Fimbel. Le carnet noir (4). Appauvrissement ?

« Le 27 mars 1700 à Blodelsheim après décès de Anna Maria VONESCHErin il a été procédé à un inventaire des biens qui dit que Hans Georg FIMBEL est bourgeois de Blodelsheim, que sont patrimoine est répertorié et comprend une demeure, grange, écurie, des biens mobiliers, du matériel roulant et agricole etc. »(1) L’aieul avait donc du bien.

Par contraste voici ce que note son petit fils Franz Xavery à propos de son père, Ignace Francois petit-fils de Hans Georg

« Description du mobilier et autre que moi, Xavery Fimbel, ai réservé à mon père le 10 janvier 1845, à vie ou jusqu’à sa mort.
Premièrement un lit complet avec matelas, paillasse et bois de lit.
2- 8 costumes, 8 [Zichen??], et 13 draps de lit
3- 4 nouvelles serviettes
4- une poire à lavements [??]
5- une table en bois de cerisier
6- 3 chaises en bois de cerisier et 3 vieilles chaises
7- une boîte en bois de noyer
8- une petite table de nuit
9- un récipient de cuisine avec compartiment pour vaisselle
10- un moulin avec couvercle
11- un setier
12- une chaise de toilette
13- un grand baquet et deux petits, un chaudron et un drap pour cendres
14- 10 barils, un de 43 ohm [150 litres, ndlt], un de 31, un de 22? Un de 9, un de 7, un de 5, un de 3? Un de 2 et un de 1 ohm et un entonnoir
16- 16 cuves
17- 2 bacs à herbes, un de 8 ohm et un de 5 ohm
18- une brouette
19- deux vieux bois de lit, un bon lit, deux vieux. Une bonne paillasse et deux vieilles, et un matelas.
20- un robinet à vin »

A la génération suivante, à la mort de Franz Xavery, son fils Ignace qui lui a succédé à la forge note :
« Du mobilier que mon père a eu toute sa vie: premièrement 8 costumes, 8 [Zichen??], et 13 draps de lit.
2- 4 nouvelles serviettes
3- 2 chaises et le fauteuil, une petite table de nuit, une boîte et une table en bois de sapin.
4- une couverture de laine
5- une bible »
Petit fils et arrière petit fils de Hans Georg étaient donc appauvris. Sans doute l’effet de la natalité de la natalité débordante et de la structure familiale.
D’après A. Wahl (2) , les catholiques (alsaciens) sont groupés en une société hiérarchisée de gros propriétaires-exploitants, avec familles surchargées d’enfants avec de nombreux adultes au foyer ( qui ne se mariaient pas). » Hans Georg ayant eu 18 enfants on se doute de la difficulté à survivre de ceux qui n’héritaient pas de la terre. Dans cette optique, le maréchal ferrand, indispensable à la vie du village ne s’en tirait pas si mal.

 

Sources:

(1) Emile DECKER – Blodelsheim 2003 sur page web du CDHF consacré à Blodelsheim.

(2) Wahl Alfred. Patrimoine, confession et pouvoir dans les campagnes d’Alsace, 1850-1940. In: Études rurales, N°63-64, 1976. Pouvoir et patrimoine au village – 1. pp. 235-245.

 

Le carnet noir Fimbel (1)

 

Il y a quelques années après le décès de son père ma cousine a trouvé le carnet noir dont il m’avait parlé.
Ce carnet retrace le journal de Franz Xavery Fimbel (1774-1852) fils d’Ignace Francois (1722-1799, petit-fils de François (1684-? ) et de son fils Francois Ignace (1817-1866). Comme on voit l’imagination pour les prénoms n’était pas de mise puisque les fils de Francois Ignace (1817-1866) se nomment Louis Ignace et André Francois Xavier. Quand aux filles à chaque génération une Anne-Marie ou une Marie-Anne !!

Le carnet dit « Livre de raison » a été complété et recopié par Julia Heyberger (1852-1924) mon arrière-grande tante.

heyberger fimbel

Photo de la tombe de Julie Heyberger née FIMBEL à Hattstatt. Source : CDHF (2006 – JRB)

 

Une rapide consultation de wikipédia m’apprends qu’un «  Un livre de raison (du latin liber rationis ou liber rationum, c’est-à-dire « livre de comptes ») est un registre de comptabilité domestique comportant également des notations à caractère familial ou local. Tenu par le père de famille, il constituait un aide-mémoire pour l’auteur, mais il était principalement destiné à renseigner ses héritiers. Fréquemment, un même livre de raison se transmettait de génération en génération, chaque chef de famille le tenant à son tour. »

C’est exactement le cas de celui-ci qui mêle renseignements domestiques, événements, comptabilité.
Il est écrit en alsacien et je n’y comprends rien. Je pars donc en quête d’une personne parlant suffisamment bien allemand pour pouvoir ne pas être perdue en alsacien.
Au bout de quelques temps, la traductrice est trouvée et la traduction arrive. Je l’envoie à tous les cousins FIMBEL.

Le texte raconte la vie difficile d’un petit artisan maréchal-ferrand de Hattstatt dont le revenu dépend des saisons ( donc de ce que gagnent les paysans) et des passages dans le village, notamment ceux de l’armée. Il montre aussi les maigres possessions des Fimbel d’Hattstatt.

Hattstatt_058

« Hattstatt 058 » par Bernard Chenal — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Généalogiquement, il permet de mettre de l’ordre dans les indications de l’oncle et celles trouvées au CDHF ou sur Généanet

Origine Suisse: Les ancêtres étaient bien suisses et de Bremgarten comme je le supposais et non du Valais

Le père de Ignace Francois (1722-1799) Fimbel, qui n’est pas nommé dans le document, est de Bremgarten et semble s’être installé en Alsace avec trois de ses frères: l’un à Blodesheim, le deuxième à Bantzheim et le troisième à Ottmarsheim. Un nouveau frère est donc apparu par rapport au document du CDHF qui n’en mentionnait que deux: Laurent et Quirin.

Hypothèse 1 : on pourrait identifier celui de Bantzheim avec les documents du CDHF : un certain Laurent Fimbel bourgeois de Bantzheim se marie à Kemp avec Anne Marguerite Buckler le 22 janvier 1674. Il est dit fils de Georges.

Hypothèse 2 : Les relevés paroissiaux mentionnent qu’en la paroisse catholique Saint-Maurice de Soultz, Laurent FIMBEL, fils de Jean-Ulrich et de Catherine LANG, en leur vivant conjoints demeurant à Ottmarsheim, épousa Catherine GERBER en février 1781. Jean Ulrich serait le frère inconnu ?

Hans Georg le père de Frantz installé à Fessenheim se marie et finit ses jours à Blodesheim village d’origine de sa femme, ses premiers enfants naissent à Fessenheim, les autres à Blodelsheim. Il est dit « premier de la lignée de Fessenheim. »

Quand à Michel dit originaire de Bantzenheim ( où il habite avec son frère ou cousin? ), il se marie en 1684 à Eschentzwiller puis s’installe à Fessenheim ou il épouse sa deuxième femme en 1700.

Hypothèse 3 : Quirin est-il le frère de Blodelsheim ? Les seules indication sur Geneanet sont celles d’un Quirin né vers 1668 à Bantzenheim, fils de Joachim, Prévôt de Bantzenheim de 1679 à 1719.

Il y a donc, peut-être, deux familles Fimbel à cette époque dans la région.

Par ailleurs, si les trois frères sont, comme l’indique le carnet de l’aieul tous nés à Bremgarten, quel est leur lien avec Frantz FIMBEL, vétéran soldat dragon sous Monsieur RENIAC de Breisach décédé en 1713 à Blodelsheim ( je n’oublie pas que mon oncle faisait l’hypothèse de l’enracinement d’un soldat suisse) et avec Jean Michel FIMBEL garde ou vigile à Hammerstatt décédé à Blodelscheim en 1723?

Soit l’un s’est installé et a fait venir d’autres membres de sa famille depuis la Suisse quand l’occasion s’en est présentée en profitant de l’édit de 1662.

Soit Frantz est le père des quatre frères Fimbel et notre aïeul s’est trompé en rédigeant ses souvenirs : il a fait naître à Bremgarten des ancêtres nés en Alsace dont le père était de Bremgarten et est mort à Blodelsheim.

A suivre….

L’ auberge de l’Ange par la grâce de la cuisine d’Ester Scherer, née Haüsser (1730-1818)

L'ANGE

L’ange de la salle de restaurant a donné son nom à l’auberge. Photo: I. Scherer 2009

En 1753, Jean Christophe SCHERER (1715-1788), cordonnier, veuf de Maria Barbara Appel ( 1715-1752) dont il a quatre enfants, se remarie avec Ester-Suzanne Haüsser (1730-1818). C’est le talent culinaire de cette femme qui est à la base de la réussite de l’auberge de l’Ange.
«  Sans forfanterie, on peut dire que ses pâtés et sa pâtisserie l’ont fait connaître dans toute la province ».

Fille de boulanger, Ester-Suzanne est douée pour la cuisine: son mari et elle décident donc de profiter de ce talent pour ouvrir une auberge et le couple cherche une occasion. Ayant d’abord pensé acheter l’auberge de l’Etoile qui lui passe sous le nez, Jean Christophe et Ester-Suzanne acquièrent l’auberge de l’Ange et se lancent aussitôt dans d’importants travaux pour agrandir la salle.

auberge de l'ange Wissembourg IH

L’auberge de l’Ange Wissembourg. Photo : I.Scherer 2009

L’affaire marche bien.
En 1776, Jean Christophe fait installer un billard qui est extrêmement à la mode en ces temps là et commence à servir du café.
En 1787 nouvelle extension de la salle.

Après la mort de son mari en 1788, Ester poursuit l’exploitation de l’auberge avec l’aide de ses enfants. En 1793, elle cède l’affaire à son fils Jean SCHERER (1757-1830) et se retire en compagnie de ses filles Marguerite et Rosine.

Jean Scherer se marie en 1795 avec Eve Elisabeth Heindenreich. Ils auront six enfants dont seule une fille, Marguerite aura une postérité.
Jean décède en 1830 et l’auberge de l’Ange passe alors à l’un de ses neveux, Louis Frédéric Auguste SCHERER (1810-1871), dit Louis, mon trisaïeul, fils de Jean-Georges SCHERER (1765-1822) aubergiste brasseur à la Couronne.

Les notes du livre « l’Outre Forêt dans la tourmente révolutionnaire »(1) nous racontent que « l’Auberge de l’Ange fût tenue jusqu’en 1870 par la famille Scherer et qu’elle bénéficiait d’une excellente réputation pour a finesse de sa cuisine et la qualité de ses vins ( en particulier ses inimitables côtelettes). »

D’ailleurs dans la famille Scherer la bonne chère et l’hôtellerie sont de tradition. Les femmes épousent des bouchers, des vignerons, des confiseurs. Les hommes, quand ils ne poursuivent pas les premières traditions de leur aïeul autour des vêtements (cordonnier, tailleur etc), sont aubergistes, cafetiers ou brasseurs.

Il y a plusieurs anecdotes sur l’auberge. En voici quelques unes. Merci de compléter si vous en connaissez d’autres.

Albert de Saxe Cobourg Gotha, mari de la reine Victoria d’Angleterre s’arrête à l’auberge de l’Ange et apprécie tellement la cuisine qui y est faite qu’il repart avec le chef cuisinier, Eugène OTT .
En 1864, celui-ci qui séjournait à Bonn avant de rentrer en Angleterre, est assassiné par une clique de jeunes gens ivres parmi lesquels le comte Eulenburg qui lui porte le coup fatal. Comme la Prusse n’accorde aucune indemnité à la famille, la presse d’opposition hurle au scandale: 20 000 alsaciens signent une pétition envoyée au sénat et les Erckmann Chatrian publient un pamphlet à ce propos (1).
Le débat fait rage autour de l’impunité dont jouissent les militaires prussiens :
La gazette du Rhin s’indigne : « Peut-on imaginer un membre éminent de notre société, proche du gouvernement, traîné devant le juge pour un cuisinier ?»
Ce à quoi, Eulenburg étant finalement condamné à 9 mois de forteresse, le journal anglais Spectator répond : «  La peine, si elle est appliquée, sera à porter au crédit des autorités militaires prussiennes, car bien que peu sévère, c’est  déjà quelque chose qu’elles pensent que la vie d’un cuisinier français ait quelque valeur. »

En 1863, le maréchal de Mac Mahon y donne un banquet.

Le 14 septembre 1870, le nouveau préfet républicain du Bas-Rhin, Edouard Valentin, fût caché par Albert Boell ( avocat et député) à l’Ange, pourtant pleine d’officiers prussiens.

La guerre de 1870 porte un coup fatal à l’auberge, Louis SCHERER meurt le 21 mai 1871.  Ses  deux fils sont en France et optent pour la nationalité française. La reprise de l’affaire est alors impossible sous l’occupation allemande. Juste avant ou après la mort de Louis, l’auberge est vendue à un allemand tandis que ma trisaïeule, Louise Bourguignon (1816-1890) se retire.

Louise Bourguignon et Louis Federic Scherer vers 1865

L’auberge de l’Ange est aujourd’hui le restaurant de l’Ange et est tenu par la famille Ludwig.

Le métier ne se perd pas pour autant.

« Après la guerre franco-allemande, le nombre de brasseries et d’établissements alsaciens augmenta car beaucoup d’Alsaciens fuirent à Paris. Beaucoup d´entre eux brassaient leur propre bière alsacienne, qui était servie par des serveuses qui avaient remplacé les garçons de café.« (2)
Jules Albert Scherer ( Wissembourg 1845- Paris 1909), deuxième fils du couple, devient, lui, directeur du Grand Hotel de Bade, 32 boulevard des Italiens à Paris qui est maintenant partagé entre l’hôtel LONDON et le cinéma UGC.

32 bd des italiens

32, boulevard des italiens. Paris.

A l’époque le boulevard des Italiens est au coeur du quartier  « branché » de la capitale. On y trouve, des théâtres, des restaurants et des cafés célèbres comme le café Riche, le café de Paris ou le café de Bade au rez-de-chaussée de l’hôtel.

Dans l’une de ses chambres, des anarchistes russes assassinent le général Silverstoff, chef de la police politique du tsar Alexandre III, le 30 novembre 1890.

Assassinat Seliverstoff

La hune du Petit Parisien 1890

Tandis qu’après 1852, se retrouvent, au café de Bade, les amis de Baudelaire: Asselineau, Danville et Philoxène Boyer.

Baudelaire au café de Bade

Baudelaire au café de Bade par Félix  Regamey (1844-1907)

Marié à Marie-Louise Schmidt (1860-1921) de Bischwiller, Jules Albert a quatre enfants dont un fils, Jules Scherer, époux d‘Alice Fraissinet, donc cousin germain de mon père, qui reprend l’affaire de son père jusque dans les années 20 où il cessera ses activités à la suite d’un différent avec un associé.

L’amour de la cuisine est toujours bien présent dans la famille. Ceux qui font des stages chez Valrhôna ou ceux qui commandent des casseroles en cuivre pour Noël se reconnaîtront!!

 

Sources :

 

FIMBEL, SCHERER : les optants 1871-1873

Option pour la nationalité française de Louis Fimbel 1872

Option pour la nationalité française de Louis Fimbel 1872. Photo: Isabelle Haynes.

 

Le 10 mai 1871,  le traité de Francfort-sur-le-Main mettant fin à la guerre de 1870, est signé. Le nouvel empire allemand annexe les quatre départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin (moins Belfort et son Territoire), de la Moselle, d’une partie de la Meurthe (Château-Salins et Sarrebourg) et de deux cantons des Vosges (Saales et Schirmeck), soit un total de 1694 communes. Ce nouveau « Land » constitué n’aura pas d’autonomie interne comme les autres 25 « Länder » allemands, il sera directement administré par la Chancellerie d’Etat de Berlin. La population totale de l’Alsace-Lorraine est alors de 1.579.738 habitants.

L’article 2 du traité  prévoit que les Alsaciens-Lorrains auront la faculté d’opter pour la nationalité française.

Le 10 décembre 1871, les deux pays signent une convention additionnelle qui précise dans son article 1er :

« Pour les individus originaires des territoires cédés qui résident hors d’Europe, le terme fixé par l’article 2 du traité de paix pour l’option entre la nationalité française ou la nationalité allemande est étendues jusqu’au premier octobre 1873. L’option en faveur de la nationalité française résultera, pour ceux des individus qui résident hors d’Allemagne, d’une déclaration faite soit aux maires de leur domicile en France, soit dans une chancellerie diplomatique ou consulaire française, ou de leur immatriculation dans une de ces chancelleries. »

L’option pour ou contre la nationalité française fût un déchirement dans de nombreuses familles.

Pour mon oncle Jean, beaucoup d’optants étaient mariés à des non alsaciennes. C’est vrai en ce qui concerne Louis Ignace Fimbel mon arrière-grand-père marié à une femme du Sud, il opte pour la nationalité française en 1872 à Moulins.

C’est le cas aussi de l’arrière-grand-père, Louis Scherer, qui opte pour la nationalité française alors qu’il réside en Algérie toujours en 1872.

En savoir plus :

http://www.optants.fr/OPT.htm

http://www.geneafrance.org/rubrique.php?page=optants

L’auberge de l’Ange

 

Wissembourg le Schlupf

Wissembourg le Schlumpf. Photo : ADT67/ C. Fleith

 

Loué soit internet ! En 2006 je commençai mes recherches en tapant « Scherer Wissembourg » et « Auberge de l’Ange »sur google.

Je trouvai un Restaurant de l’Ange et une dame charmante me confirma au téléphone que l’établissement avait longtemps appartenu à la famille Scherer. Elle me donna les coordonnées d’une personne spécialiste de l’histoire de la ville qui m’annonça que la ville de Wissembourg avait édité un recueil d’écrits datant de 1789 à l’occasion du bicentenaire de la révolution, recueil qui contenait le journal de mon aïeul Scherer. Je le commandai immédiatement.

Je trouvai aussi une fiche de l’inventaire du patrimoine du Bas Rhin concernant l’auberge de l’Ange et son acquisition par Jean Christophe Scherer après 1753. Je n’ai pas eu l’autorisation de  reproduire la photo de cette maison ( ni des autres maisons SCHERER d’ailleurs)  mais les propriétaires de l’auberge m’en ont gentiment envoyé une que voici :

Restaurant de l'Ange Wissembourg

Restaurant de l’Ange Wissembourg. Photo : Ludwig

 

Nous y sommes allés et c’est délicieux. Avis aux amateurs !

Apparemment, cordonnier, Jean-Christophe SCHERER avait déjà acheté une maison à l’angle de la rue des cordonniers et de la rue marché aux poissons vers 1740 puis la maison mitoyenne en 1792.

Trois maisons achetées en quelques décennies: les affaires marchent bien pour les SCHERER !

A cette époque, Geneanet me donne des tas d’informations sur la famille Scherer mais je ne sais pas comment les relier à la mienne.  J’attends l’arrivée du livre SCHERER par la poste.

FIMBEL : La carte d’oncle J

Pour commencer la généalogie Fimbel j’interroge mon oncle qui m’envoie par la poste une carte où il a inscrit ses ascendants.
L’oncle me dit que les premiers Fimbel venaient de Suisse, du Valais, que leur village a brûlé, il ne se souvient pas de son nom.

Eléments de départ. Fimbel.

Eléments de départ. Fimbel.

Ils se sont ensuite installés à Fessenheim puis à Hattstat en Alsace.

Je prends contact avec le centre des familles CDHF du Bas Rhin, (malheureusement fermé depuis juillet 2015). Il y a un certain nombre de Fimbel dans leur base et je commence à construire l’arbre généalogique à partir de ces deux sources.
La théorie de l’oncle est qu’un soldat de la guerre trente ans a fait souche en Alsace. Cela signifierait qu’il s’y est établi après 1648 ou bien, ce qui est aussi possible, que les FIMBEL ( lire aussi Fümpel) ont répondu à l’appel de Louis XIV à repeupler l’Alsace après la guerre de Trente ans et font partie des nombreux suisses qui ont quitté leur pays pour s’y installer. La frontière n’était pas loin, la langue commune ou presque, l’intégration en était sans doute facilitée.

D’où venait donc Hans Georg Pfimbel le premier ancêtre ? Etait-il militaire?

Par le CDHF j’apprends que :
1) «  Le registre paroissial des décès nous fait part, que le 22 mars 1713 est décédé à Blodelsheim, Frantz FIMBEL, vétéran soldat dragon sous Monsieur RENIAC de Breisach. »

2) Un autre cahier recensant les Alsaciens du régiment de cavalerie Helmstadt-Rosen-Wurtemberg montre qu’un Frantz Joseph Fimbel de Fessenheim s’enrôle en 1733 dans le régiment Rosen compagnie du chevalier de Rosen. Et les tables de naissance mentionnent effectivement un François Joseph né en 1710, fils de Hans Georg.

3) Le 4 mai de l’an 1700, le veuf Michel FIMBEL épousa en l’église paroissiale de Fessenheim la célibataire Marie MANN, issue d’une très ancienne famille d’Oberhergheim. Le curé a mentionné dans cet acte de mariage que l’époux venait « d’Eschetswiler » (Eschentzwiller). Michel FIMBEL (FÜMPEL) habitait depuis quelques années déjà Fessenheim puisque deux de ses enfants furent baptisés en ce lieu : Marie-Gertrude en 1688 et Catherine en 1690. Il avait épousé en premières noces dans l’église Saints Pierre et Paul d’Eschentzwiller, en 1684, Jeanne-Françoise RIZART originaire de Bremgarten dans le canton d’Argovie. Leur premier enfant vit le jour à Eschentzwiller et fut baptisé sous les prénoms de François Léon.
Bremgarten est-elle la ville d’origine des Fimbel ? En général les liens entre familles et villages restaient vifs. C’est une hypothèse à prendre en compte mais Bremgarten n’est pas en Valais mais dans le canton d’Argovie.
Quel est le lien entre Michel et Hans Georg ? Peut être cousins car un Francois Léon Rizart est parrain de son fils Georges Léon.

En 2015, une deuxième note du CDH m’apprend que deux frères de Hans: Quirin et Lorentz sont désignés comme tuteurs des huit enfants que Hans Georg a eu avec Anna Maria VONESCH(er) après le décès de celle-ci en 1700 ( en fait selon les archives il y en a deux autres morts en bas âge). Cela n’empêche pas l’ancêtre de reconvoler la même année avec Madeleine SUGER dont il aura neuf enfants: record toute catégorie battu : 19 enfants. Pas étonnant qu’il y ait une multitude de Fimbels de par le monde.

Il est donc probable que l’hypothèse de l’oncle soit correcte à une génération près :

Frantz vétéran décédé en 1713 aurait donc eu pour fils
– Hans Georg
– Quirin
– Lorentz
À vérifier……

4° Enfin, mon aieul Ignatius Franciscus (1722- 1799) est connu comme militaire et vétéran sur les actes de mariage de son fils et sur son acte de décès.
J’ai revérifié mes données en 2015 il y a quelques erreurs (mais ce que j’avais trouvé tient la route) et je tombe par hasard sur l’acte de décès d’Anne Marie Fimbel fille illégitime de Maria Louisa la soeur de mon arrière-grand-père. Le déclarant , Sebastian Abtey, se dit oncle de la décédée. J’en déduis donc que Maria Louisa a eu une histoire avec un Abtey sans savoir lequel.
Geneanet m’apprend que Marie Louise finira par épouser Frantz Nicolas Abtey, 6 ans plus tard en 1872. Ils auront six autres enfants et resteront en Alsace.
Dans la famille de l’arrière grand-père, les hommes ont quitté l’Alsace au moment du conflit avec l’Allemagne en 1870 et opté pour la nationalité française alors que les femmes sont restées en Alsace avec leur époux devenant ipso facto allemandes jusqu’en 1918. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les frères Fimbel semblent avoir gardé peu de relations avec leurs soeurs.
L’oncle me parle d’un carnet noir qu’il conserve précieusement dans un coffre. Il contient semble-t-il la mémoire de la famille ( à suivre…)

Les Scherer première impression, Louis Scherer (1840-1908)

Mon père me parla de son grand-père, Louis SCHERER (Wissembourg 1840- Saint Maur les Fossés 1908) et de sa grand-mère, Thérèse TAVES (1844-1926), originaire de Beaucaire qui lui racontait des histoires en provençal quand il était petit.

Papa semblait avoir une affection particulière pour son grand-père qu’il n’avait pourtant jamais connu : il est mort en 1908, papa est né en 1916. Toute sa vie il a rêvé d’avoir la montre en or gravée aux initiales LS détenue par sa soeur qui l’avait laissé traîner dans un tiroir mais son souhait ne fût jamais exaucé.

Louis était X-Pont (promo 1859), ingénieur en chef responsable de la réalisation de chemins de fer dans l’Est algérien, officier de la Légion d’honneur. C’est à Constantine qu’il rencontra sa femme Thérèse, une modiste, et l’épousa en 1879.

Papa s’inscrit donc dans une lignée d’ingénieurs, ingénieur lui même, fils d’ingénieur des mines, petit-fils de polytechnicien.

Sur la fiche d’entrée à l’X de Louis Scherer on peut lire : Cheveux châtain clair – Front haut – Nez aquilin – Yeux bleus – Bouche ordinaire – Menton large – Visage ovale – Taille 175 – Signes p: lentille au menton –

Voici la photographie de Louis.

Jacques Georges Louis SCHERER (1840-1908)

Jacques Georges Louis SCHERER (1840-1908)

Je lui trouve peu de ressemblance avec mon père, davantage avec Gilbert mon oncle, peut être est-ce du à l’implantation de la racine des cheveux.

Je note au passage que Jacques Louis Emile, mon père, avait quasiment le même prénom que son grand-père Jacques Georges « Louis ». (Le « Emile » de papa est le prénom du seul et unique frère de ma grand-mère, décédé à 20 ans le 10 janvier 1916, six mois avant sa naissance.)

Papa me parla aussi de tante Margot, une cousine germaine de son père qui avait épousé un aviateur, René Jost. Devenue veuve, elle s’était remariée avec Gaston Velten, un diplomate. Je me souviens effectivement d’elle, une vieille dame qui me faisait un peu peur et qui piquait quand je l’embrassait, enfant. Elle venait nous rendre visite accompagnée de Louise Divin et d’Elisabeth Goldschoen d’autres cousines germaines de mon grand-père dont j’ai un souvenir plus vague.

Il mentionna aussi que Jules, un cousin germain de Georges son père, avait épousé Alice une soeur de sa mère rencontrée le jour du mariage de ses parents.

Enfin il m’indiqua que Scherer signifie ciseleur ou coupeur, que ce nom est très commun en Alsace et qu’il y avait une maison SCHERER à Wissembourg.

C’est avec ces infos que je commençai mes recherches.

Alsace : un peu d’histoire

Pour comprendre, les événements qui ont affectés la vie de nos ancêtres  FIMBEL et SCHERER rien de tel qu’un peu d’histoire.

Au XVIe siècle, l’Alsace est un foyer de l’humanisme et de la Réforme (1530).

Photo: ADT67/C.FLEITH

Photo: ADT67/C.FLEITH

En 1549, Charles Quint impose le maintien dans la ville de Strasbourg de trois paroisses catholiques. Le protestantisme se répand. Cependant, les catholiques conservent la majeure partie des possession des Habsbourg, des abbayes et de l’évêché de Strasbourg.

Au cours des XVIè et XVIIè siècles, l’Alsace connaît une longue période de troubles.

Pendant les guerres de religion, de 1562 à 1598, la plaine d’Alsace est traversée à plusieurs reprises par les troupes protestantes allemandes qui se portent au secours des huguenots français. La population souffre des pillages.

L’Alsace est ensuite dévastée par la guerre de trente ans (1618-1648) qui oppose les protestants soutenus par Frederic V (électeur palatin et roi élu) aux catholiques de l’empire autrichien.
L’Alsace est exsangue: plus de la moitié de la population rurale a disparu, à la suite des massacres, famines et épidémies de peste. 30 à 60 % du bâti est détruit. La mortalité lors des années de guerre est telle que Louis XIV invite des étrangers, à condition d’être catholiques, à venir dans la région pour la repeupler, par un édit de 1662. Beaucoup de suisses s’installent alors en Alsace.

De 1673 à 1681, le Roi de France Louis XIV assure sa suzeraineté sur le reste du pays, et en dernier lieu à Strasbourg (1681). Mulhouse, alliée aux cantons suisses depuis 1515, reste indépendante. En 1697, le traité de Ryswick reconnaît la suzeraineté du Roi de France sur l’Alsace (les seigneuries locales subsisteront jusqu’à la Révolution Française).

Après la Guerre de Hollande,  le Traité de Nimègue, en 1679, confirme les droits de Louis XIV sur l’Alsace. Les Intendants du Roi administrent la province. A Colmar, le Conseil Souverain, parlement, juge les affaire de la région.

Au XVIIIe siècle, Vauban édifie des forteresses le long du Rhin (Strasbourg, Sélestat, Neuf-Brisach, Huningue, ainsi que Belfort), et assure la sécurité de l’Alsace. La politique religieuse favorise alors le catholicisme. Rayonnement de l’université de Strasbourg en Europe protestante (étudiants : Metternich, Cobenzl, Goethe, ainsi que de nombreux Russes). Essor de l’orfèvrerie strasbourgeoise, développement de l’industrie (mines vosgiennes, brasseries et manufactures de tabac dans la région de Strasbourg, filatures à Mulhouse), florissement du commerce par voie fluviale.

A la veille de la Révolution, plus du quart des Alsaciens sont encore sujets de princes « étrangers ». Le peuple adopte avec enthousiasme les idées nouvelles qui préparent à Révolution. Le mois de juillet 1789 est marqué par des troubles par ailleurs assez vite réprimés. Des émeutes éclatent à Strasbourg.  Dans le Sundgau, les paysans endettés et misérables envahissent les châteaux, malmènent les agents des seigneurs, pillent à Guebwiller la résidence du Prince-Abbé de Murbach.

Après l’abolition des privilèges votée le mardi 4 août 1789, les princes étrangers refusent de se soumettre aux décisions de l’Assemblée et repoussent les indemnités qui leur sont offertes pour le rachat de leurs droits et de leurs terres.

La province d’Alsace est divisée en deux départements : le Haut-Rhin (ayant Colmar pour chef-lieu) qui comprend les districts de Colmar, Altkirch et Belfort ; et le Bas-Rhin (ayant Strasbourg pour chef-lieu) qui comprend les districts de Strasbourg, Benfeld, Haguenau et Wissembourg.

Sources : Histoire de l’Alsace Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Alsace
Alsace genweb on line: http://alsacegenweb.online.fr/histoire.htm