SCHERER et alliés : aidez-nous à identifier des photos.

A la suite de la parution de l’article sur Louise Caroline SCHERER , un cousin m’a envoyé ce qui pourrait être sa photo, ou celle de sa soeur, Sophie SCHERER (1842-1899) restée célibataire.

close up caroline ou sophie scherer

Caroline Scherer ?

Il m’a aussi envoyée des photos de personnes inconnues dont il est sûr qu’elles font partie des SCHERER et alliés.

Pouvez-vous nous aider à les identifier ?

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Louise Caroline Scherer (1843-1892) chef d’entreprise à Wissembourg

Louise Caroline est la deuxième fille et la troisième enfant du couple formé par Frédéric Scherer (1810-1871), aubergiste à L’Ange et Louise Bourguignon (1816-1890). Son petit frère Jules Scherer naît en 1845 deux ans après elle. Son grand-frère Jacques Georges Louis, mon arrière-grand-père, a trois ans de plus. Elle a aussi une soeur, Sophie Louise,(1842-1899) dont je ne sais rien si ce n’est qu’elle décède à Paris, au Grand Hôtel de Bade de son frère Jules en 1899.

En 1865, Louise Caroline épouse Frédéric Charles Wentzel (1839-1877). Celui-ci est imprimeur et fils d’imprimeur. Son père Jean Frédéric (1807-1869), relieur, libraire et lithographe va diriger l’imprimerie et l’atelier d’imagerie populaire de Wissembourg de 1835 à 1869 avec l’aide de Charles Frédéric et de son frère Charles Frédéric (on note un certain manque d’imagination pour les prénoms !). En 1869, au décès de son père c’est Frédéric Charles qui reprend l’activité wissembourgeoise tandis que son frère dirige l’entrepôt de Paris.

Notons que la soeur des frères Wentzel, Louise, née en 1837,  épouse Jean Scherer, un cousin de Louise Caroline.

image Wentzel 2La Guerre franco-prussienne de 1870 et plus particulièrement la Bataille de Wissembourg ont laissé la ville exsangue et privent l’imprimerie de sa clientèle française.

Le père de Caroline, Louis Frédéric, meurt le 21 mai 1871. L’Alsace est occupée, ses deux frères sont en France où ils opteront pour la nationalité française ainsi que son beau-frère Charles Frédéric qui vit à Paris.

Après décès de Frédéric-Charles en 1877, Louise Caroline dirige l’entreprise jusqu’en 1888 puis la vend au fondé de pouvoir de la firme, Georg Friedrich Camille Burckardt, qui continue sous la dénomination « F.C. Wentzel – C. Burckardt Nachfolger ». Burckardt meurt à son tour en décembre 1888. Ce sont alors deux allemands qui reprennent l’affaire.  Je n’arrive pas  savoir si Louise Caroline et Bruckart ont co-dirigé l’entreprise ou si ce dernier est mort quelques mois après avoir acquis l’imprimerie.

A l’apogée de la fabrique, deux millions d’images  sont produites par an qui concurrencent les images d’Epinal tout aussi célèbres à la même époque. Elle possède 18 presses lithographiques, chacune pouvant produire 300 à 400 images par jour.

Les images de Wissembourg sont diffusées dans une grande partie de l’Europe grâce au chemin de fer, aux libraires et à un réseau actif de colporteurs.

La production majoritaire concerne les sujets religieux. Bien moins représentée, l’imagerie profane est informative : on y trouve des sujets d’actualité, faits divers ou scènes de bataille.

image wentzelD’autres thèmes concernent la vie familiale : le couple, la famille, les enfants et les animaux domestiques qui leur sont souvent associés, en des scènes romantiques qui sont parfois d’une grande mièvrerie. Mais l’humour est présent aussi, ainsi que les sujets qui s’adressent plutôt aux hommes : chasse, chevaux, scènes d’auberges et sujets grivois.

image Wentzel 3Enfin, une très grande part de la production est destinée à l’enfant, qui devient un consommateur courtisé.

 

 

 

 

 

 

Caroline décède  le 27 mars 1892. De son mariage avec Charles Frédéric, Louise Caroline  eut deux filles que j’ai connues

  • Elizabeth (épouse Divin)
  • Louise Sophie (épouse JL Goldschoen)
  • Peut-être un autre Charles Frédéric ?

Il doit exister une photo de Caroline mais je n’en n’ai pas (avis aux internautes !)

Voici un petit historique de cette fabrique très populaire au XIXème siècle

1837 : Edition de la première image connue (1)

1851 : Jean Frédéric Wentzel obtient son brevet d’imprimeur en lettres

Vers 1855 : Création d’un dépôt de vente à Paris chez l’imprimeur Nicolas Humbert (65, rue St Jacques) puis collaboration avec la veuve Humbert à partir de 1859

1860 : L’imprimerie Wentzel édite plus de 200 sujets différents

1861 : Wentzel est propriétaire du Journal de Wissembourg

1865 : Wentzel rachète le dépôt parisien de la rue Saint Jacques

1860-1869 : Période d’apogée de l’entreprise : production annuelle estimée à 2 millions d’images dans les meilleures années ; une vingtaine de presses lithographiques impriment 300 à 400 estampes par jour

1906 : René Ackermann, ami de la famille Wentzel, relance l’affaire et édite son propre journal, le Weissenburger Zeitung. Au lendemain de la guerre 14-18, l’imprimerie reprend ses activités sous le nom de « R. Ackermann, anct. Wentzel » puis sous appellation d’« Imprimerie Ackermann, journal de Wissembourg », à la suite de sa reprise par Charles Ph. Ackermann en 1929.

Sources :

  •  site SOLDAADEMOLHER
  •  « Des Mondes de Papier : l’imagerie populaire de Wissembourg. Catalogue d’exposition, Musées de la ville de Strasbourg, 16 octobre 2010- 31 janvier 2011. – Paris, 2010.
  • Page wikipédia consacrée à JC Wentzel
  • Page FB consacrée à l’imprimerie et et à ses images

 

 

 

Paul SCHERER (suite)

Paris, milieu d’après-midi, je pénètre dans une résidence pour Seniors dans le 17ème.
Un vieux monsieur qui porte le même nom et le même prénom que mon père et en a l’âge m’ouvre la porte. Je me présente.

Le vieux Monsieur me montre une très jolie photographie où sa mère, Geneviève Mahot,  entourée de ses nombreux enfants. Nous parlons de  Wissembourg et des Scherer. Ce monsieur est catholique et me dit que toute sa famille l’est aussi. Alors que je m’attendais à le voir ouvrir de vieux dossiers ou dérouler un parchemin, le voici qui me conduit dans sa chambre où trône, dans un cadre doré, l’arbre généalogique de Jean-Georges SCHERER (1765-1822) aubergiste brasseur à la Couronne (Wissembourg).
Je repère immédiatement sur une branche de l’arbre Louis Frédéric Auguste SCHERER (1810-1871) mon arrière-arrière grand-père qui reprit l’auberge de l’Ange à la suite de Jean Scherer frère de Jean-Georges.

 

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Louise Bourguignon et Louis Frederic Auguste Scherer vers 1865

 

L’embrouillamini de la filiation Scherer s’éclairci : Jean Georges a eu 14 enfants de deux femmes différentes; son père Jean Christophe en avait eu 15 de deux femmes différentes aussi. Grande famille, arbres compliqués !

arbre scherer

Arbre de descendance de Jean Georges SCHERER (1765-1822) Photo : I SCHERER

Mon arrière-arrière-grand père Louis Frédéric Auguste, descend de la deuxième femme de Jean Georges: Sophie Catherine Laedlein. Un cousin Laedlein retrouvé dans d’autres circonstances, m’envoie une photo de leur tombe à Wissembourg : Louis Frederic était franc-maçon, sa tombe en porte tous les insignes.

Louis Frédéric Auguste avait donc cinq frères et soeurs:

  1. Jean Philippe, négociant marié à ? Greiner
  2. Caroline mariée à Fritz Teutsch, employé aux chemins de fer. Leur fils, Charles, sera maire de Wissembourg
  3. Henry, employé à Sèvres
  4. Lisette mariée à Joseph Schad, négociant à Schweigen
  5. Frédérique, non mariée

et six demi-frères et soeurs

  1. Eve Dorothée mariée à Jean Gauckler, tonnelier, puis à Michel Rechigner, brasseur
  2. George, brasseur à La Couronne, marié à Linda Lindner puis à Dorothée Lindner
  3. Salomé, marié à Jean Eberlin, tanneur
  4. Gaspard, pasteur, marié à Marguerite Fromm puis à Dorothée Fromm. Il exerce à Ballbronn en 1841
  5. Christophe, teinturier, marié à la veuve Mann
  6. George Philippe, confiseur, marié à Wilhemine Reinhardt puis à Louise Schssing. C’est de ce premier mariage que descend Paul SCHERER.
  7. Sophie mariée à Fritz Doerr fabricant de chandelles. Leur fils Fritz 2, employé aux chemins de fer à Paris, est témoin sur tous les actes de naissance des enfants de Jules SCHERER et Louise Schmidt
  8. Marguérithe, non mariée.

Monsieur SCHERER me prête son tableau pour que je le fasse prendre en photo par un professionnel. Quelques semaines plus tard je le lui rapporterai emballé dans un beau papier bulle. Il ne viendra pas le chercher à la réception, ne répondra pas au coup de téléphone de l’hôtesse d’accueil à qui je finirai par le laisser. Il dort me dit-on. Je pense avec tristesse à ce Monsieur et à mon père qui est mort peu de temps auparavant. Si je le compare à papa il en très bonne santé et extrêmement dynamique. Ils ont vécu tous deux la plus grande partie de leur vie à Paris, avaient les mêmes origines, le même âge, le même prénom et ne se sont jamais rencontrés. Papa n’est jamais allé à Wissembourg alors que lui me dit s’y être rendu fréquemment.

La famille Scherer commence donc avec Jean SCHERER, maître cordonnier, né à Wissembourg le 8 décembre 1671. Les archives du Bas-Rhin en ligne commencent en 1616 pour ce qui est des protestants. Il doit donc être possible de remonter jusqu’aux parents de Jean mais il faudrait pour cela savoir lire l’allemand ou l’alsacien « gothique » ce que je ne sais pas. Avis aux amateurs !

Jean-Christophe, son fils, cordonnier, devient aubergiste et la famille se recentre sur les activités liées à la table: cafetier, hôtelier, restaurateur, confiseur, brasseur. La génération suivante poursuit ces activités mais se lance aussi dans la carrière militaire ou celle des chemins de fer.

Quand à la branche catholique de la famille, les deux femmes de Jean Georges étaient protestantes. Toute la famille fréquentait l’église Saint Jean qui, contrairement à ce que son nom laisserait supposer, est un temple protestant. Le passage au catholicisme a dû arriver plus tard ou bien sur la seule branche de Jules Scherer.

Eglise_Saint-Jean_de_Wissembourg_(3)

Eglise Saint Jean Wissembourg. By Chris06 (Own work) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)%5D, via Wikimedia Commons

Paul SCHERER où comment retrouver des dizaines de cousins

Eugene Paul SCHERER

Paul Scherer (1870-1958)

Il y a quelques années, un cousin m’envoya une photo qu’il n’arrivait pas à identifier. Je la montrait à mon père qui me dit aussitôt qu’il s’agissait de Paul SCHERER Commandant du Sénat puis officier à Nantes.

Quelques temps après, ne sachant pas trop quoi faire, je décidai de regarder sur Geneanet s’il y avait quelque chose sur ce personnage et trouvai un Paul Scherer. J’étais à peu près sûre que c’était lui car il était dit « militaire ».
Je contactai  alors la personne qui avait mis cette information en ligne. Elle habitait Nantes et m’expliqua qu’il s’agissait d’un ancêtre de son gendre et qu’il avait effectivement été en poste au Sénat dont il dirigeait la garde.

Je lui envoyai la photo: la même se trouvait dans le salon de la grand-mère de son gendre.

Mon mari et moi ayant des amis à Nantes, nous profitons d’un week-end pour aller les voir. Monsieur de T a organisé un rendez-vous avec sa fille, le mari de celle-ci qui se nomme SCHERER et le reste de la famille. Ce sont des gens adorables. Nous rencontrons une fille de Paul Scherer. Celui-ci a eu dix enfants et il semblerait que l’une de ses filles habitant en Bretagne soit la généalogiste de la famille. Voilà une bonne cinquantaine de nouveaux cousins d’un coup !

Nous en apprenons un peu plus sur Paul Scherer: né le 3 juin 1870 à Marseille, fils de Georges Philippe Scherer (né le 4 novembre 1835 à Wissembourg) et de Virginie Molliere (née en 1861 à Rochefort), Paul est élevé dans un milieu militaire.

George Philippe SCHERER

Georges Philippe Scherer (1835-1895)

Son père est lieutenant de 1ere classe du 16ème corps puis Intendant général du 10ème corps d’armée. Dans son sillage, Paul entre à Saint Cyr, promo Cronstadt. Blessé aux jambes en 1916 au moment où il faisait abriter ses hommes violemment bombardés, il poursuit sa carrière militaire et devient commandeur de la légion d’honneur. Il est décédé à Nantes en 1958. Il était marié à Geneviève Mahot.

J’explique l’état de mes recherches et suscite la déception: certains étaient persuadés de descendre de Barthélémy Louis Joseph Schérer (1747-1804) général qui fit la campagne d’Italie. Un aubergiste est moins prestigieux bien qu’il n’y ait pas à rougir du nombre de légion d’honneur et de militaires dans la famille (voire la base Léonore ). Mais quel est le lien exact entre la famille de Paul Scherer et la mienne ? Ils sont tous catholiques, les Scherer de ma branche, protestants. Wissembourg est à ce moment là, le seul lien commun.

Coup de fil en Bretagne, une vieille dame sympathique m’explique qu’il faut m’adresser à son frère qui possède un arbre généalogique et habite à Paris.
Rendez-vous est pris lors de mon prochain week-end dans la capitale.

L’ auberge de l’Ange par la grâce de la cuisine d’Ester Scherer, née Haüsser (1730-1818)

L'ANGE

L’ange de la salle de restaurant a donné son nom à l’auberge. Photo: I. Scherer 2009

En 1753, Jean Christophe SCHERER (1715-1788), cordonnier, veuf de Maria Barbara Appel ( 1715-1752) dont il a quatre enfants, se remarie avec Ester-Suzanne Haüsser (1730-1818). C’est le talent culinaire de cette femme qui est à la base de la réussite de l’auberge de l’Ange.
«  Sans forfanterie, on peut dire que ses pâtés et sa pâtisserie l’ont fait connaître dans toute la province ».

Fille de boulanger, Ester-Suzanne est douée pour la cuisine: son mari et elle décident donc de profiter de ce talent pour ouvrir une auberge et le couple cherche une occasion. Ayant d’abord pensé acheter l’auberge de l’Etoile qui lui passe sous le nez, Jean Christophe et Ester-Suzanne acquièrent l’auberge de l’Ange et se lancent aussitôt dans d’importants travaux pour agrandir la salle.

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L’auberge de l’Ange Wissembourg. Photo : I.Scherer 2009

L’affaire marche bien.
En 1776, Jean Christophe fait installer un billard qui est extrêmement à la mode en ces temps là et commence à servir du café.
En 1787 nouvelle extension de la salle.

Après la mort de son mari en 1788, Ester poursuit l’exploitation de l’auberge avec l’aide de ses enfants. En 1793, elle cède l’affaire à son fils Jean SCHERER (1757-1830) et se retire en compagnie de ses filles Marguerite et Rosine.

Jean Scherer se marie en 1795 avec Eve Elisabeth Heindenreich. Ils auront six enfants dont seule une fille, Marguerite aura une postérité.
Jean décède en 1830 et l’auberge de l’Ange passe alors à l’un de ses neveux, Louis Frédéric Auguste SCHERER (1810-1871), dit Louis, mon trisaïeul, fils de Jean-Georges SCHERER (1765-1822) aubergiste brasseur à la Couronne.

Les notes du livre « l’Outre Forêt dans la tourmente révolutionnaire »(1) nous racontent que « l’Auberge de l’Ange fût tenue jusqu’en 1870 par la famille Scherer et qu’elle bénéficiait d’une excellente réputation pour a finesse de sa cuisine et la qualité de ses vins ( en particulier ses inimitables côtelettes). »

D’ailleurs dans la famille Scherer la bonne chère et l’hôtellerie sont de tradition. Les femmes épousent des bouchers, des vignerons, des confiseurs. Les hommes, quand ils ne poursuivent pas les premières traditions de leur aïeul autour des vêtements (cordonnier, tailleur etc), sont aubergistes, cafetiers ou brasseurs.

Il y a plusieurs anecdotes sur l’auberge. En voici quelques unes. Merci de compléter si vous en connaissez d’autres.

Albert de Saxe Cobourg Gotha, mari de la reine Victoria d’Angleterre s’arrête à l’auberge de l’Ange et apprécie tellement la cuisine qui y est faite qu’il repart avec le chef cuisinier, Eugène OTT .
En 1864, celui-ci qui séjournait à Bonn avant de rentrer en Angleterre, est assassiné par une clique de jeunes gens ivres parmi lesquels le comte Eulenburg qui lui porte le coup fatal. Comme la Prusse n’accorde aucune indemnité à la famille, la presse d’opposition hurle au scandale: 20 000 alsaciens signent une pétition envoyée au sénat et les Erckmann Chatrian publient un pamphlet à ce propos (1).
Le débat fait rage autour de l’impunité dont jouissent les militaires prussiens :
La gazette du Rhin s’indigne : « Peut-on imaginer un membre éminent de notre société, proche du gouvernement, traîné devant le juge pour un cuisinier ?»
Ce à quoi, Eulenburg étant finalement condamné à 9 mois de forteresse, le journal anglais Spectator répond : «  La peine, si elle est appliquée, sera à porter au crédit des autorités militaires prussiennes, car bien que peu sévère, c’est  déjà quelque chose qu’elles pensent que la vie d’un cuisinier français ait quelque valeur. »

En 1863, le maréchal de Mac Mahon y donne un banquet.

Le 14 septembre 1870, le nouveau préfet républicain du Bas-Rhin, Edouard Valentin, fût caché par Albert Boell ( avocat et député) à l’Ange, pourtant pleine d’officiers prussiens.

La guerre de 1870 porte un coup fatal à l’auberge, Louis SCHERER meurt le 21 mai 1871.  Ses  deux fils sont en France et optent pour la nationalité française. La reprise de l’affaire est alors impossible sous l’occupation allemande. Juste avant ou après la mort de Louis, l’auberge est vendue à un allemand tandis que ma trisaïeule, Louise Bourguignon (1816-1890) se retire.

Louise Bourguignon et Louis Federic Scherer vers 1865

L’auberge de l’Ange est aujourd’hui le restaurant de l’Ange et est tenu par la famille Ludwig.

Le métier ne se perd pas pour autant.

« Après la guerre franco-allemande, le nombre de brasseries et d’établissements alsaciens augmenta car beaucoup d’Alsaciens fuirent à Paris. Beaucoup d´entre eux brassaient leur propre bière alsacienne, qui était servie par des serveuses qui avaient remplacé les garçons de café.« (2)
Jules Albert Scherer ( Wissembourg 1845- Paris 1909), deuxième fils du couple, devient, lui, directeur du Grand Hotel de Bade, 32 boulevard des Italiens à Paris qui est maintenant partagé entre l’hôtel LONDON et le cinéma UGC.

32 bd des italiens

32, boulevard des italiens. Paris.

A l’époque le boulevard des Italiens est au coeur du quartier  « branché » de la capitale. On y trouve, des théâtres, des restaurants et des cafés célèbres comme le café Riche, le café de Paris ou le café de Bade au rez-de-chaussée de l’hôtel.

Dans l’une de ses chambres, des anarchistes russes assassinent le général Silverstoff, chef de la police politique du tsar Alexandre III, le 30 novembre 1890.

Assassinat Seliverstoff

La hune du Petit Parisien 1890

Tandis qu’après 1852, se retrouvent, au café de Bade, les amis de Baudelaire: Asselineau, Danville et Philoxène Boyer.

Baudelaire au café de Bade

Baudelaire au café de Bade par Félix  Regamey (1844-1907)

Marié à Marie-Louise Schmidt (1860-1921) de Bischwiller, Jules Albert a quatre enfants dont un fils, Jules Scherer, époux d‘Alice Fraissinet, donc cousin germain de mon père, qui reprend l’affaire de son père jusque dans les années 20 où il cessera ses activités à la suite d’un différent avec un associé.

L’amour de la cuisine est toujours bien présent dans la famille. Ceux qui font des stages chez Valrhôna ou ceux qui commandent des casseroles en cuivre pour Noël se reconnaîtront!!

 

Sources :

 

L’auberge de l’Ange

 

Wissembourg le Schlupf

Wissembourg le Schlumpf. Photo : ADT67/ C. Fleith

 

Loué soit internet ! En 2006 je commençai mes recherches en tapant « Scherer Wissembourg » et « Auberge de l’Ange »sur google.

Je trouvai un Restaurant de l’Ange et une dame charmante me confirma au téléphone que l’établissement avait longtemps appartenu à la famille Scherer. Elle me donna les coordonnées d’une personne spécialiste de l’histoire de la ville qui m’annonça que la ville de Wissembourg avait édité un recueil d’écrits datant de 1789 à l’occasion du bicentenaire de la révolution, recueil qui contenait le journal de mon aïeul Scherer. Je le commandai immédiatement.

Je trouvai aussi une fiche de l’inventaire du patrimoine du Bas Rhin concernant l’auberge de l’Ange et son acquisition par Jean Christophe Scherer après 1753. Je n’ai pas eu l’autorisation de  reproduire la photo de cette maison ( ni des autres maisons SCHERER d’ailleurs)  mais les propriétaires de l’auberge m’en ont gentiment envoyé une que voici :

Restaurant de l'Ange Wissembourg

Restaurant de l’Ange Wissembourg. Photo : Ludwig

 

Nous y sommes allés et c’est délicieux. Avis aux amateurs !

Apparemment, cordonnier, Jean-Christophe SCHERER avait déjà acheté une maison à l’angle de la rue des cordonniers et de la rue marché aux poissons vers 1740 puis la maison mitoyenne en 1792.

Trois maisons achetées en quelques décennies: les affaires marchent bien pour les SCHERER !

A cette époque, Geneanet me donne des tas d’informations sur la famille Scherer mais je ne sais pas comment les relier à la mienne.  J’attends l’arrivée du livre SCHERER par la poste.

Les Scherer première impression, Louis Scherer (1840-1908)

Mon père me parla de son grand-père, Louis SCHERER (Wissembourg 1840- Saint Maur les Fossés 1908) et de sa grand-mère, Thérèse TAVES (1844-1926), originaire de Beaucaire qui lui racontait des histoires en provençal quand il était petit.

Papa semblait avoir une affection particulière pour son grand-père qu’il n’avait pourtant jamais connu : il est mort en 1908, papa est né en 1916. Toute sa vie il a rêvé d’avoir la montre en or gravée aux initiales LS détenue par sa soeur qui l’avait laissé traîner dans un tiroir mais son souhait ne fût jamais exaucé.

Louis était X-Pont (promo 1859), ingénieur en chef responsable de la réalisation de chemins de fer dans l’Est algérien, officier de la Légion d’honneur. C’est à Constantine qu’il rencontra sa femme Thérèse, une modiste, et l’épousa en 1879.

Papa s’inscrit donc dans une lignée d’ingénieurs, ingénieur lui même, fils d’ingénieur des mines, petit-fils de polytechnicien.

Sur la fiche d’entrée à l’X de Louis Scherer on peut lire : Cheveux châtain clair – Front haut – Nez aquilin – Yeux bleus – Bouche ordinaire – Menton large – Visage ovale – Taille 175 – Signes p: lentille au menton –

Voici la photographie de Louis.

Jacques Georges Louis SCHERER (1840-1908)

Jacques Georges Louis SCHERER (1840-1908)

Je lui trouve peu de ressemblance avec mon père, davantage avec Gilbert mon oncle, peut être est-ce du à l’implantation de la racine des cheveux.

Je note au passage que Jacques Louis Emile, mon père, avait quasiment le même prénom que son grand-père Jacques Georges « Louis ». (Le « Emile » de papa est le prénom du seul et unique frère de ma grand-mère, décédé à 20 ans le 10 janvier 1916, six mois avant sa naissance.)

Papa me parla aussi de tante Margot, une cousine germaine de son père qui avait épousé un aviateur, René Jost. Devenue veuve, elle s’était remariée avec Gaston Velten, un diplomate. Je me souviens effectivement d’elle, une vieille dame qui me faisait un peu peur et qui piquait quand je l’embrassait, enfant. Elle venait nous rendre visite accompagnée de Louise Divin et d’Elisabeth Goldschoen d’autres cousines germaines de mon grand-père dont j’ai un souvenir plus vague.

Il mentionna aussi que Jules, un cousin germain de Georges son père, avait épousé Alice une soeur de sa mère rencontrée le jour du mariage de ses parents.

Enfin il m’indiqua que Scherer signifie ciseleur ou coupeur, que ce nom est très commun en Alsace et qu’il y avait une maison SCHERER à Wissembourg.

C’est avec ces infos que je commençai mes recherches.