Le cahier de l’oncle Louis Aubry de la Noë

Louis Antoine Aubry de la Noë, résident de France à Annam.

Louis Antoine Aubry de la Noë, résident de France à Annam.

Entre les deux guerres ma mère tapa à la machine la chronique des Aubry de la Noë telle que la lui dicta Louis Antoine Aubry de la Noë (1862-1942) son grand-oncle.

Louis avait été résident de France en Annam, chevalier puis officier de la légion d’honneur « pour services distingués rendus à la colonisation au cours d’une longue carrière en Indochine ».

Il avait épousé en 1898 à Saint Pair sur mer (Normandie) Alice Davy de Boisroger.

Alice de Boisroger (1871-1970)

Alice de Boisroger
(1871-1970)

Il est inhumé dans la station balnéaire de Jullouville (Manche) fondée par Armand Jullou (1883-1913) oncle de sa femme. Louis et Alice n’ont pas eu d’enfants.

L’once Louis avait la réputation d’être assez snob. C’est lui qui dicte donc l’histoire des Aubry de la Noë qui sert de base à mon arbre.

Once Louis fait remonter les Aubry à Guillaume le conquérant mais, en lisant son texte, force est de constater une grande imprécision si l’on veut remonter avant le XVII ème siècle.
Cela rend le document un peu suspect pour tout ce qui se passe avant cette date.

Que disent les sources extérieures «  officielles » ?

1) Charles René d’HOZIER (1640-1732), fut nommé généalogiste du roi. Il a publié le Grand Armorial de France établi sur ordre de Louis XIV en 1696.
Ce document donne pour origine à la famille Aubry de la Noë : René Aubry Seigneur de la Barrière, de la Noë. Conseiller secrétaire du Roy, Maison Couronne de France et de ses finances.
2) Les Tablettes généalogiques et nobiliaires font également remonter la noblesse de la famille à René AUBRY «  Conseiller secrétaire du Roi » par provision du 30 janvier 1674.
3) Certains nobiliaires précisent « couronne de marquis » mais pas tous.

4) L’association d’entraide de la noblesse française que j’ai contactée ne trouve pas trace du marquisat ni trace de noblesse antérieure.

L’oncle Louis mentionne bien René Aubry mais en fait la sixième génération après Guillaume AUBRY qui prit la tête de la branche française en 1362 à la mort de Robert Aubry comte d’Oxford. Mon oncle Pierre m’a dit un jour qu’il se souvenait avoir vu les armes des Aubry ( « de gueules à trois pals d’or ») dans la cathédrale de Winchester. J’y suis allé en 2011, je n’ai rien vu. Peut-être ont-elles été enlevées?

Plus problématique: oncle Louis donne un père à René 1 Aubry : Jean II. Il lui donne aussi un frère, Jean III Seigneur de Tilleport, Maitre des requêtes, conseiller d’Etat et privé, président au parlement, receveur des aides qui épouse Marguerite Le Breton de Villandry puis Catherine Bellièvre. Or  les généalogistes attribuent un autre père à Jean III : Claude Aubry bourgeois de Paris dont on retrace la famille jusqu’au XIIIème siècle.

Donc soit René et Jean III sont fils de Jean II et les généalogistes se trompent  soit ils sont les fils de Claude et l’oncle se trompe, soit Jean III est fils de Claude et les ascendants de René sont à déterminer.
Le débat est ouvert.

Ma mère m’a aussi toujours dit qu’il y avait un cardinal dans la famille et qu’il est enterré dans la cathédrale de Sens.

Oncle Louis est un peu macho: à de rares exceptions près, il ne donne aucune information sur la famille des femmes qui ont épousé les Aubry, ni sur les lieux de naissance, mariage ou décès.  Il n’est donc pas facile de vérifier tout ce qu’il dit mais je m’attele à la tâche.

Pour résumer trois interrogations:
– Quelle est l’ascendance de René Aubry ?
– De quand date le marquisat s’il existe ?
– Qui est le cardinal ?

Alsace : un peu d’histoire

Pour comprendre, les événements qui ont affectés la vie de nos ancêtres  FIMBEL et SCHERER rien de tel qu’un peu d’histoire.

Au XVIe siècle, l’Alsace est un foyer de l’humanisme et de la Réforme (1530).

Photo: ADT67/C.FLEITH

Photo: ADT67/C.FLEITH

En 1549, Charles Quint impose le maintien dans la ville de Strasbourg de trois paroisses catholiques. Le protestantisme se répand. Cependant, les catholiques conservent la majeure partie des possession des Habsbourg, des abbayes et de l’évêché de Strasbourg.

Au cours des XVIè et XVIIè siècles, l’Alsace connaît une longue période de troubles.

Pendant les guerres de religion, de 1562 à 1598, la plaine d’Alsace est traversée à plusieurs reprises par les troupes protestantes allemandes qui se portent au secours des huguenots français. La population souffre des pillages.

L’Alsace est ensuite dévastée par la guerre de trente ans (1618-1648) qui oppose les protestants soutenus par Frederic V (électeur palatin et roi élu) aux catholiques de l’empire autrichien.
L’Alsace est exsangue: plus de la moitié de la population rurale a disparu, à la suite des massacres, famines et épidémies de peste. 30 à 60 % du bâti est détruit. La mortalité lors des années de guerre est telle que Louis XIV invite des étrangers, à condition d’être catholiques, à venir dans la région pour la repeupler, par un édit de 1662. Beaucoup de suisses s’installent alors en Alsace.

De 1673 à 1681, le Roi de France Louis XIV assure sa suzeraineté sur le reste du pays, et en dernier lieu à Strasbourg (1681). Mulhouse, alliée aux cantons suisses depuis 1515, reste indépendante. En 1697, le traité de Ryswick reconnaît la suzeraineté du Roi de France sur l’Alsace (les seigneuries locales subsisteront jusqu’à la Révolution Française).

Après la Guerre de Hollande,  le Traité de Nimègue, en 1679, confirme les droits de Louis XIV sur l’Alsace. Les Intendants du Roi administrent la province. A Colmar, le Conseil Souverain, parlement, juge les affaire de la région.

Au XVIIIe siècle, Vauban édifie des forteresses le long du Rhin (Strasbourg, Sélestat, Neuf-Brisach, Huningue, ainsi que Belfort), et assure la sécurité de l’Alsace. La politique religieuse favorise alors le catholicisme. Rayonnement de l’université de Strasbourg en Europe protestante (étudiants : Metternich, Cobenzl, Goethe, ainsi que de nombreux Russes). Essor de l’orfèvrerie strasbourgeoise, développement de l’industrie (mines vosgiennes, brasseries et manufactures de tabac dans la région de Strasbourg, filatures à Mulhouse), florissement du commerce par voie fluviale.

A la veille de la Révolution, plus du quart des Alsaciens sont encore sujets de princes « étrangers ». Le peuple adopte avec enthousiasme les idées nouvelles qui préparent à Révolution. Le mois de juillet 1789 est marqué par des troubles par ailleurs assez vite réprimés. Des émeutes éclatent à Strasbourg.  Dans le Sundgau, les paysans endettés et misérables envahissent les châteaux, malmènent les agents des seigneurs, pillent à Guebwiller la résidence du Prince-Abbé de Murbach.

Après l’abolition des privilèges votée le mardi 4 août 1789, les princes étrangers refusent de se soumettre aux décisions de l’Assemblée et repoussent les indemnités qui leur sont offertes pour le rachat de leurs droits et de leurs terres.

La province d’Alsace est divisée en deux départements : le Haut-Rhin (ayant Colmar pour chef-lieu) qui comprend les districts de Colmar, Altkirch et Belfort ; et le Bas-Rhin (ayant Strasbourg pour chef-lieu) qui comprend les districts de Strasbourg, Benfeld, Haguenau et Wissembourg.

Sources : Histoire de l’Alsace Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Alsace
Alsace genweb on line: http://alsacegenweb.online.fr/histoire.htm