Eugénie Sütterlin (1811-1890). Une vie de château ?

Chateau des Rohan à Mutzig. By OT REGION MOLSHEIM-MUTZIG , Wikimedia Commons

Le  21 avril 1811 naissait au Château de Mutzig, Eugénie Sutterlin, future femme de Charles Jackson. Six ans plus tard, son père, Mathias II Sutterlin y décédait le 1 janvier 1817 puis sa mère, Anne Marie née Eberhard, le 14 décembre 1826.

Les Sutterlin menaient-ils donc une vie de château?

Construit au XIVème siècle, reconstruit par les Landberg et les Hohenbourg, le château de Mutzig sera successivement restauré par les Furstenberg au XVIIè siècle et les Rohan au XVIIIè siècle. Il devint résidence d’été épiscopale de 1704 à 1790 pour les cardinaux de Rohan. En 1793, pendant la Terreur, une manufacture d’armes s’installe dans les communs du château. Sa gestion est reprise par Jacques Coulaux en 1803 (1) et (2).

Ces aïeuls ont donc vécu dans une manufacture d’armes.

Au début du XIXème siècle, les fabriques d’armes sont gérées par des entrepreneurs bailleurs de fonds surveillés par des officiers d’artillerie, inspecteurs et capitaines adjoints. Sous leurs ordres, des contrôleurs et réviseurs assurent la surveillance technique de la fabrication (4).

Mousqueton de l’an IX. Manufacture de Mutzig.

Napoléon a besoin d’armes et les fabriques tournent à plein régime. Les améliorations techniques sont difficiles à introduire : devis et contrats sont passés pour cinq ans durant lesquels aucune modification n’est possible.  En 1801, le général Moreau confie à Jacques Coulaux l’entreprise de remise en état de tout le matériel de son armée et, en floréal an X (mai 1802), celui-ci se rend à Paris pour passer un traité avec le ministre de la Guerre et fonder une manufacture d’armes dont les frais d’établissement sont à la charge du fondateur. Ce traité lui garantissait la fabrication des armes à feu pour l’armée française pendant 99 ans; il s’engageait à fournir dans l’année mille fusils. (6)

SOLDATS-OUVRIERS « Jouissant avant la Révolution de « privilèges », comme celui d’échapper au recrutement ou même d’avoir à loger les hommes de troupe, les ouvriers (des armureries) seront assimilés sous la Révolution et l’Empire au soldat, soumis à la conscription, passibles de punitions militaires. Le tambour rythme, comme dans les lycées, les heures du travail journalier.
Les récompenses sont rares, elles consistent surtout en tours de faveur donnés dans la distribution du travail…
…La durée du travail est connue : douze à quatorze heures par jour, coupées de pauses longues. Le labeur garde une cadence artisanale. Les congés hebdomadaires sont respectés. Les salaires sont très variables : le régime de l’entreprise obligeant l’ouvrier au travail à la pièce, ce salaire est lié au devis établi préalablement. Il varie suivant le type de pièce fabriquée, ce qui amène une grande diversité dans le montant des sommes perçues par différents ouvriers. »

Source : « La vie dans les manufactures d’armes  » par Jean Rousseau. Revue du souvenir Napoléonien. Janvier 1971. (4)

Jacques Coulaux a déjà une expérience de la fabrication d’armes. Il a créé une petite fabrique d’armes dans l’ancienne commanderie de Saint-Jean à Strasbourg  (aujourd’hui la bibliothèque municipale). Pendant les guerres de la Révolution, il était entrepreneur des Ateliers d’armes à feu et d’armes blanches de Huningue (5), la ville d’origine des Sütterlin. Dès 1801, associé à son frère Julien, il a repris la manufacture d’armes blanches de Klingenthal  (3) qui restera dans cette famille jusqu’en 1925 et deviendra célèbre pour ses cuirasses et les fusils ChassepotA

Jacques va laisser la gestion de Klingenthal à Julien pour se consacrer à la fabrique de Mutzig. Entre 1804 et 1814, y seront produites plus de 250 000 armes à feu  (6).

Le 11 octobre 1791, Jacques avait épousé à Huningue (Haut-Rhin), Anne Sutterlin, la tante d’Eugénie.

Anne est la fille de Mathias Sutterlin, boucher, membre du conseil de surveillance de la ville d’Huningue, (né vers 1726-1799) et d’Anne Baur (1733-décédée au château de Mutzig, le 7 octobre 1813).

C’est le début d’une alliance entre les famille Coulaux, Sutterlin et Baur.

A) Le frère d’Anne, Mathias II Sutterlin, est régisseur de la manufacture de Mutzig, inspecteur divisionnaire des subsistances militaires de Stasbourg. C’est lui qui décèdera au château en 1817.

Mathias II épouse à Huningue, le 31 juillet 1794, Anne Marie Eberhard, fille d’un cafetier de la ville. Ils ont six enfants dont:

  1. Marie Jeannette (1795-1820) femme d’Alexandre Flize. Leur fille, Emilie, se maria plus tard avec Julien III Coulaux, neveu de Jacques, puis avec le frère ainé de celui-ci, Charles-Louis qui reprit l’entreprise à la mort de son frère.
  2. Jacques Bonaparte (1797-1871), épouse Marie Eugénie Coulaux, nièce de Jacques, puis Marie Florentine Picquart. Il est employé à la manufacture de Klingenthal.
  3. Sophie Anne Célestine (1799-1871). En mars 1825, à Mutzig, Sophie donne naissance hors mariage à une fille, Marguerite, immédiatement mise en nourrice à Dorlisheim. La naissance est déclarée par Bernard Baur, son cousin, qui travaille à la manufacture. Le bébé meurt deux mois après. Deux ans plus tard Sophie met au monde, toujours hors mariage, un garçon, Daniel (1827-1878), qui sera adopté plus tard, à Bâle, par le couple Boisrouve-Muller.  Sophie ne se maria jamais et est décédée à 71 ans à Huningue, la ville de ses parents, son fils étant près d’elle. L’identité du père de ses enfants reste un secret de famille.
  4. Alexandre Pierre (1801-1864) épouse Julie Amiel. Il est employé à la manufacture d’armes de Mutzig. Leur fils Jules Alexandre (1835-1893) deviendra le directeur de la manufacture avant de quitter l’Alsace- devenue allemande- et de reprendre la manufacture d’armes de Saint-Etienne.
  5. Adelaïde (1805-1867) épouse Augustin Gorsse.
  6. Eugénie (1811-1890)  future femme de Charles Jackson.

Eugénie avait six ans à la mort de son père, et l’on peut imaginer que Jacques Coulaux, qui n’avait pas d’enfants, eût à coeur d’aider les orphelins. Comme on le voit ci-dessus, tous ses neveux Sutterlin sont employés par l’entreprise Coulaux.

B) Jacques Baur (1787-1876) dont je n’arrive pas à trouver la parenté exacte avec Anne Baur mon ancêtre, est le futur maire de Molsheim. Il épouse en 1817 Marguerite Françoise Coulaux, soeur de Marie Eugénie, la femme de Jacques Bonaparte et nièce d’Anne Sütterlin. Il est gérant des établisements Coulaux de Molsheim (Coulaux Aîné et Cie) spécialisée dans la fabrication des armes blanches et à feu ainsi que des articles de grosse quincaillerie (après 1818), en tant que principal actionnaire de la société. Après la mort de Jacques Coulaux en 1834, Baur s’étendit aux usines de Molsheim, Klingenthal, Gresswiller, Urmatt et Baerenthal (réunies sous la raison Coulaux et Cie). Il conduisit le développement de la société jusqu’à la fin du Second Empire, lui faisant remporter de nombreuses distinctions qui témoignent de la qualité des produits Coulaux (9).

Sous le prétexte que la proximité des frontières rendait l’exploitation des manufactures de Mutzig et Klingenthal incertaine en cas de conflit, le gouvernement avait décidé leur fermeture en 1830. La maréchal Soult qui possédait des aciéries dans le département du Tarnavait proposé, sans succès, ses aciers à la manufacture de Klingenthal et en avait conçu de la rancune, ce qui accéléra la désaffection de la manufacture qui devait cesser de travailler pour le gouvernement le 1er janvier 1833 (6)

Jacques Coulaux meurt un an après, le 13 décembre 1834 à Strasbourg. Décédant sans héritier, ses biens revenaient par moitié aux ayants-droit des familles Coulaux et Sutterlin. Ils constituèrent la société « Coulaux Sutterlin et Cie » pour gérer l’ensemble des manufactures (Mutzig, Klingenthal, Molsheim et Gresswiller). C’est Julien II, son neveu, qui reprend les rênes, puis en 1842, le fils de ce dernier, Charles-Louis Coulaux, deuxième époux d’Emilie Flize. Il conserva la fabrication des armes blanches et orienta l’affaire sur la fabrication de petit outillage. Il mit au point le forgeage des faux en adaptant le matériel de Klingenthal à ce genre de produits (6).

On retrouve des membres de la parentèle i.e. Charles Louis Coulaux, Alexandre Sutterlin, Jacques Baur, Joseph Picquart, Augustin Gorsse, Jacques Bonaparte Sutterlin, associés à d’autres lors de la reprise des forges de Framont le 22 mars 1853.

En 1867, la dernière grosse commande militaire sera enregistrée avec 180 000 fusils Chassepot à fabriquer. Quatre mois avant la guerre de 1870, la manufacture impériale d’armes de Mutzig ferma définitivement ses portes alors qu’Alexandre Sutterlin, neveu d’Eugénie, en est le gérant. Son matériel fut transporté à Saint-Etienne et à Tulle (6).

A Saint-Etienne, dès la mise en route de l’aciérie d’Assailly, les fils Jackson durent former des « aciéristes» pour faire face à l’augmentation de la production. « Les liens familiaux qui les unissaient aux maîtres de forges de Klingenthal et Mutzig les amenèrent naturellement à embaucher des affineurs et des forgeurs licenciés lors de la fermeture de Klingenthal »(7).

Mais l’histoire des Sütterlin avec la famille Coulaux ne s’arrête pas là. Devenue, en 1870, propriété de MM. Debenesse et Sutterlin, la manufacture de Mutzig se spécialise dans l’outillage et les articles de ménage.

Marques apposée sur les fers de rabot Sutterlin

 

Elle est mise en liquidation judiciaire, achetée par une société allemande  pour finalement revenir  au sein des établissements Coulaux qui survivront jusqu’en 1962.

Quel fût l’impact de la guerre de 70  sur les Sütterlin ?

Eugénie âgée de 62 ans qui vit entre Assailly et Lyon, opte pour la Nationalité française tout comme son neveu Alexandre en 1874. La même année, associé à  Lippmann, il devient entrepreneur de la manufacture de Saint Etienne à la suite d’une adjudication publique. Il achète le château de la Bertrandière à l’Etrat ou il meurt en 1893. Il avait été reçu chevalier de la légion d’honneur en 1871.

La Bertrandière à l’Etrat. Source :  (5)

Malgré la présence allemande, il semble que la manufacture de Klingenthal soit restée française (6).

SUTTERLIN_Eugénie

Eugénie, à la fin de sa vie. Source familiale

Dans le recensement de 1872, Eugénie possède cocher, cuisinière, femme de chambre et domestique  et vit avec son benjamin, Gustave, rue de Créqui à Lyon, à côté de sa fille Euphrosine qui a épousé Paul Marie Chartron (8). Elle y meurt  le 11 janvier 1890. Une vraie vie de château …..

 

 

 

 

Sources:

(1) villedemutzig.fr

(2) Tirecollection.com

(3) Sur Kligenthal  et l’histoire de la manufacture. Maison de la manufacture.

(4) https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/la-vie-dans-les-manufactures-darmes/

(5) Châteaux et Maisons de Maîtres du XIXème dans la couronne nord de Saint-Etienne.

(6) La gazette des armes n° 101 Janvier 1982. 

On peut y trouver tout l’historique des entreprises Coulaux.

(7) Christian Sütterlin  » La grande forge ». Editions d’Assailly 1981.ici

(8) Recensement 1872.

(9) Gregory Oswald (2004) « Jacques Bauer » (notices Net DBA) en ligne ici

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Immigrés en France : les Jackson

anna FdF

Anna Folcsh de Fels née Jackson (1834-1915)

Anne Justine Jackson, ma trisaïeule, est née à Saint Paul-en-Jarez  (Loire), le 2 décembre 1834.

Elle est l’ainée d’une famille de neuf enfants. Ses frères et soeurs sont :

– Euphrosine Mathilde (1835-1901) épouse de Zacharie Paul Marie Paul CHARTRON (1827-1900).
– Olympe (1837-1838).
– Charles (1839-1886).
– Louisa Wilhelmine (1841-1863) épouse d’Anatole Lambert DE SAINT OLIVE (1825-1889).
– Georges Louis Eugène Eugène (1842-1856).
– Jenny Antoinette Jenny (1848-1915) épouse d’Henry Edouard Edouard FINOT (1839-1898).
– Lucie Charlotte (1850-1905)  épouse d’Ernest Stanislas Jules BROSSETTE (1839-1907).
– Gustave (1852-1893).

Charles Jackson

Charles Jackson

Son père, Charles Jackson, est un anglais né en 1805 à Manchester dans une famille de fabricants d’acier dirigée par James Jackson (1771-1829), le grand-père d’Anna.

Sa mère Eugénie Sütterlin (1811-1890) est issue d’une famille qui fabrique de l’acier et des armes en Alsace. Les deux se sont mariés en 1834 à Strasbourg.

 

En 1813, la France n’est pas encore capable de fabriquer de l’acier de bonne qualité et l’importe de Grande Bretagne à grand prix : les aciers coûtent dix fois plus cher qu’en GB.  Conscient de cette faiblesse, le gouvernement français, à l’initiative de Jean Antoine Chaptal, cherche le moyen de développer une fabrication nationale.  Il passe contrat en 1813 avec les Jackson père et fils qui dirigent une petite aciérie à Birmingham, pour qu’ils viennent s’installer en France et produisent de l’acier fondu.  La concurrence est très forte en Angleterre et James Jackson pense pouvoir avoir davantage d’opportunités commerciales en traversant la Manche. Il  choisit de s’établir près de Saint-Etienne, une région déjà engagée dans la ferronnerie.

james jacksonJames débarque à Calais avec huit de ses enfants en octobre 1814. Les débuts sont difficiles. Les biens anglais de James sont confisqués par le gouvernement britannique qui voit d’un mauvais oeil ce savoir-faire passer à l’ennemi français. La famille est proscrite et, comble de malheur, la femme de James, Elizabeth Stackhouse, meurt en 1815 quelques semaines après la bataille de Waterloo et l’arrivée de la famille en France.

C’est dans ces conditions qu’il faut aller chercher des ouvriers spécialisés en Angleterre.

«  Le père et les fils ne pouvant retourner en Angleterre, ce fut Anna, leur soeur (tante de mon aïeule), âgée alors de moins de quinze ans, qui fit le voyage, seule et non sans difficulté, ni même sans danger, car on était aux Cent-Jours. Elle partit grâce à un secours de 600 francs que lui remit le comte Chaptal et ne revint qu’après l’installation de la famille à Saint-Étienne, ramenant quelques ouvriers de Sheffield, mais point d’argent malgré l’attente de son père : du moins je n’en trouve pas trace dans ses papiers » (1) .

397px-Jean-Antoine_Chaptal_(1756-1832),_comte_de_Chanteloup

Jean Antoine Chaptal (peint par  Lemonnier) l’initiateur de l’arrivée des Jackson en France.

Vint ensuite l’envahissement de la France par les troupes alliées : l’aide attendue du gouvernement français ne vient pas – même si la Restauration a autant besoin d’acier que l’Empire- et les Jackson ne peuvent  compter que sur  eux-mêmes.

En août 1815, les Jackson  s’installent à Trablaine. On y fabrique pour la première fois en France de l’acier fondu.

En 1819, James Jackson déménage à Monthieux puis, en 1820, à Rochetaillée et au Soleil près de Saint Etienne.

En juillet 1825, James père se retire à Paris. Malade, il entreprend un voyage en Angleterre, où il meurt à Lancaster le 27 avril 1829 âgé de 57 ans.

En 1830, l’usine est transportée à Assailly. C’est là que les affaires des Jackson prospèrent. Ils sont les premiers producteurs d’acier de France dès 1837. En 1850, John prend sa retraite. James II se sépare de ses frères pour créer avec son fils une aciérie à Saint-Seurin en Gironde. William et Charles restent seuls associés, c’est le début d’une nouvelle période d’extension.

Les Jackson se diversifient dans l’industrie de faux et faucilles, en partenariat avec Gerin et Alexis Massenet (le père de Jules, le compositeur) de la Terrasse. Puis avec Dorian et Holtzer, à Pont-Salomon et en 1848 avec les Peugeot à Pont de Roide pour les scies en acier. (2)

Participant pleinement à la révolution industrielle française et bannis d’Angleterre, ils sont naturalisés français en 1845.

Les frères Jackson travaillaient dur et étaient élevés de même. Ils se baignaient tous les jours, même en plein hiver, dans le lavoir d’Assailly et ils faisaient couramment à pied, le trajet de Paris à Lyon. De religion Quaker, ils n’avaient pas de coreligionnaires en France aussi se sont-ils rapprochés de la communauté protestante de Saint-Etienne et ont en partie financé  la construction du Temple. Cela ne les a pas empêché d’épouser des catholiques comme l’était Eugénie Sutterlin femme de Charles Jackson.

Ils soutiennent également l’Institut d’Afrique qui lutte contre la traite des noirs. d’après l’historien  Gérard -Michel Thermeau « Patrons paternalistes, ils ont créé une école pour les enfants de leurs ouvriers. Mais c’est à peu près tout ce qu’ils font en matière sociale. Ils sont cependant appréciés de leur personnel, ayant longtemps travaillé manuellement aux côtés des ouvriers »(4).

En 2014, les descendants Jackson ont célébré le bi-centenaire de l’arrivée de James en France lors d’une cousinade à Rive-de-Giers qui a rassemblé plus de 400 personnes.

L’apport des Jackson au développement de la Région a été célébré par la réalisation par   d’une stèle à leur effigie dans la commune de Lorette. Plasticien : Jean Marc Bonnard.

 

Stèle frères Jackson

 

Anna Jackson épouse le 4 novembre 1853 à Lorette, Charles Henri FÖLSCH VON FELS (1827-1899) dont elle aura quatre enfants.

 

Enfants de James Jackson (1771-1829) et Elizabeth Stackhouse (1774-1815)

  • Joseph (1714-1843) épouse Sarah Mitchell puis Ann Davis
  • William (1796-1858) épouse Louise Sophie Peugeot (1811-1878)
  • John Dowbiggin (1797-1862) épouse Olympe Bourly
  • James II (1798-1862) épouse Madeleine Herbin
  • Anna (1801-1860) épouse Georges Léonard Peugeot (1805-1864)
  • Eliza (1803-1804)
  • Charles (1805-1857) épouse Eugénie Sütterlin (1811-1890)
  • Maria (1806-1877) épouse Jean François Egly
  • Elisa (1809-1849 épouse Théodore Goubert puis Juste Philippe Viallet (1797-1848)
  • Ellen (1811-1834) épouse Louis Paul Victor de Gallois (2)

Sur la vie des Jackson en Angleterre voir  (3)

 

Sources :

(1)  James Jackson et ses fils par W F Jackson. Paris 1893. Document familial.

(2) Marc Bajet arbre en ligne sur Généanet.

(3) Lexilogos.  Le site comprend de nombreux documents sur la famille Jackson.

(4) GM Thermeau « Les frère Jackson: les premiers aciéristes de France. ici

 

 

Les évêques étaient protestants. Jacques (1557-1618) et Jean (1565-1621) DAVY du Perron.

Dans l’un de mes tous premiers posts, j’ai parlé des questions qui se posaient pour la généalogie de ma mère. L’une d’elles était de savoir qui était l’évêque dont on parlait dans sa famille. Ma mère se souvenait seulement qu’il avait été évêque de Sens.

Surprise, surprise : il n’y a pas un évêque mais deux !

Et ils étaient tous deux protestants !  Du moins dans leur jeunesse.

Leur père Julien Davy (1528-1583) Ecuyer, sieur de Guéhébert, du Perron, de la Hazardière est médecin à Saint-Lô. Converti au protestantisme, il devient pasteur, émigre à Jersey et à Genève puis revient à Paris où il meurt en 1583. Il avait épousé à Genève, le 23 août 1556, Ursine Le Cointe (décédée en 1604 à Périers).

  • Jacques Davy, cardinal du Perron (1556-1618)

    Bellange Thierry (1594-1638) (attribué à)
    Jacques Davy, cardinal du Perron (1556-1618)
    Pau, musée national du château de Pau
    Photo (C) RMN-Grand Palais (Château de Pau) / René-Gabriel Ojéda

    Jacques, né en 1557 à Saint-Lô, est un enfant surdoué. Elevé en Suisse par ses grands-parents calvinistes, pourvu d’une mémoire extraordinaire, il parle parfaitement le latin, l’hébreu et le grec dès ses 17 ans, et a étudié, seul, la théologie, la poésie et la philosophie. Il est d’ailleurs présenté au Roi Henri III comme un prodige. A la cour, il rencontre des théologiens qui le convertissent au catholicisme. Il prononce l’oraison funèbre de Ronsard en 1586 puis rentre dans les ordres. Il est sacré évêque d’Evreux le 27 décembre 1595 à Rome en l’Eglise Saint Louis des Français et devient cardinal en 1604 à la suite de succès oratoires et théologiques rencontrés contre les protestants.

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    Eglise Saint Louis des Français. Rome. 2015. Photo: I Haynes

    Il participe à la conversion d’Henri IV qui le nomme Premier aumônier et conseiller d’Etat puis ambassadeur à Rome. Il devient archevêque de Sens en 1606 puis primat des Gaules, commandeur du Saint Esprit, membre du conseil de régence de Louis XIII.

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    Hotel de Sens, Paris.  Photo: Pline

    Jacques Davy du Perron meurt à Paris en son hôtel de Sens, le 5 septembre 1618, en laissant une oeuvre théologique et poétique considérable. Il a prononcé l’éloge funèbre de Marie Stuart reine d’Ecosse.

 

 

 

  • Jean, né en 1565 à Vire, est aussi un maître des langues anciennes et un musicien : il donne des leçons de luth et de viole en 1576 à Paris. Converti, comme son frère, il fonde des couvent, devient aumônier d’Henriette de France, reine d’Angleterre et archevêque de Sens après la mort de son frère. Proche de Richelieu, il meurt à Laubejac le 24 novembre 1621.  Il y suivait la Cour et l’armée du Roi qui, après avoir assiégé Montauban place forte protestante, venait de lever le siège de la ville. La peste s’étant répandue au sein des troupes royales puis des protestants, il est possible que Jean ait succombé à cette maladie. Il existe un portrait de lui dans le livre  consacré à la famille Davy mais je n’arrive pas à trouver les coordoénnes de l’éditeur pour obtenir l’autorisation de publication.
Monuments du Perron

Statues du mausolée des frères Davy dans la cathédrale de Sens. Photo :  Cl. Antoine Philippe.

Les corps des deux frères sont inhumés dans la cathédrale de Sens où leur neveu, Jacques Le Noël, lui aussi évêque d’Evreux, leur fit élever un mausolée dont il ne reste que les statues. Les coeurs des trois évêques reposent à Paris en l’église Saint-Paul-Saint-Louis.

Les frères Davy avaient deux soeurs :

  • Marie qui épouse Jean de la Rivière puis Robert le Noël (père du 3ème évêque)
  • Anne-Marie-Geneviève épouse Pierre Tardif sieur de La Rochelle en Vaudrimesnil dont descend ma branche maternelle.

 

 

 

 

Sources:

Hubert Lamant et Jean Canu  » Les familles David et Davy », 1979.

Articles Wikipedia sur Jean et Jacques Davy du Perron.

Tous mes remerciements au CEREP (Centre de recherche et d’étude du patrimoine) de Sens et à l’Agence Photo de la Réunion des Musées Nationaux.

Guerre de 39-45

Cette page est incomplète et sera modifiée à la demande des personnes qui souhaitent y voir inscrit l’un des leurs.

Morts pour la France:

  • Jacques Aubry de la Noë. Né en 1913 à Ismaïlia (Egypte). Officier sous lieutenant au 1er RCU. Décédé le 22 mai 1940 à Liège (Belgique), Hôpital Saint Laurent des suites de ses blessuresjacques de la noe. Enterré à Liège.

 

 

 

 

 

Participent au conflit:

  • Robert FimbelRobert Fimbel, moine à Ligué, soldat de 2ème classe au poste de défense passive de la Queille (1939)

 

Les Fraissinet et le commerce de l’alcool à Sète et Montpellier au XVIIIe.

 

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent,  Jean et Marguerite Fraissinet sont cousins germains.

Le père de Jean, Antoine Fraissinet est né le 10 janvier 1693 à Montpellier.
Comme il est d’usage chez les protestants qui font semblant d’être catholiques pour échapper aux persécutions, il est baptisé deux jours plus tard, en l’église Sainte Anne, avec des parrains et marraines qui ne sont que des prêtes-noms.

Son frère aîné,  Jean  Isaac Fraissinet, père de Marguerite, est né en 1690. C’est l’époque de la construction de la promenade du Peyrou à Montpellier.

La france vit une époque troublée : en guerre contre  la plupart de ses voisins tandis que des troubles religieux  éclatent dans les zones protestantes du Massif central.

La famille comprend trois frères, tous négociants, l’un à Montpellier ( Jean Isaac), l’autre à Sète (Antoine), le troisième Marc (1698-1767)  décide  de fuir les persécutions et d’émigrer. Il représentera la maison à Amsterdam, ville avec laquelle les affaires sont florissantes. Il y épousera Constantia Marie Van Arp.

Il existe peut-être une soeur, Suzanne, future épouse de David Bazille, mais je n’en suis pas sûre. Peut-être est elle une tante. Toute précision à ce sujet est bienvenue.

En ce début du XVIII, la maison Fraissinet est déjà une maison de négoce très importante du Languedoc. A Sète, port créé en 1666, elle ne se situe pas parmi les plus importantes mais occupe une place honorable :

« Le vingtième de l’industrie créé en1749, fixe sur tous les revenus permet de situer les négociants sétois. Sur 27 négociants, la taxe moyenne est de 27 livres. Le protestant le plus imposé est Rogé- Flickwiert avec 59 livres, suivi de Bresson et Bousquet, catholiques, pour 58 et 51 respectivement. Fraissinet paie 35 livres (1) »

Plan ville de Sète

Ancien plan de Sète (Cette). Source (5)

A Montpellier, la maison de commerce est co-dirigée par Antoine associé à  Isaac Jean et à son père. La famille possède une propriété près de la Porte du Peyrou où ils travaillent.

Trois activités sont pratiquées par la compagnie :

A : Le commerce de vin et d’alcools. C’est l’activité principale.

Montpellier et Sète, très bien situés en pays vinicole exportent vins et alcools dans l’Europe entière et attirent toute une population spécialisée : négociants, tonneliers, maîtres de chai. « Dès 1680, port,chenal et canal achevés, c’est la voie royale qui s’ouvre pour les produits de la vigne (2  ter). »

Pour approfondir le sujet voir (1), (2, bis, ter).

A Sète, les établissements Fraissinet ont un rôle logistique :
«  Chargés d’organiser les chargements des bâtiments de mer, ils comportent à la fois un comptoir, destiné à la tenue des livres et à la réception des capitaines, et des entrepôts ouverts sur le quai du canal d’où s’effectue l’embarquement de leurs marchandises. Ils emploient deux types de personnels spécialisés avec, d’une part, des commis fréquemment originaires du nord de l’Europe, recrutés pour leur capacité à communiquer avec les capitaines étrangers en escale, et, d’autre part, un personnel de cave. (2)  »

Les Fraissinet possèdent dans le port (2):

– vers 1750 deux maisons donnant à la fois sur la Grand rue et sur le quai du canal.

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Maisons d’époque entre la Grand rue et le canal. Photo: C. Méchin.

– en 1763 trois maisons et un grand magasin qu’ils ont fait construire sur la Rive neuve, de l’autre côté du canal, sans doute dans l’espace entre le quai du Nord et la Rue Neuve du Nord, qui correspondent aujourd’hui au quai Noël Guignon (photo ci-dessous) et à la rue Maurice Clavel.

quai guignon

Quai Guignon.  L’une des maisons Fraissinet ? Photo : @2017 Google. Image de juillet 2016.

– deux autres magasins situés du côté de la ville, dont l’un sert de comptoir et l’autre, dénommé « magasin du dehors », possède une fabrique d’eau-de-vie.
– un magasin établi sur le port d’étang de Marseillan.

« Antoine devient chargé des affaires sétoises. Il réside à Sète toute sa vie sans cesser pour autant d’être considéré comme un négociant montpelliérain. En 1749, le décès de son frère Isaac le laisse seul à la tête de la firme. Mais pour peu de temps, car il y fait entrer l’un de ses fils, Marc, en 1753 (2). »

B : L’armement maritime
« Il permet de viser des marchés que leurs transporteurs habituels du Nord de l’Europe ne fréquentent pas Dès les années 1720, les registres de l’amirauté de Sète enregistrent des prises de participations Fraissinet sur de nombreux bâtiments (2)».

C : Le négoce de produits complémentaires trafiqués sur tout le bassin occidental de la Méditerranée : céréales, bois, cercles de futailles, laines et draperies.

Un bilan établi en 1763 montre l’étendue des activités de l’entreprise : « Derrière la Hollande, où se rencontre son principal créancier, se trouvent Hambourg et Saint-Pétersbourg. L’Espagne, l’Italie (Gène), le Ponant (Rouen Dunkerque), la Méditerranée orientale (Le Caire), le Midi de la France (Marseille, Toulouse, Bordeaux), et enfin Genève, ne viennent que bien plus loin pour le montant de leurs engagements (2). »

La plupart des faillites Fraissinet entre 1730 et 1770 sont liées à un état de guerre. Notons que les Anglais occupent Sète deux jours en 1710 mais en sont chassés par le duc de Noailles.

Vie familiale

Antoine épouse le 1er mars 1718 à Montpellier, Notre-Dame-des Tables, Jeanne Boichon (1692-1782) – ou Boischon – fille d’un Maître fourbisseur, c’est-à-dire un spécialiste de l’entretien des armes (3).

Ils auront huit enfants:
1) Antoine Isaac né en 1719
2) Jean 1720-1790
3) Isaac 1721
4) Barthélémy
5) Marc III (1732-1801) qui prend la succession de son père à Sète
6) Marie Constance (1733-1801) épouse Jean David Baux en affaire avec son frère Jean à Marseille.
7) Marie
8) une fille morte en bas âge

Il décède le 31 octobre 1760 à Montpellier est est inhumé le 3 novembre

Les dates sont moins précises pour Jean Isaac (4) et (6). Il se marie deux fois, la première, en 1722, à Ganges (34), avec Anne Gervais, dont :
1) Thérèse Marguerite ( 1723-1778)
2) Marc

La deuxième, à Montpellier, le 27 mars 1727, avec Marie Tesses, fille de Pierre Tesses, notaire, dont :
3) Typhaine Marie (1731-?)
4) Pierre
5) Isaac V

et meurt en 1749 à Montpellier.

Un quai Fraissinet a longtemps existé à Sète. La carte postale ci-dessous montre bien l’activité de négoce du vin qui s’y déroule.

quai fraissinetJPG

Ce quai se nomme aujourd’hui quai de la République. Au n° 6 place Dellille se trouve toujours l’immeuble Fraissinet – Lapeyssonie. Je ne sais s’il date de cette époque ou s’il a été construit plus tard par les descendants de Marc Fraissinet (1732-1801), l’un des fils d’Antoine qui repris les affaires de son père à Sète.

place DElille2

n° 6 place Delille au coin du quai de la République. Ancien immeuble Fraissinet-Lapeyssonnie. Photo de Juillet 2016. @2017Google.

Sources :
(1)  « Les protestants de Sète » par Jean-Claude Gaussent. Lacour ed. 1993.

(2)  Lionel Dumond, « Maisons de commerce bas-languedociennes et réseaux négociants méridionaux : l’exemple des Balguerie et des Fraissinet (XVIIIe-XIXe siècles) », Liame [En ligne], 25 | 2012, mis en ligne le 05 décembre 2012, consulté le 01 octobre 2016. URL : http://liame.revues.org/282 ; DOI : 10.4000/liame.282

(2 bis) « Sète et son commerce de vins et eaux-de-vie au XVIII et XIXe siècles » par J.C Martin. Revue d’Archéologie et d’Histoire de Sète et sa Région. Tomes 29 à 33. 2008.

(2 ter) « 1666 Sète. Imaginer un port faire une ville » par Djiin et Christophe Naigeon. Foxtrot ed. Sète.

(3) Archives départementales de l’Hérault. Mariages 1719

(4) Géneanet / Marc Bajet et  Prenividaud

(5)  Société d’Etudes Historiques et Scientifiques de Sète et sa Région (SEHSSR)

(6) Archives Fraissinet. Marseille.

 

 

 

 

 

 

 

 

SCHERER et alliés : aidez-nous à identifier des photos.

A la suite de la parution de l’article sur Louise Caroline SCHERER , un cousin m’a envoyé ce qui pourrait être sa photo, ou celle de sa soeur, Sophie SCHERER (1842-1899) restée célibataire.

close up caroline ou sophie scherer

Caroline Scherer ?

Il m’a aussi envoyée des photos de personnes inconnues dont il est sûr qu’elles font partie des SCHERER et alliés.

Pouvez-vous nous aider à les identifier ?

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PHOTO 1 

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Photo 2

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Photo 3

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Photo 4 

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Photo 5 

Louise Caroline Scherer (1843-1892) chef d’entreprise à Wissembourg

Louise Caroline est la deuxième fille et la troisième enfant du couple formé par Frédéric Scherer (1810-1871), aubergiste à L’Ange et Louise Bourguignon (1816-1890). Son petit frère Jules Scherer naît en 1845 deux ans après elle. Son grand-frère Jacques Georges Louis, mon arrière-grand-père, a trois ans de plus. Elle a aussi une soeur, Sophie Louise,(1842-1899) dont je ne sais rien si ce n’est qu’elle décède à Paris, au Grand Hôtel de Bade de son frère Jules en 1899.

En 1865, Louise Caroline épouse Frédéric Charles Wentzel (1839-1877). Celui-ci est imprimeur et fils d’imprimeur. Son père Jean Frédéric (1807-1869), relieur, libraire et lithographe va diriger l’imprimerie et l’atelier d’imagerie populaire de Wissembourg de 1835 à 1869 avec l’aide de Charles Frédéric et de son frère Charles Frédéric (on note un certain manque d’imagination pour les prénoms !). En 1869, au décès de son père c’est Frédéric Charles qui reprend l’activité wissembourgeoise tandis que son frère dirige l’entrepôt de Paris.

Notons que la soeur des frères Wentzel, Louise, née en 1837,  épouse Jean Scherer, un cousin de Louise Caroline.

image Wentzel 2La Guerre franco-prussienne de 1870 et plus particulièrement la Bataille de Wissembourg ont laissé la ville exsangue et privent l’imprimerie de sa clientèle française.

Le père de Caroline, Louis Frédéric, meurt le 21 mai 1871. L’Alsace est occupée, ses deux frères sont en France où ils opteront pour la nationalité française ainsi que son beau-frère Charles Frédéric qui vit à Paris.

Après décès de Frédéric-Charles en 1877, Louise Caroline dirige l’entreprise jusqu’en 1888 puis la vend au fondé de pouvoir de la firme, Georg Friedrich Camille Burckardt, qui continue sous la dénomination « F.C. Wentzel – C. Burckardt Nachfolger ». Burckardt meurt à son tour en décembre 1888. Ce sont alors deux allemands qui reprennent l’affaire.  Je n’arrive pas  savoir si Louise Caroline et Bruckart ont co-dirigé l’entreprise ou si ce dernier est mort quelques mois après avoir acquis l’imprimerie.

A l’apogée de la fabrique, deux millions d’images  sont produites par an qui concurrencent les images d’Epinal tout aussi célèbres à la même époque. Elle possède 18 presses lithographiques, chacune pouvant produire 300 à 400 images par jour.

Les images de Wissembourg sont diffusées dans une grande partie de l’Europe grâce au chemin de fer, aux libraires et à un réseau actif de colporteurs.

La production majoritaire concerne les sujets religieux. Bien moins représentée, l’imagerie profane est informative : on y trouve des sujets d’actualité, faits divers ou scènes de bataille.

image wentzelD’autres thèmes concernent la vie familiale : le couple, la famille, les enfants et les animaux domestiques qui leur sont souvent associés, en des scènes romantiques qui sont parfois d’une grande mièvrerie. Mais l’humour est présent aussi, ainsi que les sujets qui s’adressent plutôt aux hommes : chasse, chevaux, scènes d’auberges et sujets grivois.

image Wentzel 3Enfin, une très grande part de la production est destinée à l’enfant, qui devient un consommateur courtisé.

 

 

 

 

 

 

Caroline décède  le 27 mars 1892. De son mariage avec Charles Frédéric, Louise Caroline  eut deux filles que j’ai connues

  • Elizabeth (épouse Divin)
  • Louise Sophie (épouse JL Goldschoen)
  • Peut-être un autre Charles Frédéric ?

Il doit exister une photo de Caroline mais je n’en n’ai pas (avis aux internautes !)

Voici un petit historique de cette fabrique très populaire au XIXème siècle

1837 : Edition de la première image connue (1)

1851 : Jean Frédéric Wentzel obtient son brevet d’imprimeur en lettres

Vers 1855 : Création d’un dépôt de vente à Paris chez l’imprimeur Nicolas Humbert (65, rue St Jacques) puis collaboration avec la veuve Humbert à partir de 1859

1860 : L’imprimerie Wentzel édite plus de 200 sujets différents

1861 : Wentzel est propriétaire du Journal de Wissembourg

1865 : Wentzel rachète le dépôt parisien de la rue Saint Jacques

1860-1869 : Période d’apogée de l’entreprise : production annuelle estimée à 2 millions d’images dans les meilleures années ; une vingtaine de presses lithographiques impriment 300 à 400 estampes par jour

1906 : René Ackermann, ami de la famille Wentzel, relance l’affaire et édite son propre journal, le Weissenburger Zeitung. Au lendemain de la guerre 14-18, l’imprimerie reprend ses activités sous le nom de « R. Ackermann, anct. Wentzel » puis sous appellation d’« Imprimerie Ackermann, journal de Wissembourg », à la suite de sa reprise par Charles Ph. Ackermann en 1929.

Sources :

  •  site SOLDAADEMOLHER
  •  « Des Mondes de Papier : l’imagerie populaire de Wissembourg. Catalogue d’exposition, Musées de la ville de Strasbourg, 16 octobre 2010- 31 janvier 2011. – Paris, 2010.
  • Page wikipédia consacrée à JC Wentzel
  • Page FB consacrée à l’imprimerie et et à ses images

 

 

 

Maria Sponty (1773-1852) et sa famille

Maria Sponty est la grand-mère d’Adolphe Honoré Ange Fontana Mure dit « d’Azir », le mari de Marie Louise Quinon. Elle est née à La Canée, aujoud’hui Chania en Crète, en 1773. Elle est mon aïeule à la 7ème génération.

Gouffier-Choiseul

Marie Gabriel Florent Auguste de Choiseul Gouffier Ambassadeur de France à la Sublime Porte. Source

J.-L. Sponty à M.-G.-F.-A., comte de Choiseul-Gouffier, à Salonique, le 16 octobre 1784, “Crète est ma patrie et je descends d’une famille qui existait lorsque cette isle appartenait aux Vénitiens.”

 

 

 

 

Mary Sponty est donc issue d’une ancienne famille vénitienne de Candie (ancien nom de la Crète). Son père, agent commercial danois à la Canée occupera à la révolution le rôle de premier drogman du consulat de Venise à Smyrne (Izmir).

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Le port de Chania sous les Vénitiens. Source : www.chania.gr

Drogman est le terme utilisé en Orient pour désigner un interprète. Ce mot, utilisé entre les xiie et xxe siècles, vient de l’arabe tourdjoumân (ترجمان, traducteur) qui a aussi donné en français « truchement » (1). La famille Sponty comprend de nombreux drogman, des négociants et des médecins. D’origine vénitienne donc, elle vit sous domination ottomane. Ses membres sont souvent protégés barataires des français mais aussi de simples rayas. Au gré des circonstances, ils passent de la protection française à celle d’autres pays.

Le barat ou protection était une sorte de brevet que les ambassadeurs européens délivraient à certains sujets ottomans avec l’accord des autorités ottomanes. De ce fait, le barataire perdait son statut de raya c’est à dire de sujet chrétien ou juif de l’Empire Ottoman qui  devait payer un impôt spécial. Soustraits à la juridiction turque et soumis à celle de la nation qu’ils servaient désormais, les barataires étaient souvent drogman ou chanceliers des postes consulaires. 

Les Sponty vivent à cheval entre plusieurs religions (catholicisme, orthodoxie et sans doute anglicanisme), parlent au moins quatre langues : le Turc, le Grec, l’Italien et le Français et se répartissent dans les Echelles du Levant c’est à dire les ports ouverts aux occidentaux. En cela, ils sont représentatifs de nombreuses familles levantines.

Ces notes prises, pour la plupart, aux Archives Nationales de Paris en 2013  vous donneront un aperçu des membres de cette famille. Je cherche encore a établir les liens précis existant entre ses différents membres. Toute aide est bienvenue !

Chania, Crète 1745
5 novembre
 » Venturina Ebreu fille du vice-consul d’Angleterre Samuel Leon (lequel se trouvait à Constantinople) âgée de 24 a 25 ans a fuit la maison de son père dans la nuit du 23 au 24 septembre 1745, pour aller rejoindre à Perivoly, Jeano Sponty. Le consul d’Angleterre, Jean Corne, un médecin ayant appris son métier en France dans la marine mais enlevé de la protection française et passé sous celle des anglais, vient s’en plaindre au consul de France (Pierre-Etienne Robeau de Valnay). Jeano Sponti , âgé de 30 a 32 ans, vit dans une maison de campagne avec sa mère 65-66 ans et ses domestiques. »
Le consul de France suggère au consul anglais de s’y rendre amicalement pour éviter le scandale qui aurait indubitablement « échauffé les gens du pays toujours propres à tout gâter ». Mais le consul anglais alerte les autorités. Le 25, le consul français autorise le capitaine «  Mazur aga » à visiter la maison de Michelino Sponty, 45 ans, médecin, frère aîné de Jeano, et celle de leur mère, ou il ne fût rien trouvé.

Janissaries_Mosque,_Chania

La mosquée des janissaires. Chania, Crète. Photo: Bernard Gagnon via Wikicommons.  [CC BY-SA 3.0 

Le 28 les Turcs font une demande d’amener Marquais domestique grec de la mère, ce que le consul refuse. Le consul demande audience au Pacha durant laquelle il demande pourquoi on n’a pas fouillé la maison de cette fille où vivent 12 à 14 personnes. La réponse est que c’est la guerre et que les esprit s’échauffent, que la fille a emporté quarante bourceix (?) Le consul réplique que les Francs ne sont pas responsables de ce que font les autres communautés mais demande à Jeano Sponti via Larmet, chancelier, de tout révéler car sa famille est en danger. Jeano répond que Venturi veut se faire chrétienne et qu’elle s’est enfuie pour ce faire.

Jeano (Zanio) Sponti n’était pour rien dans la disparition de cette fille.

Le consul précise que (le père) Sponti a un barat depuis 8 ans (1737 ?) et a toujours pris le parti des français. Il est visiblement décédé en 1745.
« Dans la maison, la mère, ses 3 garçons (Michelino, Zanio et Angelo) et ses 4 filles pratiquent le rite grec, c’est la seule maison chrétienne protégée ou tous les francs et moi-même puissent pratiquer honnêtement, soit a a leur maison de la ville ou de la campagne, comme le faisaient mes prédécesseurs »

Jeano (Zanio) a
– Michelino fils ainé, médecin, vit avec sa femme et 2 petits garçons dont l’ainé a 10 à 11 ans
– Une fille de 10 ans a été envoyée par sa mère catholique à Marseille ou elle est élevée dans un couvent
– Jeano, médecin a une boutique de drogue ds la ville ( c’est lui qui semble avoir été mis en cause dans l’affaire qui précède)
– Angelo, commis du sieur Goujon, l’un de nos négociants. Les 2 derniers vivent avec leur mère et leurs soeurs qui subsistent de leurs biens patrimoniaux.

Venetian_shipyards,_Chania

L’arsenal vénitien, Chania, Crète. Source : Bernard Gagnon GFDL, via Wikimedia Commons

Chania, 1747.

Lettre du consul de France
« Thislaki Sponti , fils de Leftercos Sponti, faisait office de drogman auprès du consul de France à La Canée en vertu d’un barat.
Zanio fils de ce drogman ( je suis troublée par ce prénom car si je me réfère au document précédent le pere devrait se nommer Jeano et non Thsilaki) fut mis en prison a la suite de l’évasion de la fille de Jacoulet Oglon, juif, procureur du consul anglais ( là aussi les noms sont différents) »

Un firman (ordre écrit) de la porte confirme la protection consulaire pour Zanio et ses frères car leur père était drogman barataire mais Zanio a peur que cela ne soit pas respecté au changement de Pacha et s’adresse à Constantinople, via son frère qui y réside, (Angelo?) pour que l’ambassadeur de France ( le comte de Castellane (3) obtienne un barat pour lui même. N’ayant pu l’obtenir, il s’adressa au bailli de Majo (illisible) qui lui en donna un comme drogman barataire du roi des Deux-Siciles

14 décembre 1748.
Antoine Dailhot, tonnelier, fils d’un français marié a une grecque de Candie, veut se marier avec la fille de feu Mr Sponty protégé barataire de la France.

1 octobre 1749
Le nouveau consul d’Angleterre exige l’éviction de la veuve Sponty et de ses enfants de la maison qu’elle a de  Goujon, négociant, lequel a gardé les entrepôts pour son usage et loue les appartements a Sponti. Le consul anglais en offre 60 piastres de plus par an et la propriétaire turque s’adresse au consul pour faire chasser la famille Sponti.
1772 Installation de Francesco Sponti à Marseille (4)
1773 Naissance de Maria Sponty Lefterco à Chania (source : acte de décès à Marseille 1/01/1852). Elle est la fille d’Héléna Patrichy et d’Angelo Sponti, agent danois à La Canée (Crète)  puis premier drogman du consulat de Venise à Smyrne (Izmir) pendant la révolution française. Angelo doit être un petit-fils de Nikolaki Sponti car chrétien latin. Maria a d’ailleurs un grand frère Nikolaki, qui porte ce nom et une soeur.

Avant 1775 Faillite de la maison Goujon (5)

29 décembre 1782 (2)
« Quelques négociants Grecs et Barbaresques, qui se trouvent à Marseille, m’ont représenté, Monsieur, que l’établissement d’un Consul de leur nation dans ce Port devenait nécessaire, à cause de l’abord plus fréquent des sujets du G[rand] S[eigneur] et ils m’ont proposé pour remplir ces fonctions le Sr François Sponty, négociant natif de la Canée, raya de la Porte et résident depuis dix ans à Marseille.
 Vous voudrez bien, Monsieur, faire appeller ce Grec et luy faire sentir que la Chambre est le défenseur né de tous les Orientaux qui s’y présentent, qu’elle n’a cessé de protéger leurs personnes et leur commerce, d’appuyer leurs demandes et de donner à leurs actes la sanction dont ils ont pû avoir besoin; que bien loin d’envier le sort des autres nations, qui ont des représentants à Marseille, les sujets du G.S. peuvent se flatter d’y avoir pour leur protecteur le corps entier des députés du commerce de cette Ville; et qu’ils n’ont pas besoin d’un Consul particulier pour stimuler son activité pour leurs intérêts. Je ne doute pas,Monsieur, que le Sr Sponty ne sorte de cette audience convaincû qu’il doitrenoncer à la demande, qu’il a probablement provoquée de la part des Grecs et des Turcs, et qu’il ne cherche luy même à les persuader qu’ils doivent rendre plus de justice à l’empressement de la Chambre à les obliger.»

1787
– Etat de la Nation française, Chania, Crète: Y figure Madame Misa Sponty épouse de monsieur André Marie Magallon, frère de Michel Magallon, les deux négociants associés.  Les Magallon sont de riches négociants marseillais dont la bastide existe toujours ( les jardins se visitent). L’amitié avec les Magallon perdurera plusieurs générations.

la magalone

Bastide de la magalone. Marseille.

– Premier mariage de Maria Sponti avec Antonio Fontana, médecin
– Octobre 1787. Arrivée de Henry Mure comme consul de France à La Canée. Henry Mure posté auparavant au Maroc (Salé) parle parfaitement arabe, grec, italien, espagnol et finira sa carrière en parlant turc (il portera aussi le titre de drogman) (6)

1788
22 Août : Naissance d’Ange Fontana, fils de Maria Sponti et d’Antonio Fontana, médecin originaire de Venise.
La même année s’installe à Serrès, comme représentant des maisons de commerce françaises de Thessalonique, le protégé (barataire) de la France Michel Sponty.
Michel Sponty se déclare d’origine vénitienne, il est né à la Canée et est arrivé en Macédoine en suivant son oncle Jean-Louis, drogman du consulat français de Morée, lequel avait quitté Coron pour aller chercher meilleure fortune ailleurs et était arrivé à Thessalonique en 1783. La représentation des intérêts français à Serrès, par Sponty, prit rapidement un caractère officiel, lorsqu’il fut nommé en 1790 par Cousinéry, désormais consul, comme agent consulaire de la France (7)

drogman

Drogman. Source : les couleurs d’Istanbul

Personnel consulaire de Chania (Crète)  :  Henry Mure, consul ; Gaspard Fonton, drogman et chancelier ;  Judas Franco drogman barataire et auxiliaire. L’ancêtre d’une de mes amies !
Lucas Dellepiane et Benoit Zentre, domestiques
La Nation se compose de 8 maisons et 20 Français dont Jean Sponty commis de la maison Magallon. Ils importent de Marseille: poivre, cafe du cap, sucre en poudre, grenaille, girofle, dorure, morue, liqueur.

Smyrne_-_Rey_Etienne_-_1867

Smyrne  par Étienne Rey in Voyage Pittoresque en Grèce et dans le Levant fait en 1843-1844,

Angelo Sponti, père de Maria, est premier drogman au consulat de Venise à Smyrne (consul: Cortazzi ?) pendant la révolution française (date inconnue). Il se plaint d’être mal considéré auprès du Bailo de Venise (15). Marié à Héléna Patrichy Angelo, le couple a trois enfants au moins: Nikolaki (1766-1832), Maria (1773-1862) et  Arietta qui épouse à Smyrne Antonio Marini. De cette union naîtra au moins une fille : Maria Angela.

1790 Mort d’Antonio Fontana, médecin, premier mari de Maria Sponty

1792 28 décembre, Maria Sponty épouse Henry Mure, consul de France

1791 Lavalliere au vice-consulat de Candie,

L0056669 Street in Larnaca, Cyprus.

Larnaca, Chypre en 1878. Photo: John Thomson

1796 départ de Maria Sponti, d’Ange Fontana, son fils,  et  d’Henry Mure, son époux, pour Chypre, échelle de Larnaca (voir leurs aventures dans un prochain article).

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Odessa en 1837. Source : HOBOPOCC . Wikimedia Commons.

1802 Ange Fontana est adopté par Henri Natal Mure et  Henry Mure est muté à Odessa où il réside en famille.

1808 Michel Sponty agent consulaire de France à Serrès (8) devient vice-consul d’Autriche et de directeur de la poste autrichienne dans la même ville.

1810 Le même Michel Sponty , catholique, se convertit à l’orthodoxie.

1813

Zinjirli_mosque_Serres,_Greece

Mosquée Zinjirli. Serres XVI eme siècle. Source : Par CeeKay — Travail personnel, CC BY-SA 3.0,

Michel Sponty, avec le nom désormais hellénisé Michaïl Spondis, le “très noble garant des lettres commerciales de France”, comme il est mentionné dans les catalogues de souscripteurs des livres grecs de l’époque, avait perdu, dès la fin de 1813, le titre d’agent consulaire de France. Il avait cependant réussi à s’enraciner dans la société de Serrès. Quelques années plus tard, son fils Ioannis représentera l’Angleterre et plus tard l’Autriche, mais aussi la France, à Serrès. Dans un autre document on trouve effectivement, en 1860, un Jean Sponti répertorié comme agent consulaire de France à Serres (11).

Son petit-fils, Michaïl deviendra agent consulaire d’Autriche dans la ville voisine de Cavalla et bienfaiteur de la communauté grecque orthodoxe. Un autre document mentionne qu’entre 1862 et 1886, un Sponti est vice-consul d’Autriche à Cavalla (12)
“Les Capitulations n’étaient bonnes que pour les Échelles.” À l’intérieur de l’Empire, les Européens étaient obligés de fonctionner selon les termes imposés par les commerçants autochtones. Les agents commerciaux et consulaires européens dans l’arrière-pays ottoman, s’il n’étaient pas autochtones, devaient le devenir. “Devenir autochtone ou devenir invisible” était le seul choix possible pour ces personnes, si elles voulaient résister au tourbillon de la concurrence économique (7).

1814 On apprend qu’Ange Fontana Mure, fils de Maria, parle italien, français, grec et russe (9) . Henry Mure est nommé à Tripoli de Libye.

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Scène de rue à Tripoli. Fin XIX eme. Source : Wikimedia

1824 La famille Mure est à Tripoli de Libye avec Marie Marini, 22 ans, nièce de Maria, et Nikolaki Sponty (10). La famille repart à Marseille la même année car Henry Mure a demandé sa retraite. Il décède deux ans plus tard. Nikolaki meurt à Marseille en 1832 et Maria, mon aïeule, en 1852. Ma mère se souvient d’avoir vu un portrait d’elle dans une revue que je n’arrive pas à retrouver. Elle était célèbre pour sa beauté ainsi que le rapportent la chronique familiale mais aussi divers écrits sur le monde diplomatique.

1891 Daniel Sponti, courtier d’immeuble à Smyrne (13)
Natalie Sponti, sa fille, épouse Vladimir de Jaba (14). Stephano Sponti est témoin (lien ave Nathalie?).  Ils auront 4 enfants:
1- Hélène, épouse Thomson, 2- Marie épouse Morris, 3- Yvonne, 4- Ladislas

Sources 

(1) Wikipedia

(2) A.D. Bouches-du-Rhône, C 2547, de Castries (secrétaire d’État à la
Marine) à de La Tour (Premier Président du parlement d’Aix).

(3)  Comte Michel-Ange de Castellane (1703-1782). Capitaine dans le régiment de dragons de Saumery en octobre 1730, cornette de la compagnie des mousquetaires de la garde du roi en janvier 1737, chevalier de Saint-Louis le 22 juin 1739 et brigadier de dragons en janvier 1748. – Ambassadeur de France à Constantinople du 19 janvier 1740 au mois de décembre 1748.

(4)https://www.academia.edu/2493646/Pétitions_marchandes_autour_de_la_fonction_consulaire_la_diaspora_grecque_et_la_naissance_de_la_diplomatie_néohellénique

(5) Population et personnalités juives du Sud-Est (Bouches du Rhône et Alpes-Maritimes). À l’époque du grand Sanhédrin Françoise Hildesheimer. Annales historiques de la Révolution française Année 1979 Volume 235 Numéro 1 pp. 67-85

(6)  La France et la Mer Noire sous le Consulat et l’Empire: la porte du harem ouverte. Faruk Bilici. L’Harmattan, 2003.

(7) UN REPRÉSENTANT D’ÉTATS EUROPÉENS DANS L’ARRIÈ RE-PAYS OTTOMAN.
LE CAS DE SPONTY À SERRÈS (FIN XVIIIe-DÉBUT XIXe SIÈCLE) . Georges Koutzakiotis

(8) La Grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts
Author : Dreyfus, Camille, 1851-1904

(9) MAE

(10) LES RELATIONS FRANCO-TRIPOLITAINES À L’ÉPOQUE DE YOUSSEF PACHA, ENTRE 1795 ET 1832 par Fawzia MATRUD . Thèse Université d’Orleans. 2013

(11) Annuaire-almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers : Firmin Didot et Bottin réunis Éditeur :  Firmin-Didot frères (Paris) 1860

(12) Annuaire diplomatique et consulaire des Etats des deux mondes (Vol. 1)1882

(13) Annuaire oriental (ancien Indicateur oriental) du commerce, de l’industrie, de l’administration et de la magistrature… 10e année, 1891 (Constantinople)

(14) Famille Giraud

(15) Archives de Venise

 

Photo de vignette: Le port vénitien. Chania, Crète.  Davidzuccaro. May 2000

A la recherche d’Albert de la Noë (2)

Puisque je suis coincée du côté la Noë dans ma recherche d’Albert,  la clé du mystère est peut-être dans la recherche d’informations sur la femme de Jules Albert, Marie Frédérique Rossignol d’Astorg.

De son vrai nom, Maria Carolina Fritza Rossignol d’Astorg, elle est fille de Pierre Libera Rossignol d’Astorg né le 20 vendémiaire an X à Labastide -Murat et décédé à Cahors le 4 novembre 1873 et de Jeanne Leonie Delfour (Albas 1817-Cahors 1872).

Médecin à Labastide Murat, Pierre Libera a du mal à élever ses cinq enfants

« Présenté en 1852 à l’empereur, il obtient une charge de commissaire de surveillance administrative des chemins de fer français, sollicite le 13 mars 1859 un grade d’inspecteur car ses appointements sont insuffisants » (1)

On le trouve mentionné  dans «  l’Allemagne aux Tuileries de 1850 à 1870 » Par H Bordier p 177 et dans « La mendicité allemande aux tuileries 1852-1870 » par Henri Welschinger.
où il est présenté comme faisant partie de la clique allemande liée aux Hohenzollern qui aurait abusé de la bonté de l’Empereur Napoléon III. Ces deux derniers ouvrages font suite à la guerre de 1870 et ont pour but d’attiser la haine anti-allemande et de ceux qui leurs sont liés. On y apprend que Pierre Libera est « sans fortune et père de cinq enfants» et « oncle » du prince de Hohenzollern. Cela corrobore les écrits de l’oncle sur les liens avec les Hohenzolern.

Jules Albert travaillait pour les Messageries Maritimes comme Antoine Jean Etienne Rossignol, le frère de Maria Carola. Origine de l’idylle?

J’ai écrit aux Affaires étrangères pour en savoir plus sur Jules Marie Albert mais ils n’ont pas trace de son décès à Montevideo.

Un membre de Généanet présente sur son arbre, Marie Frédérique (Maria Carolina Fritza) comme née à Labastide Murat.

Je le contacte immédiatement car je sais, pour avoir déjà eu un échange avec lui, que nous avons un bout de famille en commun. Il me donne une référence à la BNF : « les Bonaparte et leurs alliances », de Léonce de La Bretonne, publié en 1901. Y figure le deuxième mariage de Louise Dastorg (mariée en premières noces avec Pierre Murat, frère aîné du prince Murat), avec Pierre Rossignol.

Y figure aussi  leur descendance:

1° Bernard Rossignol (1801-1831),

2° Jean Pierre Libera Rossignol, marié deux fois: 1° à Jacquette Adèle Labie; 2° à Jeanne Léonie Delfour. De ce second mariage sont nés:

1° Léopold né le 28/09/1841
2° Antoine né né le 13/011841
3° Antoinette née en 1846 à Labastide Murat
4° Adèle née en 1848, mariée au Dr Alayrac, maire de Labastide Murat, dont une fille: Marie Frédérique, née en 1855, mariée 1° à Albert de la Noé, 2° à Jules Paulet Cal. Ce dernier élément est peu crédible : Marie Frédérique ne peut être  la fille d’Adèle elle  aurait été mère à 6 ans! De plus, M-F apparaît dans le texte en ma possession sous le nom Rossignol d’Astorg. Je pense donc que c’est une fille « tardive » de Jean « Pierre » Libera Rossignol d’Astorg  

3° Jean (An XIII-?)

Pierre Rossignol (le père de Jean Pierre Libéra) marié à Louise d’Astorg a demandé et obtenu le droit de se nommer Rossignol d’Astorg. (Son arriere-petit fils Maurice, à l’inverse, a demandé a ne plus se nommer ainsi. Décision validée par le tribunal …..).

 

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Antoinette Murat Fürstin von Hohenzollern-Sigmaringen  (tante de Maria Carolina Fritza) Source 

Avant d’épouser Pierre Libéra Rossignol, Marie d’Astorg (1762-1832)  avait épousé Pierre Murat (1748-1792), fils d’un aubergiste de la Bastide Murat dont elle a cinq enfants. La petite dernière, née après la mort de son père, se nomme Antoinette.

 A la mort de Pierre, son frère Joachim  Murat (1765- 1815), LE Murat général d’Empire, prend soin de ses neveux. Devenu grand-duc de Berg et de Clèves, prince de la Confédération du Rhin, Joachim Murat marie Antoinette (1793-1847) à Paris, le 4 février 1808, au prince Charles de Hohenzollern-Sigmaringen (2). Peu de temps après, il devient Roi de Naples.

 

 

 

Joachim Murat

Joachim Murat

Antoinette de Hohenzollern, nièce de Joachim Murat, est donc la demi-soeur de Pierre Libera Rossignol d’Astorg  et la tante de Maria Carolina Fritza, femme d’Albert Aubry de La Noë.

Voilà le fameux lien aux Hohenzollern !!

Notons que le village de Labastide-Murat dans le Lot a été rebaptisé ainsi en 1852 par un décret de Napoléeon III en l’honneur de Joachim Murat mais se nommait Labastide Fortunière auparavant.

Grâce à Jean-Pierre Croc rencontré via Généanet, je parviens à trouver l’acte de mariage de Maria Carola Fritza avec Jules Marie Albert Aubry de la Noë le 17 juin 1876 toujours à Labastide Murat.

Trois surprises sur cet acte :

  • Maria Carola Fritza  y apparaît comme Rossignol et non Rossignol d’Astorg ainsi que son père.
  • Sophie Aubry de la Noë, soeur d’Albert, est présente et signe le registre. Elle ne devait donc pas être si mécontente du mariage de son frère avec une femme liée au clan bonapartiste. Le mari de celle-ci, Jules César Antoine Aubry de la Noë, est témoin.
  • Frederic Hilarion Alayrac  est témoin comme beau-frère de la mariée ce qui confirme que l’information donnée par le livre  » Les Bonaparte et leur famille » est inexacte: Maria Carolina est la belle-soeur et non la fille de Alayrac.
  • Le nom complet d' »Albert »est Jules Marie Albert, né à Pontlevoy le 13 janvier 1841.

Mais rien n’explique la fameuse rastaquouère.

Monsieur Croc attire mon attention sur un acte de mariage ultérieur concernant Maria Carolina Fritza. Celle-ci épouse en deuxième noce en 1887 Jules Paulet, né et domicilié à Montévideo (Uruguay).  Le document précise que Jules Albert, premier époux, est mort à Montévideo le 15 septembre 1885.

La voici donc la rastaquouère ! C’était de Maria Carolina Fritza qu’il s’agissait dans les cancans familiaux et non d’une hypothétique seconde épouse de Jules Albert. Sophie a dû désapprouver le remariage de sa belle soeur.

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Joachim Murat, député du Lot

L’un des témoins de ce deuxième mariage est  Joachim Murat II, député du Lot (1828-1904).

 

 

 

 

 

 

 

Le mystère est enfin résolu et je trouve quelques temps plus tard une photo de Maria Carolina Fritza et de Jules Albert lors d’une soirée déguisée.

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Maria Carolina Fritza Rossignol et Jules Albert Aubry de la Noë ©ihaynes

 

(1) Extrait de la Revue des deux Mondes pages 530 periode 6 T 33- 1916.

(2) Voir fiche sur Antoinette par les amis du Musée Murat ici

Jean (1720-1790) et Thérèse « Marguerite » Fraissinet (1723-1778)

Jean est le premier Fraissinet à s’installer à Marseille en 1748 (1). C’est la fin de la guerre de succession d’Autriche qui laisse la marine française affaiblie mais le commerce  maritime français épargné pour l’essentiel. Jean saura tirer parti de la paix revenue. Il est le fils d’Antoine Fraissinet (1693-1760) et de Jeanne Boichon (1692-1782).

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Intérieur du port de Marseille par Joseph Vernet (1714-1789) Musée du Louvre. Paris

Il vient du Languedoc, plus exactement de Sète où son père possède un florissant négoce (article sur Antoine à venir).

Au XVIIl’ siècle le négociant est un homme polyvalent qui fait aussi de l’armement, de la banque, de l’assurance et parfois même, commandite l’industrie. Jean est lui-même négociant. Comme de nombreux Fraissinet, Jean est envoyé en dehors de la base géographique familiale (Sète) afin d’étendre le réseau commercial. A Marseille au milieu du XVII eme siècle, il s’associe aux frères Pierre et Henry Deveer, deux amstellodamois avec qui il partage la direction de « Deveer frères & Fraissinet ». Cette firme renforce des liens préexistants entre la maison Antoine Fraissinet de Montpellier et la maison A. Deveer d’Amsterdam. Forte de ces relations, elle connaît une réussite rapide et figure dès le début de la décennie 1750, aux premiers rangs du commerce marseillais. Au décès de Pierre Deveer, en 1754, la collaboration se poursuit avec sa veuve à travers la création de la maison Veuve Deveer & Fraissinet.  En 1756 Jean crée une filiale à Livourne  mais la guerre de 7 ans commence. Elle aura une forte incidence sur le commerce  puisque l’entreprise fait faillite en 1763 malgré l’arrêt des hostilités cette année là. La maison de Marseille reste très proche de celle de Sète, l’étroitesse de leurs relations se manifestant par la corrélation de leurs difficultés en 1763 quand la faillite de Jean Fraissinet correspond à celle de la maison de son frère Marc à Sète.

Le passif qui s’élève à 637.000 livres révèle une importante maison aux activités nationales et internationales dont le champ d’activité s’étend de la Méditerranée (l’Egypte, Gênes, Sète, Barcelone, Livourne (Jean s’y installe quelques années vers 1756-1758) à l’Atlantique et à la Manche (Cadix, Bordeaux, Rouen) mais surtout à la Mer du Nord (Dunkerque, Amsterdam, Hambourg) et jusqu’à Saint-Pétersbourg (2)

Localement, Jean Fraissinet est en lien avec d’autres négociants protestants:

  • Jean Baux (1716-?), négociant marseillais d’origine Castraise, qui épouse en juillet 1750 Constance Fraissinet (1733-1801), soeur de Jean.
  • Les frères David et Roger Roux, présents en mai 1749, lors de son mariage.

Marc Fraissinet (1732-1801), frère de Jeanvient le rejoindre à Marseille en 1778, avant de retourner à Sète lors de la Révolution.

A Marseille, la population protestante compte environ 2000 personnes en 1785 (pour une ville de 100 000 habitants) (3). Les protestants sont très soudés et se retrouvent non seulement dans les maisons particulières pour célébrer le culte (depuis la révocation de l’Edit de Nantes  les temple sont interdits et/ou détruits) mais aussi au sein de la loge Saint Jean d’Ecosse dont les ramifications européennes et levantines permettent de tisser et de renforcer de nombreux liens commerciaux (4).

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Initiation d’un apprenti maçon au XVIIIeme (d’après Gabanon, 1745) .

En font partie Jean Fraissinet et beaucoup d’autres parmi lesquels je relève Jean-Christophe Hornbostel, Louis Tarteiron de Sète, vénérable depuis 1767, Jacques Seimandy, David Baux, François-Philippe Folsch, Jean Romagnac, Henry Roullet  (4) et (5).

 Cette loge ambitieuse apparaît comme la loge du négoce international, où se rencontrent les hommes les plus influents de la Chambre de commerce, les représentants en vue de l’élite économique régnicole et étrangère. Sous leur impulsion, elle calque son dispositif, ses réseaux sur ceux du port… L’expansion commerciale et l’expansion maçonnique voguent de conserve, les supports de la première soutiennent la seconde, comme les difficultés de l’une contrarient le succès de l’autre. Saint-Jean d’Ecosse est à l’unisson du négoce marseillais jusque dans sa magnificence matérielle, son temple est l’un des plus richement ornés du siècle (5).
Loges filles de Saint-Jean d’Ecosse à l’étranger et dans les colonies: Avignon, Cap Français (Haïti), Constantinople, Gênes, Malte, Palerme, Saint-Pierre de la Martinique, Salonique, Smyrne.

Jean se marie avec sa cousine-germaine Thérèse « Marguerite » Fraissinet (Sète 1723-Marseille, 1778). En la circonstance, Marguerite Fraissinet se voit doter de 20.000 £t de la part de ses parents et de 10.000 £t de Pierre Deveer, chez qui est signé le contrat de mariage.  Marguerite est la fille de Jean Isaac Fraissinet (1690-1749)  et d’Anne Gervais.

Les mariages entre cousins sont fréquents dans le milieu protestant et les mariages  Fraissinet ne font pas exception à la règle. Ce qui est intéressant ici c’est que le mariage est célébré dans l’Eglise catholique Saint Martin de Marseille  (maintenant rasée pour faire place à la rue Colbert) le 7 mai 1749.

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Eglise Saint Martin de Marseille avant sa démolition en 1887 Par Rivalette — Travail personnel. Wikimedia

Comment expliquer cela  puisque les Fraissinet sont des protestants convaincus ?

Après la révocation de l’Edit de Nantes, les protestants ont dû faire le choix d’émigrer dans les pays dits  » du refuge »  ( Pays-Bas, Angleterre, Prusse, Suisse ) ou de se convertir sous peine de persécution ou de mort. Contrairement à une légende familiale (plusieurs personnes m’ont dit que notre branche de la famille avait trouvé refuge en Hollande), c’est la deuxième solution qui est retenue par les Fraissinet de Sète, puis de Marseille (certains de Montpellier partiront effectivement aux Pays Bas). Ils deviennent ce que l’on appelle les Nouveaux Convertis ou bien des « ex adeptes de la R.P.R » (Religion Prétendument Réformée). Cette conversion n’est que de façade : parents, parrains et marraines n’assistent pas ou peu  au baptême de leurs enfants à l’église. Ce qui entraîne des mesures de rétorsion de la part des clercs catholiques. En particulier, le refus de conférer la qualité de  parrain ou marraine ou un refis de sépulture au cimetière catholique.Un permis d’inhumer doit souvent être demandé aux autorités municipales et un cimetière est réservé aux protestants étrangers et R.P.R.

Ainsi:

  • Marguerite Thérèse est  baptisée à l’église Saint Louis de Sète en l’absence de ses parents le 19 avril 1723. Deux personnes représentent le parrain, Isaac Fraissinet, et la marraine, Marguerite de Montguiran, absents eux aussi.
  • A l’inverse le parrain et la marraine de Jean Fraissinet – Jean Boichon (grand-père maternel)  et Françoise Bousquet (grand-mère paternelle) – ne sont pas retenus lors du baptême de Jean, le 23 février 1720, en l’église Sainte Anne de Montpellier car « Nouveaux catholiques »
  • A la mort de Thérèse Marguerite, le 30 septembre 1778, Jean son mari doit présenter une demande de permis d’inhumer car elle est considérée comme protestante (5)…
Les protestants étrangers furent d’abord seuls à bénéficier (du cimetière). Plus tard, en vertu de l’articte 13 de la déclaration royale du 9 avril 1736, les protestants originaires de France furent soumis au même régime et le même cimetière servit pour les uns comme pour les autres. Ce cimetière se trouvait, au XVIIIe siècle, derrière les Accoules. La liste des personnes inhumées entre 1727 et 1788 a été conservée.

Jean décède le 7 juin 1790 à Marseille laissant quatre enfants de son mariage avec Marguerite:

  • Antoine Pierre (1749-1808) père d’Henry Fraissinet, grand-père d’Adrien.
  • Jeanne (1751-1784) épouse de Nicolas Suenson
  • Jean-Marc  (1752-1816)  qui succède à son père à Marseille, époux d’Anne Françoise Bellard (1765-1841). Ils sont les grands-parents de Clotilde Baccuet, épouse d’Henry Fraissinet et mère d’Adrien Fraissinet.
  • Jacques-Marc (1753-1833) s’établit aux Pays-Bas après son mariage avec sa cousine  Elizabeth Fraissinet Van Arp (1765-1827)

 

Sources

(1) Lionel Dumond, « Maisons de commerce bas-languedociennes et réseaux négociants méridionaux : l’exemple des Balguerie et des Fraissinet (xviiie-xixe siècles) », Liame [En ligne], 25 | 2012, mis en ligne le 05 décembre 2012, consulté le 25 janvier 2017. URL : http://liame.revues.org/282 ; DOI : 10.4000/liame.282

(2)   Eliane Richard, « Un siècle d’ascension  sociale : Les Fraissinet »

(3) Puget Julien, « Les négociants marseillais et la fabrique urbaine, entre désintérêt immobilier et implication politique (1666-1789)‪ », Rives méditerranéennes, 3/2014 (n°49), p. 141-158.

(4) Pierre-Yves Beaurepaire, « Saint-Jean d’Ecosse de Marseille », Cahiers de la Méditerranée [En ligne], 72 | 2006, mis en ligne le 17 septembre 2007, consulté le 25 janvier 2017. URL : http://cdlm.revues.org/1161

(5) Bulletin du protestantisme français (Vol. 59) Janvier-Février 1910. Internet archives