FIMBEL, SCHERER : les optants 1871-1873

Option pour la nationalité française de Louis Fimbel 1872

Option pour la nationalité française de Louis Fimbel 1872. Photo: Isabelle Haynes.

 

Le 10 mai 1871,  le traité de Francfort-sur-le-Main mettant fin à la guerre de 1870, est signé. Le nouvel empire allemand annexe les quatre départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin (moins Belfort et son Territoire), de la Moselle, d’une partie de la Meurthe (Château-Salins et Sarrebourg) et de deux cantons des Vosges (Saales et Schirmeck), soit un total de 1694 communes. Ce nouveau « Land » constitué n’aura pas d’autonomie interne comme les autres 25 « Länder » allemands, il sera directement administré par la Chancellerie d’Etat de Berlin. La population totale de l’Alsace-Lorraine est alors de 1.579.738 habitants.

L’article 2 du traité  prévoit que les Alsaciens-Lorrains auront la faculté d’opter pour la nationalité française.

Le 10 décembre 1871, les deux pays signent une convention additionnelle qui précise dans son article 1er :

« Pour les individus originaires des territoires cédés qui résident hors d’Europe, le terme fixé par l’article 2 du traité de paix pour l’option entre la nationalité française ou la nationalité allemande est étendues jusqu’au premier octobre 1873. L’option en faveur de la nationalité française résultera, pour ceux des individus qui résident hors d’Allemagne, d’une déclaration faite soit aux maires de leur domicile en France, soit dans une chancellerie diplomatique ou consulaire française, ou de leur immatriculation dans une de ces chancelleries. »

L’option pour ou contre la nationalité française fût un déchirement dans de nombreuses familles.

Pour mon oncle Jean, beaucoup d’optants étaient mariés à des non alsaciennes. C’est vrai en ce qui concerne Louis Ignace Fimbel mon arrière-grand-père marié à une femme du Sud, il opte pour la nationalité française en 1872 à Moulins.

C’est le cas aussi de l’arrière-grand-père, Louis Scherer, qui opte pour la nationalité française alors qu’il réside en Algérie toujours en 1872.

En savoir plus :

http://www.optants.fr/OPT.htm

http://www.geneafrance.org/rubrique.php?page=optants

FIMBEL : La carte d’oncle J

Pour commencer la généalogie Fimbel j’interroge mon oncle qui m’envoie par la poste une carte où il a inscrit ses ascendants.
L’oncle me dit que les premiers Fimbel venaient de Suisse, du Valais, que leur village a brûlé, il ne se souvient pas de son nom.

Eléments de départ. Fimbel.

Eléments de départ. Fimbel.

Ils se sont ensuite installés à Fessenheim puis à Hattstat en Alsace.

Je prends contact avec le centre des familles CDHF du Bas Rhin, (malheureusement fermé depuis juillet 2015). Il y a un certain nombre de Fimbel dans leur base et je commence à construire l’arbre généalogique à partir de ces deux sources.
La théorie de l’oncle est qu’un soldat de la guerre trente ans a fait souche en Alsace. Cela signifierait qu’il s’y est établi après 1648 ou bien, ce qui est aussi possible, que les FIMBEL ( lire aussi Fümpel) ont répondu à l’appel de Louis XIV à repeupler l’Alsace après la guerre de Trente ans et font partie des nombreux suisses qui ont quitté leur pays pour s’y installer. La frontière n’était pas loin, la langue commune ou presque, l’intégration en était sans doute facilitée.

D’où venait donc Hans Georg Pfimbel le premier ancêtre ? Etait-il militaire?

Par le CDHF j’apprends que :
1) «  Le registre paroissial des décès nous fait part, que le 22 mars 1713 est décédé à Blodelsheim, Frantz FIMBEL, vétéran soldat dragon sous Monsieur RENIAC de Breisach. »

2) Un autre cahier recensant les Alsaciens du régiment de cavalerie Helmstadt-Rosen-Wurtemberg montre qu’un Frantz Joseph Fimbel de Fessenheim s’enrôle en 1733 dans le régiment Rosen compagnie du chevalier de Rosen. Et les tables de naissance mentionnent effectivement un François Joseph né en 1710, fils de Hans Georg.

3) Le 4 mai de l’an 1700, le veuf Michel FIMBEL épousa en l’église paroissiale de Fessenheim la célibataire Marie MANN, issue d’une très ancienne famille d’Oberhergheim. Le curé a mentionné dans cet acte de mariage que l’époux venait « d’Eschetswiler » (Eschentzwiller). Michel FIMBEL (FÜMPEL) habitait depuis quelques années déjà Fessenheim puisque deux de ses enfants furent baptisés en ce lieu : Marie-Gertrude en 1688 et Catherine en 1690. Il avait épousé en premières noces dans l’église Saints Pierre et Paul d’Eschentzwiller, en 1684, Jeanne-Françoise RIZART originaire de Bremgarten dans le canton d’Argovie. Leur premier enfant vit le jour à Eschentzwiller et fut baptisé sous les prénoms de François Léon.
Bremgarten est-elle la ville d’origine des Fimbel ? En général les liens entre familles et villages restaient vifs. C’est une hypothèse à prendre en compte mais Bremgarten n’est pas en Valais mais dans le canton d’Argovie.
Quel est le lien entre Michel et Hans Georg ? Peut être cousins car un Francois Léon Rizart est parrain de son fils Georges Léon.

En 2015, une deuxième note du CDH m’apprend que deux frères de Hans: Quirin et Lorentz sont désignés comme tuteurs des huit enfants que Hans Georg a eu avec Anna Maria VONESCH(er) après le décès de celle-ci en 1700 ( en fait selon les archives il y en a deux autres morts en bas âge). Cela n’empêche pas l’ancêtre de reconvoler la même année avec Madeleine SUGER dont il aura neuf enfants: record toute catégorie battu : 19 enfants. Pas étonnant qu’il y ait une multitude de Fimbels de par le monde.

Il est donc probable que l’hypothèse de l’oncle soit correcte à une génération près :

Frantz vétéran décédé en 1713 aurait donc eu pour fils
– Hans Georg
– Quirin
– Lorentz
À vérifier……

4° Enfin, mon aieul Ignatius Franciscus (1722- 1799) est connu comme militaire et vétéran sur les actes de mariage de son fils et sur son acte de décès.
J’ai revérifié mes données en 2015 il y a quelques erreurs (mais ce que j’avais trouvé tient la route) et je tombe par hasard sur l’acte de décès d’Anne Marie Fimbel fille illégitime de Maria Louisa la soeur de mon arrière-grand-père. Le déclarant , Sebastian Abtey, se dit oncle de la décédée. J’en déduis donc que Maria Louisa a eu une histoire avec un Abtey sans savoir lequel.
Geneanet m’apprend que Marie Louise finira par épouser Frantz Nicolas Abtey, 6 ans plus tard en 1872. Ils auront six autres enfants et resteront en Alsace.
Dans la famille de l’arrière grand-père, les hommes ont quitté l’Alsace au moment du conflit avec l’Allemagne en 1870 et opté pour la nationalité française alors que les femmes sont restées en Alsace avec leur époux devenant ipso facto allemandes jusqu’en 1918. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les frères Fimbel semblent avoir gardé peu de relations avec leurs soeurs.
L’oncle me parle d’un carnet noir qu’il conserve précieusement dans un coffre. Il contient semble-t-il la mémoire de la famille ( à suivre…)