec des banquiers étrangers. Il passe une grande partie de ses années au pouvoir en Europe, où il fréquente l’aristocratie. Au cours de l’une de ces visites, en 1888, un coup d’État l’évince du pouvoir. Il passe les dix dernières années de sa vie à Paris. »

 

Il a donc vécu à Paris,  il est donc possible que certains de ses enfants y aient rencontré des français et les aient épousés. Cependant, vérification faite, contrairement au bruit qui circule dans la famille, aucune fille Guzman Blanco n’a épousé Albert Aubry de la Noë. Je finis par trouver qu’un marquis Marie Anne Joseph Samuel de Noé a bien épousé l’une des filles de Guzmann Blanco, Mercedes Louise, mais il n’a rien à voir avec la famille (Attention: il existe trois familles à ne pas confondre : de Noé, de la Noé et Aubry de la Noë). Par la même occasion, je trouve enfin la date de décès d’Olivier Frederic Aubry de la Noë, père d’Albert, à Paris en 1861.
Puis je trouve que Jules « Albert » est témoin de la naissance de son neveu Louis Antoine Aubry de la Noë, fils de Sophie, toujours 1861 à Bordeaux où il est âgé de 20 ans et exerce la profession de commis des Messageries maritimes.
Le mystère d’Albert et de la rastaquouère reste entier, affaire à suivre donc

 

Sources:

(1) In Universalis, « GUZMÁN BLANCO ANTONIO – (1829-1899) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2015.

Les filles de René 1 Aubry

René 1 Aubry et Marguerite « Louise » Berryer eurent trois filles dont les destins sont intéressants parce qu’ils nous donnent une idée du niveau social acquis par les parents Aubry; les mariages du monde de la finance et quelques anecdotes sur les relations familiales.

  • Marie Aubry (1652- Le Mans 1712). On ne sait pas grand chose de sa vie si ce n’est qu’elle épouse  le 20 octobre 1670 au Mans- paroisse Saint Benoît- Pierre Cousin, fermier général des monnaies et des domaines, écuyer, sieur de Valcabot, baron de Conteville et du Marais Vernier, secrétaire ordinaire du duc d’Orléans.  « Originaire de Rouen, juriste licencié en droit et avocat, Pierre Cousin devient receveur général des finances de Rouen en 1677 tout en étant propriétaire de l’office de receveur des tailles de Caen et Pont-Audemer. Il s’ennoblit en 1676 par l’achat d’une charge de secrétaire du Roi. D’après Daniel Dessert (1), son mariage avec Marie Aubry est déterminant pour son ascension sociale car il le fait entrer dans le cercle des proches de Colbert.  Entre 1689 et 1707, il devient l’un des gros traitants de la fin du règne de Louis XIV ».  Pierre Cousin

Le couple Cousin habite au manoir du Val Cabot (actuellement manoir d’Hermos à Saint Eloi de Fourques ) ou  vous pouvez séjourner car il a été transformé en chambre d’hôtes.

manoir d'Hermos, Saint Nicolas de Fourques

Manoir du Val Cabot

Il fait ensuite acquisition en 1685 de la seigneurie et du château du Landin où vous pouvez dormir également.

chateau du landin2

Chateau du Landin. Photo: Francis Cormon

Il l’échange avec les terres de Conteville en 1689. Pierre Cousin y investit énormément d’argent pour obtenir un domaine de 350 hectares qu’ils devra vendre en 1719 car son entretien coûte trop cher (4).

L’une des filles de Marie, Nicole Ursule, épouse en 1710 Nicolas de Grouchy (1673-1734)  capitaine garde-côtes à Dieppe, lieutenant de vaisseaux, seigneur de la Marre-Gouvie. Née au manoir du Val Cabot (Eure) où habitent Marie et Pierre,  elle meurt dans celui de la Villette créé par Mansard, à Condécourt dans l’Oise.

condécourt oise

Chateau de la Villette à Condécourt (Oise). Photo : René Clémenti

 

Elle sera la grand-mère d’Emmanuel de Grouchy (1766-1847) Maréchal de France.

  • Louise Aubry. Je ne connais ni la date de sa naissance ni celle de son décès mais pas mal de choses sur sa vie. Elle épouse le 26 avril 1659 Jacques Ledemé, seigneur du Lude près de Domfront (Orne) lequel décède rapidement non sans lui avoir donné un fils, Jacques 2 Ledemé, seigneur du Lude.  Elle se remarie alors avec Guillaume Le Débotté, seigneur des Jugeries d’une vieille famille de Domfront. Le Lude et les Jugeries sont distants de 7 km à peu près. S’il ne semble plus rien rester du manoir du Lude, celui des Jugeries existe toujours.
Château des Jugeries.

Château des Jugeries. ancienne carte postale

 

Ils habitent Alençon.

guillaume le debotteBlason de Guillaume Le Debotté d’après l’armorial d’Hozier

Guillaume est contrôleur général des gabelles de la ville. Il en deviendra le contrôleur général des finances vers 1685. Comme son beau-père, René 1 Aubry, il se lance dans les forges et achète la grosse forge de la Sauvagère qu’il  transfère en 1678 au « gué du Cleret ». D’après Louis Duval (2), compte tenu des sommes importantes dont il dote ses cinq enfants, sa fortune devait être considérable.

En 1678, Renée Hameau, tante de Louise, la femme de Louis Berryer, demande à sa nièce de prendre la tête d’une fabrique de point d’Alençon.

Dentelle mise au point par Madame de la Perrière, produite par la manufacture royale d’Alençon (crée par Colbert, encore lui),  elle est l’une des plus coûteuse à réaliser et fait maintenant partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 L’histoire qui s’en suit est celle d’une arnaque de Renée au dépend de Louise. Je met le lien avec le document de la BnF qui en fait le récit ici. Vous n’aurez qu’à lire la suite….

On connaît les blasons de trois des cinq enfants Le Debotté :

mariegabrielle le debotte.jpg

Source : armorial d’Hozier

etienne le debotte.jpg

Source : armorial d’Hozier

bernard le debotte

Source : armorial d’Hozier

 

On sait aussi qu’ils bénéficièrent de la terre du Lude au préjudice de Jacques Ledemé leur demi-frère (1660-1707) (3). Celui-ci avait épousé Marie Vasse (1646-1717) de plus de dix ans son aînée, héritière du fief de Chères mais dont la famille avait fait de multiples dettes afin de garder son rang. Jacques, déjà dépouillé de la terre du Lude, presque ruiné par le remboursement des dettes de sa femme, trouva une ressource de dernière extrémité en vendant ses bois et en obtenant un prêt de sa grand-mère Louise Berryer, sans aucune aide de sa mère, cela dit en passant. La fortune de la famille continua a péricliter. Peut-être est- ce cela qui retentit sur l’éducation des enfants Ledemé (3). Leur fille, Louise Ledemé, née en 1660, veuve, écrivait très mal le français. Mariée à Charles Denis Chouet de la Gandie, elle laissât ses enfants dont ses fils, tous militaires, sans grande instruction (3).

  • Jeanne Aubry. On sait peu de choses sur Jeanne si ce n’est qu’elle épousa en 1777 paroisse Saint Benoît du Mans, Jacques Aubert, seigneur de Launay, receveur général des gabelles, conseiller à la cour des Aydes. Ils eurent au moins trois filles, Louise, Marie et Marguerite. Les deux dernières entrent au monastère d’Evron (Mayenne) en 1678 et sont dotées par leur oncle René 2 Aubry à cette occasion .
Jeanne Aubry

Source : armorial d’Hozier

La soeur de Jacques, Marie Aubert épousa vers 1645, Jean Vasse et leur fille Marie (1646-1717) épousa donc son cousin Jacques Ledemé cité plus haut. En 1688 ils habitaient le manoir de Chères (ou Cherres) près de Savigné l’Evêque où se situe également la terre de la Barrière dont René  1 Aubry est seigneur.

On trouve trace en 1743 d’une action intentée par Louise Le Demé, leur fille, née en 1690 à Savigné, veuve de Charles-Denis Chouet, écuyer, sieur de La Gandie, contre Marguerite Aubert (sa cousine issue de germains donc), veuve en premières noces du sieur de Saint-Laurent et en secondes de Louis-Zacharie Geré de Vaubois.

 

Bibliographie

(1) Daniel Dessert « Argent, pouvoir et société au Grand siècle ». Fayard ed.1984

(2) Louis Duval « Documents pour servir à l’histoire de la fabrication du point d’Alençon. » Renaut de Broise ed. 1883

(3) Revue historique et archéologique du Maine, tome 2, 1877

(4) Lettre d’un voyageur à l’embouchure de la Seine, Armand Claude Masson de Saint Amand. Guibert ed, 1828

(5) Armorial d’Hozier en ligne sur Gallica

 

J’ai retrouvé l’hôtel de René 2 Aubry

Grâce au très bon blog paris.bise.art qui présente l’histoire de Paris et de ses quartiers, j’ai retrouvé l’hôtel de René 2 Aubry. Contrairement à ce que je pensais l’ancienne rue des Deux Portes est maintenant la rue Dussoubs et non le début de la rue des Archives. Plus précisément il s’agissait autrefois de la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur.

Au 22 se trouve l’hôtel du receveur des finances Aubry. Il ne se visite pas mais on peut passer la tête dans la cour les jours ouvrés. Une habitante nous a gentiment ouvert la porte. Merci à elle !

hotel aubry

« Datant du XVIII siècle, malheureusement surélevé. Perron en demi-lune à double révolution et rampe ferronnée. Portail accosté de demi-colonnes doriques, supportant l’architrave où alternent des médaillons ornés de motifs végétaux et des triglyphes. Entablement très saillant. Fenêtre centrale du premier étage accostée de pilastres ioniques soutenant l’architrave sculptée de rinceaux et de fleurs et surmontée d’une frise de feuilles et d’un entablement orné de rais de coeur. La large travée centrale, en retrait, coiffée d’une calotte, se raccorde aux travées latérales par des parois convexes. Au rez-de-chaussée, de très larges arcades cintrées logent des fenêtres curvilignes. Abondante décoration : refends, consoles, ferronneries, mascarons, panneaux, … Le perron donne accès au vaste vestibule de l’escalier d’honneur. Porte sculptée de coquilles; de rinceaux et de cornes d’abondance d’où s’échappent des fleurs. Escalier remarquable. Ancien boudoir (Rochegude) (in « Le quartier Montorgueil Saint-Denis », étude réalisée pour l’association pour la Sauvegarde et la Mise en valeur du Paris historique, 1992). Source : Protection patrimoniale 2 ème arrondissement

 

 

hotel aubry (2)En 1780, l’hôtel Aubry devient hôtel de Launay. C’est tout à fait logique puisqu’en 1778 meurt Marie-Françoise Aubry, petite-fille de René II, fille unique de René III Aubry (1682-1740) et de Marie-Françoise David de Villeneuve (1681-1753). Elle a eu un fils de son premier mariage avec André Dastin, sieur du For et un autre de son mariage avec Alexandre Clère de Mazerolle. Ces deux jeunes hommes – dont j’ai découvert l’existence en lisant la plaidoirie de séparation de corps d’avec Alexandre Clere demandée par Marie-Françoise – sont sans doute déjà morts à cette époque (1) car les chroniques disent que Marie-Françoise n’eut pas de descendance. Selon la coutume de Normandie, son titre passe à la branche aînée représentée par Joseph Michel Antoine Aubry de la Noë (1755-1836) qui fera l’objet d’un prochain article. Une partie de ses biens a donc échu aux descendants du deuxième fils de René II, Alexandre Aubry d’Armanville dont la fille, Charlotte Renée Aubry d’Armanville( +1759), a épousé René Jourdan, sieur de Launay (1673-1749).

L’hôtel devient donc de Launay jusqu’à la Révolution. Je ne connaît pas la suite de son histoire.

Je trouve étonnant que le souvenir de l’existence  même de l’hôtel Aubry se soit complètement perdu dans notre branche de la famille sans doute parce qu’elle n’était pas concernée par l’héritage.

 

(1) Un lecteur du blog m’informe que le fils Dastin est né à Caen en 1737 et enterré dans l’Eglise de Basseneville ( Calvados)  sans doute comme ses grands-parents  René III Alexandre  Aubry et Marie Francoise David de Villeneuve qui habitaient le château de Basseneville aujourd’hui détruit.

René Aubry II 1637-1715

René Aubry

Source: Armorial de France d’Hozier

 

A tout seigneur tout honneur: René II Aubry est celui qui fit la carrière la plus fulgurante. Les chroniques de l’oncle Louis le considèrent comme puiné, certains historiens comme l’ainé.

hotel aymeret

Hotel Aymeret ou plutôt ce qu’il en reste rue des Quatre fils à Paris.

Qu’on en juge un peu : « Commis à la recette des impositions de l’élection de Nevers en 1660 et 1661, il devient ensuite Secrétaire du Roi, contrôleur des provisions des offices de France puis commis à l’exercice de la charge de receveur général des finances de Caen entre 1664 et 1666 avant de devenir en 1669 propriétaire d’un office semblable à Rouen qu’il va posséder jusqu’en 1704. Sa réussite est en très grande partie due à des appuis familiaux… Louis Berryer (son oncle) favorisa ses débuts. Par son mariage en 1664 avec Michelle Aymeret fille d’un receveur des tailles, il renforce ses lien avec les financiers féaux du contrôleur général des finances (Colbert). En effet la mère de sa femme, Michelle Cormier, s’est remariée avec Claude Coquille, le grand financier proche de Colbert autre grande figure des affaires. Cette alliance fait également de lui un neveu de l’intendant des finances Denis Marin. Par son second mariage en 1671 avec Marguerite Ladvocat, fille d’un maître d’hotel du Roi, il est cousin du receveur général des finances de Rouen, Jean Antoine Rancin…. Il est l’un des sous-traitants, pour la généralité de Rouen des taxes de la chambre de Justice de 1661 à 1669. On le trouve également intéressé en sous-part de la ferme des aides et domaines pour la généralité de Rouen ou dans la ferme générale des gabelles de France (1680-1687). Durant les guerres de la fin du règne de Louis XIV, il participe très activement aux affaires extraordinaires en entrant dans 19 traités (entre 1688 et 1704). Dans le domaine économique, Aubry soutient le programme maritime et colonial de son patron: il devient l’un des actionnaires de la compagnie du Nord et de celle des Indes orientales puis en sous-part à celle du Sénégal. On le retrouve également commanditaire d’armement pendant la guerre de la ligue d’Augsbourg. » (1)

René II s’enrichit.  Le 10 septembre 1668 Alexandre-René Aubry conseiller du roi en Cour et Parlement de Paris achète en prête-nom de son père René Aubry, sieur du Verger, la terre de Basseneville (Calvados)  à Jean Baptiste Louis Berryer  (son cousin) et Catherine Potier de Novion, femme de celui-ci, en présence Nicolas René Berryer seigneur de Ravenonville frère de Louis. La vente comprend » un chateau non achevé, la terre, bois, fiefs et arrière fiefs, herbages, prés, nomination et justice sur vassaux,cens droits seigneuriaux et autres... »

Le 6 avril 1707 cette acquisition est complétée par l’acquisition pour 63 000 livres de la terre de Saint Clair de Basseneville et celle de Saint Sanson. La chronique de l’oncle qui fait remonter l’acquisition de Basseneville a Jean 2 Aubry né en 1560 est donc fausse sur ce point là.

En 1669, René  II achète la charge de receveur des finances de la généralité de Rouen et, en 1671, la charge anoblissante de conseiller du Roi. Il est donc anobli avant son père René 1 Aubry.

En 1679 il  dote ses deux nièces Marie et Marguerite Aubert qui entrent au monastere d’Evron (Mayenne).

René II Aubry décède en 1713  laissant une fortune importante:

  • 1 444 473 livres dont des biens et immeubles à Paris ( il possédait un hotel rue des Deux Portes), en Normandie, dans le Dauphiné et dans l’orléanais.
  • 960 000 écus d’or  que ses  enfants se partagent immédiatement
  • 2 495303 livres en rentes sur la Ville, les tailles etc…

Descendance de René II Aubry

De ses deux mariages, René II eut cinq enfants.

On peut attribuer à son premier lit sûrement:

1- Louise Michelle Aubry. Le 1er mars 1683, elle épouse Charles de Rochechouart, marquis de Montpipeau dont

  • Charles II de Rochechouart mort à 57 ans sans descendance en 1741 dernier marquis de Rochechouart Montpipeau dont il était la 21 ème génération.
  • Jean Leonor de Rochechouart capitaine de vaisseau mort en mer en 1743 sans avoir été marié.

2- Alexandre Aubry nommé tuteur de son demi-frère Alexandre-René en 1699. Alexandre est dit chevalier, seigneur d’Armanville, ancien maître d’hotel du Roi. Il épouse Marie Geneviève de Bragelongne dont une fille qui semble unique:

  • Charlotte Renée Aubry d’Armanville épouse René Jourdan de Launay  (1673-1749) seigneur de la Bretonnière, gouverneur de la Bastille. d’où Bernard Jourdan De Launay et Charles Jourdan De Launay.

Et sans doute deux filles qui devinrent religieuses l’une à Alençon et l’autre à Conflans et qui figurent dans le testament de leur grand-père.

Je ne suis sûre que de la filiation d’Alexandre-René Aubry (1682-1740) : il est le fils du 2eme mariage de René II  avec Marguerite Ladvocal et légataire universel de son père, les enfants du 1er lit ne recevant que des legs particuliers (ils contesteront le testament jusqu’en 1734)

Lors de son baptème, son parrain est Louis Berryer, abbé de Lonlay ( cousin germain de son père), conte de Percy, archidiacre de ND de Paris.

Conseiller au parlement de Paris, René Alexandre abandonne son domicile parisien de la rue Saint Sauveur en 1718 et s’installe à Basseneville en laissant la gestion de ses affaires à l’abbé Bignon, Membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences, bibliothécaire du roi et à l’abbé Lezeau . Il semblerait que René Alexandre ait fui Paris car des billets sous-entendant qu’il aurait joué un rôle dans la mort d’un laquais y circulaient; accusation invérifiable et qui n’a pas donné suite. On sait par sa correspondance avec Lezeau que René Alexandre fait fondre sa vaisselle d’argent pour la mettre au goût du jour en 1719, rénove le choeur de l’église de Basseneville la même année et qu’il détient des livres interdits en 1728.

De son mariage avec Marie Francoise David de Villeneuve, il n’eût qu’une fille

  • Marie Françoise Aubry + 1778

C’est l’une des  filles à marier les plus riches de son époque et les négociations vont bon train. Même Victoire de Noailles épouse de Louis Alexandre de Bourbon, fils de Louis XIV et de Madame de Montespan s’en mêle. L’affaire traîne en longueur et Marie Françoise épouse à Basseneville en 1735  André DASTIN, sieur du For de la paroisse de Guillerville lequel décède en 1739. Elle se remarie en 1757 avec Alexandre Clerc (ou Clère) de Mazerolles, officier dans les armées du Roi. Elle obtint la séparation en 1737  » pour cause de brutalités » et s’installe au grand pavillon du couvent du Val de Grâce où elle meurt.

Sans enfants, elle laisse, selon la coutume normande, le titre de marquis à son neveu mâle le plus proche : Michel Aubry de la Noë arrière-arrière petit-fils de René 1 Aubry via son autre fils Philippe.

 

(1) Daniel Dessert « Argent, pouvoir et société au Grand Siècle » Fayard.

(2) Bulletin de la société d’histoire de Normandie  1938

 

Philippe Héron (1767-1827)

Philippe Héron, chirurgien major de la Marine est l’un des rescapés du naufrage du navire «  Le vengeur du peuple ».

Le Brunswick et le Vengeur du Peuple (à droite) à la bataille du 1er juin 1794 Musee de la Marine. Greenwich

Le Brunswick et le Vengeur du Peuple (à droite) à la bataille du 1er juin 1794. Musée de la Marine. Greenwich. Remarquez le drapeau révolutionnaire de l’époque « rouge blanc bleu sur fond blanc »

 

Voici quelques renseignements sur la bataille gagnés sur Wikipédia. « Le vaisseau et son équipage deviennent célèbres après la bataille du 13 prairial an II (le 1er juin 1794), pendant laquelle la flotte française de l’amiral Villaret de Joyeuse va affronter celle britannique de Howe. Le Vengeur-du-Peuple, au centre de la ligne, se retrouve bord à bord avec le HMS Brunswick en un duel rapproché au canon et au fusil. Ils sont bientôt rejoints par le français l’Achille (rapidement démâté) puis par le britannique HMS Ramillies,

Si le vaisseau britannique finit le combat avec à son bord 45 morts (dont son capitaine) et 114 blessés (soit 159 hommes perdus sur 600), le Vengeur-du-Peuple perd deux de ses mâts, a le tiers de son équipage hors de combat et de l’eau qui commence à monter dangereusement dans ses cales. Le capitaine de vaisseau Renaudin, commandant du Vengeur, fait hisser le pavillon britannique en signe de reddition et de demande d’aide, puis monte à bord du HMS Culloden. Mais le vaisseau vaincu a la coque tellement percée qu’il va rapidement sombrer. Sur environ 600 membres d’équipage, 367 marins et 7 officiers sont sauvés par les navires britanniques à proximité (HMS Culloden, HMS Alfred et HMS Rattler). La bataille se termine par la perte de sept vaisseaux français (un coulé et six capturés), auxquels il faut rajouter les 5 000 morts et blessés côté français (contre 1 148 chez les Britanniques) et les 4 000 prisonniers.
La propagande républicaine va chercher à transformer cette défaite militaire en victoire morale. La bataille est présentée à la tribune de la Convention par Barère, le rapporteur du Comité de salut public (de la fin 1793 au début 1794). Son discours prétend que les marins du Vengeur ont refusé de se rendre à l’ennemi, et sont tous morts quand le vaisseau a sombré, en criant « Vive la Patrie, vive la République » et en chantant la Marseillaise
Le retour en France du commandant Renaudin et des marins prisonniers en Angleterre fut une surprise. Bréard se chargea d’annoncer cette embarrassante nouvelle à la Convention : « Je suis bien aise d’apprendre à la Convention que tout l’équipage du Vengeur n’a pas péri ».
Néanmoins, la légende conserva son crédit dans l’imagerie populaire, la chanson et le théâtre. »

Le naufrage du "Vengeur du peuple" sur la colonne de la place de la République à Paris

Le naufrage du « Vengeur du peuple » sur la colonne de la place de la République à Paris

Deux ans après, Philippe épouse Bonne Rose Victoire Davy de Boisroger (1760-1837) à Moutiers au Perche. Une légende familiale dit que la voyant sur l’échafaud et la trouvant jolie, il lui offrit la liberté si elle l’épousait. Cette histoire me paraît tout à fait sujette à caution pour deux raisons:

  • Bonne avait déjà épousé en 1res noces François le Couturier tué en Vendée en 1794 alors qu’il combattait dans l’armée républicaine. Elle n’était donc pas légitimiste.
  • Leur mariage a lieu en 1796. De l’avis des historiens, la Terreur est finie depuis de longs mois.

Il s’établira comme médecin à Tourlaville et décèdera à La Loupe le 22 juillet 1827, deux ans après sa fille Antoinette Bonne Louise Henriette, épouse d’Antoine Hippolyte Aubry de la Noë, morte à La Loupe en 1825 à l’âge de 27 ans.

Les familles Davy du Perron et Davy de Boisroger (1)

Rien de plus compliqué que cette famille Davy du Perron 

Blason Davy du Perron

Blason Davy du Perron

qui a donné naissance à de multiples branches toutes entremêlées par de nombreux mariages entre parents plus ou moins éloignés.
Le premier Davy du Perron, Jean1, apparaît dans les documents en 1391 comme bailli de Monseigneur le Duc d’Orléans en ses terres de Normandie. Il n’est pas noble à ce moment là. Son fils Jean II Davy est déjà qualifié de « noble homme ».
Pendant des siècles, cette famille est basée à Saint-Sauveur-Lendelin près de Coutances .
A l’occasion de l’acquisition ou du partage de fiefs, et des successions se créent de nouvelles branches familiales comme Boisroger, Virville, Guéhébert, Feugères etc…. De nombreux mariages ont lieu au sein même de cette famille élargie.

Blason des Davy de Virville

Blason des Davy de Virville

Blason des Davy de Boisroger

Blason des Davy de Boisroger

 

 

 

 

 

Quelle relation avec les Aubry ?

  1. Alice Davy de Boisroger (1871-1970) est l’arrière-arrière petite-fille du couple formé par Bonne Madeleine de L’Oeuvre (1741-1794) et François Charles Davy de Boisroger (1717-1776).

Son mari l’oncle Louis Aubry de la Noe est l’arrière-arrière petit-fils du même couple via les femmes.

Alice Davy de Boisroger au

Alice Davy de Boisroger

Un mariage entre cousins issus issus de germains donc.

On a un peu d’informations sur les hommes de cette famille, quasiment rien sur les femmes. Voici donc la bio express de quelques uns des ancêtres Davy que vous retrouverez sur mon arbre publié sur Généanet.

François Davy de Boisroger. Ascendants et descendants

François Davy de Boisroger. Ascendants et descendants

 

 

 

 

François Charles Davy de Boisroger (1717-1776) entre à l’armée en 1744. Il est lieutenant de la Compagnie de Grenadiers du Bataillon de la Milice à Saint Lô en 1750 et, en 1755, puis capitaine de Grenadiers au Régiment du Roi. Il est fait Chevalier de Saint Louis.  Le 17 septembre 1785, un conseil de tutelle est constitué à Valognes au sujet de ses enfants.

Le couple  qu’il forme avec Madeleine de l’Oeuvre a 7 enfants dont Bonne Rose Victoire Davy de Boisroger (1760-1837) et Etienne Timothée Davy de Boisroger ((1770-1859) qui nous intéressent plus particulièrement parce qu’ils sont les arrière-grand-parents du couple La Noe-Boisroger et que Bonne est aussi la grand-mère de mon arrière-arrière grand-père Jules Aubry de la Noe qui épousa sa cousine Sophie.

Etienne Timothée Davy de Boisroger (1770-1858) fils de François. Capitaine de la Garde Nationale après avoir servi dans la Marine, réformé du 16ième Dragons, conseiller municipal et membre du Conseil de fabrique et de la Commune des Hospices d’Avranches.

Modèle d'un vaisseau de 64 canons.« Protecteur mg 9407 » par Model workshop of a shipyard, circa 1770 — Med. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons -

Modèle d’un vaisseau de 64 canons.« Protecteur mg 9407 » par Model workshop of a shipyard, circa 1770 — Med. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons –

A 17-18 ans (du 1er janvier au 24 novembre 1788) il sert comme volontaire dans la marine sur le « Brillant », à Cherbourg. C’est ce même bateau qui a été utilisé par Hergé comme modèle pour La licorne.

Le 01.04.1790,à 19 ans 1/2, il entre au 16e Dragons (ex-Orléans) où sont déjà son frère aîné, César, et son futur beau-frère, François LE COUTURIER ( voir plus bas). Ce régiment, par ordre de l’Assemblée, part à Saint Domingue pour réprimer la révolte des esclaves en 1793. Il y sert jusqu’au 19 Vendémiaire An 4 (octobre 1795) et doit quitter l’armée à cause de sa forte myopie.
Son « congé absolu» le décrit : 25 ans, taille de 5 pieds 6 pouces, cheveux et sourcils châtains, yeux gris,visage ovale, nez aquilin,bouche moyenne, lèvres épaisses, marque de petite vérole, »ayant servi avec honneur et probité ».
Il reprendra quelque service sur désignation du Préfet en 1812 comme capitaine de la 7e Compagnie de la 1re cohorte de la Garde Nationale et Louis XVIII le nomme en1816, capitaine de la 1re Compagnie de Fusilliers de la même Garde à Avranches. Il décéda goutteux à 88 ans, le 8 septembre 1858, à Avranches. Etienne Timothée DAVY reçoit du maire d’ Avranches, Belletoile du Motet, le 26.2.1815, sa nomination de membre du Conseil municipal d’Avranches et, le 19 février 1818, celle de membre de la Commission administrative de l’Hospice d’Avranches. Il achète,vers 1814, à Jules Bonvattier, une place perpétuelle dans le cimetière de la ville. Etienne vivait de son bien en l’An 8.

Alice de Boisroger sur les genus de sa mère Léonie Gilbert (1842-1919)

Alice de Boisroger sur les genoux de sa mère Léonie Gilbert (1842-1919) femme d’Agénor II de Boisroger (1836-1918)

De son mariage en 1800 avec Anne Marie Jeanne Boudier, il a trois enfants dont Agénor 1er (1803-1867) le grand-père d’Alice de Boisroger.

 

 

 

 

 

 

 

 

2)  Bonne Rose Victoire de Boisroger, (1760-1837) soeur d’Etienne épouse François Le Couturier (1761-1794).  Il meurt à 32 ans en combattant en Vendée pour les républicains.

En secondes noces, Bonne épouse Philippe Héron (1767-1827) auquel un prochain article sera consacré. Leur fille Antoinette Bonne HERON, (1798-1825) épousera Antoine Hippolyte Aubry de la Noë (1792-1870) dont nous reparlerons également.

La famille Davy ne semble pas avoir pris part aux assembées de la noblesse en 1789.  Le maintien de sa noblesse est contesté par certains auteurs. Ce n’est pas le cas de Jean Canu, biographe des Davy, qui montre simplement qu’il s’agit d’une branche cadette des Davy de Virville ( elle même issue des Davy du Perron).

Source : Hubert Lamant et Jean Canu  (1979) « Les familles David et Davy » Inter-impression éditions.

Dans l’ombre de Colbert: René 1 Aubry, Seigneur de la Barrière (1595-1678)

Armoiries des Aubry

Armoiries des Aubry
« de gueules à trois pals d’or »

L’oncle ne nous dit rien d’autre sur René 1 Aubry si ce n’est qu’il était conseiller secrétaire du Roi «  Maison couronne de France et de ses finances » et qu’il épousa Marguerite Berryer. Cela semble peu mais c’est aussi beaucoup.

Un conseiller secrétaire du Roi maison, couronne de France et des finances était un haut fonctionnaire des finances.
La réception d’un Secrétaire du Roi de la Grande Chancellerie est accompagnée d’une prestation de serment faite entre les mains de M. le Chancelier ou Garde des sceaux, ou parfois, dans des circonstances solennelles, à genou devant le roi.
René 1 avait acquis sa charge assez tard en 1676. En effet à cette époque, les charges s’achètent et certaines sont anoblissantes comme celle de conseiller-secrétaire du Roi.
A noter que cette charge conférait la noblesse du premier degré dès l’entrée en charge et la noblesse héréditaire après vingt ans ou le décès durant l’exercice des fonctions.
C’est la raison pour laquelle cet office est désigné au cours du XVIII siècle comme une «  savonnette à vilains » car elle permettait une ascension sociale rapide dans le second ordre à des personnes issues de la bourgeoisie et mettant toutes leurs compétences, acquises au sein de familles ayant déjà réussi dans le négoce ou l’industrie, au service de l’État.

Il est donc fort probable que la famille de René Aubry était déjà bien implantée dans la bourgeoisie et le milieu financier.

Plusieurs éléments vont en ce sens:

Premièrement, selon Daniel Dessert* et les archives de la Sarthe*** René Aubry a d’abord été receveur au grenier à sel du Mans, ce qui implique qu’il puisse avancer au trésor royal le produit de la collecte de l’impôt.

Le grenier à sel dans la fiscalité d’Ancien Régime
Généralisée par les ordonnances de 1331 et 1343, la gabelle constituait le plus important des impôts indirects. Cette taxe sur le sel n’était toutefois pas perçue partout, et ses modalités de perception variaient selon les régions. Dans les pays de Grande gabelle, le sel, en provenance pour l’essentiel des marais salants de l’Atlantique devait être acheté dans les greniers établis en application des lettres patentes du 20 mars 1392.
Le grenier à sel des pays de grande gabelle était à la fois un magasin d’approvisionnement obligatoire et le siège d’une juridiction chargée de juger les causes relatives à la balle, et notamment les affaires de contrebande de sel, le « faux saunage », passible de la peine des galères. Chaque paroisse était obligatoirement rattachée à un grenier à sel où ses habitants devaient « lever » une certaine quantité de sel, parfois obligatoire (une cinquantaine de kilogrammes pour 14 personnes), parfois laissée au choix de l’acheteur.
En 1593 on comptait 158 greniers à sel. L’officier principal en était le grenetier remplissant des fonctions d’administrateur, de comptable et de juge. Au XVIIIe siècle, alors que les impôts directs sont toujours perçus en régie, les revenus domaniaux et les autres impôts indirects sont traditionnellement affermés à des traitants qui versent au roi des sommes forfaitaires. Le procédé est commode pour le roi qui reçoit un versement immédiat sans avoir la charge de la perception.
Le grenier reste l’unité administrative fiscale de base et le receveur s’occupe des aides, des domaines, des gabelles, des traites et autres impôts. Le receveur était avant tout prêteur de deniers puisque l’Etat avait pour habitude de récolter l’impôt indirect avant que les Fermiers Généraux ne l’ait encaissé.

En 1660 René Aubry s’occupe de la canalisation de la Mayenne pour le compte de Mazarin.

Deuxième élément concernant l’ascension sociale de René Aubry : son mariage avec Marguerite Berryer (1612-1693).

Le frère de Marguerite, Louis Berryer de la Ferrière (1616-1686) , n’est pas n’importe qui. D’origine pauvre et roturière, Berryer doit

Louis Berryer de La Ferrière (1616-1686)

Louis Berryer de La Ferrière (1616-1686).

son ascension à la protection de Mazarin. Fermier des forges du comte de Flers, il administre les biens du cardinal puis les revenus d’un certain nombres d’abbayes dont celle de Saint Germain des prés. Il passe ensuite au service de Colbert dont il est l’ami et le protégé jouant un grand rôle dans la galaxie Colbert.

La galaxie Colbert.  Colbert prend le pouvoir contre Fouquet et assainit les finances royales qui étaient aux mains d’un tout petit nombre de familles qui en tiraient grand profit. Pour ce faire, outre les procès, il réduit le nombre des charges « comptables » et en redistribue les places… à des parents en lesquels il a confiance, recréant peu ou prou le système précédent. La galaxie Colbert est donc un ensemble de personnes qui, d’un côté, participent à la modernisation du royaume et introduisent les manufactures, les hauts fourneaux etc… mais qui, d’un autre, réalisent des montages financiers semblables aux « off shores » d’aujourd’hui et s’enrichissent au détriment du royaume de France. René Aubry et son fils René II en font partie.

Berryer est particulièrement connu pour l’affaire du « Traité Armand » de 1655. Ce traité afferme pour 15 ans les 100 000 hectares des forets royales de Normandie au prix bradé de 2,2 millions de livres. Berryer est à la fois juge ( il est contrôleur des eaux et forêts de Normandie chargé d’affermer les forêts) et partie (membre du montage financier qui permet de récupérer les terres donc le produit des coupes) et tire des avantages considérables du montage. Louis Berryer joue un rôle important pour faire condamner Fouquet. Il devient directeur de l’hôpital général de Paris (1660) où il supervise la construction de la chapelle de la Salpétrière et crée la maison de force pour les femmes de l’hôpital. Nommé au nombre des directeurs généraux de la compagnie des Indes orientales en 1665, il fait partie de tous les montages financiers de Colbert et introduit la fabrication de la dentelle à Alençon. Il meurt ruiné, rattrapé par ses malversations normandes.
Marié à Renée Hameau originaire de la région d’Alençon, il est le grand-père de Nicolas Berryer, secrétaire d’Etat à la marine puis garde des sceaux et ministre d’Etat sous Louis XV.

« Dans son village, Berryer entraine une partie de ses parents qui eux aussi font carrière en particulier son beau frère René Aubry et le fils de ce dernier » *

De fait dès 1660, René est receveur des tailles à Nevers puis, de 1664 à 1669, il devient receveur général des finances de la généralité de Caen puis de celle de Rouen dont il cèdera la charge à son fils René II en 1675.

En 1676 , l’un des témoins de moralité de l’enquête avant réception comme Secrétaire conseiller du Roi est Claude Coquille ( financier important de Louis XIV, membre de la galaxie Colbert).

On voit donc René Aubry 1 dans un milieu en pleine ascension sociale et en activité du côté du Mans et de la basse Normandie, notamment dans l’Orne. Il devrait exister un portrait de lui mais je n’en n’ai pas trouvé pour l’instant.

L’acquisition d’un titre de conseiller du Roi implique-t-elle que René Aubry était forcément roturier auparavant? C’est possible mais François Bluche rappelle que la dérogation c’est à dire la perte de noblesse n’était pas si rare que cela et « qu’une race noble déchue, même peu de temps, éprouve difficulté à retrouver sa notoriété et sa vitalité première »**

Dès 1645 René Aubry est toujours mentionné comme « Seigneur de la Barrière  » sans autre précision. La Barrière est un quartier de la commune de Savigné-l’Evêque, dans la Sarthe, où sa femme Marguerite se retire et meurt en 1693.

De son mariage, il laisse, d’après l’oncle Louis, trois fils: René 2, Philippe et Louis-François. Un peu de recherche bibliographique nous fait découvrir l’existence d’un quatrième fils, Jean-Baptiste et de trois filles: Marie, Louise et Jeanne. Un fils est dit « Aubry le muet » dans le testament de son frère René 2 sans qu’il soit possible de savoir de quel frère il s’agit exactement.

En savoir plus:
Pour l’histoire de la fonction de secrétaire conseiller du Roi voire:
http://www.blason-armoiries.org/institutions/s/secretaires-du-roi.htm
http://www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/3909-office-et-officiers-sous-lancien-regime.html
Gilles Deleuze
http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=54&t=19071

Sur la fiscalité : http://www.genealogie-aisne.com/old_genealogie/cantons/gabelle.htm

Systeme Colbert
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5733423t/f26.item.r=Aubry.zoom

Société d’histoire moderne et contemporaine (France). Bulletin de la Société d’histoire moderne. 1981.Relation :  http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34412914g

Sur Louis Berryer:
http://www.berruyer.fr/celebres/genealogie-3-9-berryer-de-ferriere.html
Et surtout la communication d’Albert Lafontaine
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5721812h/texteBrut

Livres
° Daniel Dessert, « Argent pouvoir et société au Grand siècle » Fayard, 1984

** François Bluche  » Les magistrats du parlement de Paris au XVIIIème siècle ». Economisa

*** Archives de la Sarthe . Inventaire série HT2 1001-1975