Un mal à la jambe droite: Emilie Milliau (1812-1879)

Atteinte  d’une douleur à la jambe droite, je me rends chez le kinésithérapeute. Séance normale, rien à dire. Cependant, à la fin celui-ci me glisse: je sais que la généalogie vous intéresse, regardez donc en remontant 6 générations par les femmes. Il est possible qu’il y ait quelque chose, là. Devant ma surprise, il ajoute: d’expérience il y a parfois un lien avec ce type de douleur. Je sors pensive de son cabinet.

Rien ne m’empêche d’explorer cette piste qui me semble un peu farfelue. Je compte :  2, 3, 4, 5, 6 mon aïeule maternelle au rang 6 est Emilie Milliau, épouse Quinon, née à Marseille le 23 janvier 1812, décédée dans la même ville le 8 décembre 1879, à 67 ans. D’elle, il ne reste qu’un nom de famille (« ça me dit vaguement quelque chose » dit ma mère) et une lettre qu’elle adresse à sa fille Anaïs.  Elle écrit de Meyzieu, ville de la banlieue lyonnaise sur la route de Grenoble  » j’ai trouvé tout le pays en pleurs à cause de la mort de Monsieur Deheren(?), le curé, qui est arrivée presque subitement« . Elle s’inquiète de sa fille qui, en voyage de noces, fréquente le grand monde à Paris «  Il est bien naturel que tu sois étourdie de te trouver dans un monde si différent de celui dans lequel tu as vécu jusqu’à ce jour.  Maintenant tu connais tout ce qu’il y a de plus brillant au monde, peut-être Dieu  l’a t’il voulu ainsi pour te faire voir de près le néant des vanités du siècle« .

En effet, l’ainée des filles d’Emilie, Anaïs (1834-1901), a épousé en 1855 Amédée Charles Marie de Possel Deydier (1820-1861), d’une famille de La Ciotat.

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Charles de Possel Deydier (8)

La benjamine, Madeleine (1836-1907) se marie avec Adolphe Honoré Ange Mure dit « d’Azir » (1828-1903)

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Adolphe Honoré Mure d’Azir © J. Maurin

Son fils, Louis Quinon (1835-1884) est négociant et ne se marie pas. Il meut à 49 ans à Marseille.

Je pars donc à la recherche d’information sur la famille d’Emilie et trouve toute une dynastie de savonniers ce qui n’est pas une surprise à Marseille mais l’est pour moi car je n’avais jamais entendu parler de cela.

Le père d’Emilie, Guillaume Bonaventure Milliau, est né à Aix en Provence en 1782, il est fabricant de savon, chevalier de la légion d’honneur, doyen de la chambre de Commerce, membre du Tribunal de Commerce, membre du Conseil d’arrondissement, membre du Conseil municipal de Marseille (1)

Son mari, Louis Marie Quinon, est fabricant de soude. Il reprend le fameux procédé Leblanc pour la fabrication de soudes factices (2) lesquelles – essentielles dans la fabrication du savon-coûtent deux fois moins cher que les soudes naturelles achetées à l’étranger.

Son gendre, mari de Madeleine, Adolphe Honoré Ange Mure d’Azir (1828-1903), est aussi fabricant de soude.

Ce qui en est une de surprise, c’est que des huit enfants Milliau,  la plupart restent dans la savonnerie. Les frères d’Emilie sont tous fabricants de savon, sa soeur Marie-Louise épouse Jean-Louis Bonnefoy fabricant de savon, les fils de son frère ainé, William, seront aussi tous dans la savonnerie et ainsi de suite jusqu’en 1942 date où meurt un Milliau qui dirigea le labo des corps gras du ministère de l’Agriculture, rue Sainte à Marseille. Pour une histoire du savon de Marseille cliquez ici.

« Parmi les principales fabriques (de savon), on remarque celles de messieurs Rampal, Arnavon, Milliau, Charles Roux et Bonnefoi » (3)

Le traité pratique de savonnerie (4) consacre un chapitre au procédé pour reconnaître la pureté des huiles de palmistes mis au point par M. Milliau.

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Source : ihaynes

Du côté Millau donc, une impressionnante activité industrielle sur plusieurs générations.

Ajoutons pour situer un peu plus Emilie, que Maximin Consolat, maire de Marseille de 1832 à 1843, est le mari de sa cousine germaine, Zoé Maurel.

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Maximin Consolat  par Philippe Poitevin. Palais de Longchamp, Marseille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mère d’Emilie, Marie « Rose » Agathe Cavalin (1785-1848), vient d’un milieu différent: elle est la fille de Jean-Baptiste, un maître tailleur de pierres de Mont Dauphin dans les Hautes Alpes dont on peut encore voir une fontaine, réalisée en 1790, dans le village de Ceillac.

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Fontaine de Ceillac. Photo :http://chlinfernal.centerblog.net

Jean-Baptiste épouse une fille du pays, Agathe Bellot, originaire de Mont Dauphin (rebaptisée Mont Lion après la révolution). Agathe meurt à Mont Dauphin en 1798, Jean-Baptiste meurt en 1800 dans le village tout proche de Chateau Queyras. Rose encore toute jeune semble avoir trouvé refuge chez un oncle Bellot à Marseille. C’est en sa présence et celle d’un de ses cousins Bellot qu’elle épouse Guillaume Bonaventure Milliau le 7 février 1807.

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Mont Dauphin citadelle de Vauban. Source :  MOSSOT via Wikimedia Commons

Quid du côté de l’époux d’Emilie, Louis Marie Quinon ?  L’acte de mariage (Marseille, 7 mai 1833) m’apprend qu’il est né à Meyzieu.  Cela explique la référence à Meyzieu (qu’elle écrit Meyzieux) dans la lettre d’Emilie. La mairie de Meyzieu m’envoie son acte de naissance le 28 Messidor an II. Première surprise, le père de Louis Marie est garde National: un révolutionnaire dans la famille !  Article wikipedia sur la garde nationale ici.

Quelques temps après, j’apprends, grâce au site du Groupement d’Etudes Historiques de la Contrée de Meyzieu (GEHCM) que le goût de la chose publique marque cette famille : le grand-père de Louis Marie, Vincent Quinon (1753-1833), fut, en 1790, le premier maire de Meyzieu. Un des frères de Louis Marie, Etienne Benoît Quinon ( 1793-1873)  fût maire de 1834 à 1848 et Vincent Cusin (1815-1869), un autre maire, assista au mariage de Louis et d’Emilie. Vincent Quinon II (1791-1861), frère de Louis Marie, était avocat près de la cour d’appel de Grenoble et s’intéressa beaucoup à l’histoire et à la culture locale comme le prouvent les nombreux documents où il apparaît sur Google. Louis Marie Quinon est né rue Meunier (actuelle rue Claude Curtat). D’après le GEHCM, la maison existe toujours. Voici sa photo qui montre la plus jolie partie de ce qu’il en reste:

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16 rue Claude Curtat, Meyzieu ©Google earth. Photo: 2009

Chez les Milliau, si l’on remonte une génération: le savon est remplacé par du vin: Denis Milhiau (1745-1824), grand-père d’Emilie, marié avec Madeleine Ollivier (1743-an VII) exerce à Aix-en-Provence la profession de marchand de vin. (Notons qu’il est normal que l’orthographe change : la façon d’écrire les noms ne se stabilise qu’au XIX eme siècle).

Ils se sont mariés à l’Eglise Sainte Madeleine en 1779. Sur l’acte est mentionné que Denis est né à Montpellier. A la même époque en faisant des recherches sur les Milliau sur Généanet, je tombe sur une descendante de Guillaume-Bonaventure répertoriée sur une page nommée « juifs du pape »(7). Qu’est qu’un juif du pape ? Je n’en n’ai aucune idée. Ma curiosité est éveillée.

Les juifs du pape sont des juifs arrivés en Gaule avec les romains. Ceux qui se sont installés dans le Comtat Venaissin – lequel devient possession papale en 1274,-échappent à l’expulsion des juifs du Royaume de France qui se déroule entre 1315 et 1385. Le pape n’oublie pas que Jésus était un rabbin juif, il protège les juifs présents sur son territoire tout en leur imposant des mesures vexatoires qui s’amplifieront au XVI et XVIIème siècle. Les juifs du pape qui, au Moyen âge, pouvaient posséder des terres et exercer pratiquement tous les métiers (moins bien payés cependant) se voient progressivement confinés dans des quartiers particuliers (dont on trouve trace dans les noms de rue par exemple) et dans certains métiers : vendeurs de fripes, d’ânes, changeurs (les grands banquiers sont italiens). Ces quartiers réservés, ou carrières (de Carrera = rue en provençal), pauvres, deviennent vite surpeuplés et insalubres. Comme il leur est interdit d’étendre le quartier, les populations juives construisent en hauteur des immeubles de plusieurs étages.

En 1791, le Comtat Venaissin est cédé à la France par le pape, et le Roi octroi aux juifs la pleine citoyenneté. En Provence depuis 2000 ans, ni ashkénases, ni séfarades, les juifs du Comtat auront donc pu survivre à Avignon et dans le Comtat pendant près de 500 ans en développant une riche culture qui leur est très particulière.

Je vous engage à visiter le site de l’Association Culturelle des Juifs du Pape (ici) où vous trouverez des articles remarquables sur la question et à lire les livres formidables de René Moulinas  ou Armand Lunel (6).

Cela prend un peu de temps mais je finis par trouver l’acte de baptême de Jean Denis Milliau le marchand de vin, le 24 janvier 1745 à Sainte Anne de Montpellier. Le parrain est Denis Villard son grand-père maternel dont il porte le prénom. La marraine est Jeanne Thioc. Sa mère se nomme Claire Villard (1724-1807).  Ma surprise vient de la signature de Joseph, son père : il signe en hébreu !  Le voilà mon juif du pape ! Je suis bien contente de l’avoir trouvé.

signature-de-joseph-de-milhaudSur son acte de mariage en 1744,  Joseph déclare être le fils d’Abraham Milhaud et d’Esther Atha d’Avignon. Joseph, signe en hébreu la déclaration de baptême de ses trois premiers enfants puis, pour les autres, il adopte l’alphabet romain et signe Miliaû qui se prononce plus ou moins Milliaou en provençal. Joseph est donc un juif converti. Je me souviens alors d’avoir lu que les conversions juives, très rares, étaient célébrées en grande pompe dans les cathédrales et effectivement Joseph est baptisé deux mois avant son mariage à la cathédrale Saint Pierre de Montpellier où il signe aussi en hébreu. Son écriture est paraît-il typique de l’écriture « comtadine » des juifs du pape. Il signe Joseph (incompréhensible) de Milhaud. Si quelqu’un peut lire le reste merci de me le faire savoir en commentaire!

Joseph est né en 1722 et dit habiter Montpellier depuis sept années. Il exerce la profession de marchand fripier, profession classique chez les juifs du pape. Au XVIIIème ceux-ci ont obtenu du parlement du Languedoc le droit de participer aux foires. Dès 1732, on trouve la trace d’un marchand juif Milhau qui séjourne à Montpellier au « Petit-Saint-Jean »(5), peut-être est-ce Abraham, le père de Joseph, ou un oncle ?

Claire  et Joseph auront huit enfants.

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Vestige de la carrière d’Avignon©ihaynes

Chaque année je vais à Avignon et, juste après ma découverte à l’été 2015, je pars en quête des traces du quartier juif. Il reste notamment une porte d’entrée de la Carrière où l’on peut bien observer la différence de hauteur entre les immeubles. J’ai une pensée émue pour Joseph qui a quitté Avignon en quête d’une vie meilleure et a réussi.

La culture et même l’existence des juifs du pape est  peu connue et j’espère que cet article contribuera à ce que tous les cousins qui descendent d’Abraham et d’Esther s’intéressent à la question.

Joseph est mort le 28 février 1778 à Montpellier et est enterré dans le cimetière de la paroisse Sainte Anne.

Cela fait longtemps que je n’ai plus mal à la jambe.

Sources:

(1) : Base Leonore de la Légion d’Honneur

(2) Etat actuel de l’industrie française ou coup d’oeil sur l’exposition de ses produits en salle de Louvre. 1819. E. Jouy. L’Huillier ed.

(3) Essai sur le Commerce de Marseille, Volume 3
Par Jules Julliany. 1842.

(4) Traité pratique de savonnerie par Edouard Moride. Paris, Baudry&cie, 1892

(5) Les juifs de Montpellier au XVIIIème siècle par S. Kahn. Revue d’Etudes juives, vol 33. 1896.

(6) Les juifs du pape: Avignon et le Comtat Venaissin. René Moulinas. Albin Michel.

 Juifs du Languedoc, de la Provence, et des États français du pape par Armand Lunel, Albin Michel, 1975.

(7) http://www.geneanet.org, arbre « jupape » de Jean-Paul Bourlac et arbre Henri de Dianous

(8) http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/lot-ventes-aux-encheres.jsp?id=1963292

Photo à la une: Avignon vu de la rive droite du Rône. By Abderitestatos (Own work)  via Wikimedia Commons

Les filles de René 1 Aubry

René 1 Aubry et Marguerite « Louise » Berryer eurent trois filles dont les destins sont intéressants parce qu’ils nous donnent une idée du niveau social acquis par les parents Aubry; les mariages du monde de la finance et quelques anecdotes sur les relations familiales.

  • Marie Aubry (1652- Le Mans 1712). On ne sait pas grand chose de sa vie si ce n’est qu’elle épouse  le 20 octobre 1670 au Mans- paroisse Saint Benoît- Pierre Cousin, fermier général des monnaies et des domaines, écuyer, sieur de Valcabot, baron de Conteville et du Marais Vernier, secrétaire ordinaire du duc d’Orléans.  « Originaire de Rouen, juriste licencié en droit et avocat, Pierre Cousin devient receveur général des finances de Rouen en 1677 tout en étant propriétaire de l’office de receveur des tailles de Caen et Pont-Audemer. Il s’ennoblit en 1676 par l’achat d’une charge de secrétaire du Roi. D’après Daniel Dessert (1), son mariage avec Marie Aubry est déterminant pour son ascension sociale car il le fait entrer dans le cercle des proches de Colbert.  Entre 1689 et 1707, il devient l’un des gros traitants de la fin du règne de Louis XIV ».  Pierre Cousin

Le couple Cousin habite au manoir du Val Cabot (actuellement manoir d’Hermos à Saint Eloi de Fourques ) ou  vous pouvez séjourner car il a été transformé en chambre d’hôtes.

manoir d'Hermos, Saint Nicolas de Fourques

Manoir du Val Cabot

Il fait ensuite acquisition en 1685 de la seigneurie et du château du Landin où vous pouvez dormir également.

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Chateau du Landin. Photo: Francis Cormon

Il l’échange avec les terres de Conteville en 1689. Pierre Cousin y investit énormément d’argent pour obtenir un domaine de 350 hectares qu’ils devra vendre en 1719 car son entretien coûte trop cher (4).

L’une des filles de Marie, Nicole Ursule, épouse en 1710 Nicolas de Grouchy (1673-1734)  capitaine garde-côtes à Dieppe, lieutenant de vaisseaux, seigneur de la Marre-Gouvie. Née au manoir du Val Cabot (Eure) où habitent Marie et Pierre,  elle meurt dans celui de la Villette créé par Mansard, à Condécourt dans l’Oise.

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Chateau de la Villette à Condécourt (Oise). Photo : René Clémenti

 

Elle sera la grand-mère d’Emmanuel de Grouchy (1766-1847) Maréchal de France.

  • Louise Aubry. Je ne connais ni la date de sa naissance ni celle de son décès mais pas mal de choses sur sa vie. Elle épouse le 26 avril 1659 Jacques Ledemé, seigneur du Lude près de Domfront (Orne) lequel décède rapidement non sans lui avoir donné un fils, Jacques 2 Ledemé, seigneur du Lude.  Elle se remarie alors avec Guillaume Le Débotté, seigneur des Jugeries d’une vieille famille de Domfront. Le Lude et les Jugeries sont distants de 7 km à peu près. S’il ne semble plus rien rester du manoir du Lude, celui des Jugeries existe toujours.
Château des Jugeries.

Château des Jugeries. ancienne carte postale

 

Ils habitent Alençon.

guillaume le debotteBlason de Guillaume Le Debotté d’après l’armorial d’Hozier

Guillaume est contrôleur général des gabelles de la ville. Il en deviendra le contrôleur général des finances vers 1685. Comme son beau-père, René 1 Aubry, il se lance dans les forges et achète la grosse forge de la Sauvagère qu’il  transfère en 1678 au « gué du Cleret ». D’après Louis Duval (2), compte tenu des sommes importantes dont il dote ses cinq enfants, sa fortune devait être considérable.

En 1678, Renée Hameau, tante de Louise, la femme de Louis Berryer, demande à sa nièce de prendre la tête d’une fabrique de point d’Alençon.

Dentelle mise au point par Madame de la Perrière, produite par la manufacture royale d’Alençon (crée par Colbert, encore lui),  elle est l’une des plus coûteuse à réaliser et fait maintenant partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 L’histoire qui s’en suit est celle d’une arnaque de Renée au dépend de Louise. Je met le lien avec le document de la BnF qui en fait le récit ici. Vous n’aurez qu’à lire la suite….

On connaît les blasons de trois des cinq enfants Le Debotté :

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Source : armorial d’Hozier

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Source : armorial d’Hozier

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Source : armorial d’Hozier

 

On sait aussi qu’ils bénéficièrent de la terre du Lude au préjudice de Jacques Ledemé leur demi-frère (1660-1707) (3). Celui-ci avait épousé Marie Vasse (1646-1717) de plus de dix ans son aînée, héritière du fief de Chères mais dont la famille avait fait de multiples dettes afin de garder son rang. Jacques, déjà dépouillé de la terre du Lude, presque ruiné par le remboursement des dettes de sa femme, trouva une ressource de dernière extrémité en vendant ses bois et en obtenant un prêt de sa grand-mère Louise Berryer, sans aucune aide de sa mère, cela dit en passant. La fortune de la famille continua a péricliter. Peut-être est- ce cela qui retentit sur l’éducation des enfants Ledemé (3). Leur fille, Louise Ledemé, née en 1660, veuve, écrivait très mal le français. Mariée à Charles Denis Chouet de la Gandie, elle laissât ses enfants dont ses fils, tous militaires, sans grande instruction (3).

  • Jeanne Aubry. On sait peu de choses sur Jeanne si ce n’est qu’elle épousa en 1777 paroisse Saint Benoît du Mans, Jacques Aubert, seigneur de Launay, receveur général des gabelles, conseiller à la cour des Aydes. Ils eurent au moins trois filles, Louise, Marie et Marguerite. Les deux dernières entrent au monastère d’Evron (Mayenne) en 1678 et sont dotées par leur oncle René 2 Aubry à cette occasion .
Jeanne Aubry

Source : armorial d’Hozier

La soeur de Jacques, Marie Aubert épousa vers 1645, Jean Vasse et leur fille Marie (1646-1717) épousa donc son cousin Jacques Ledemé cité plus haut. En 1688 ils habitaient le manoir de Chères (ou Cherres) près de Savigné l’Evêque où se situe également la terre de la Barrière dont René  1 Aubry est seigneur.

On trouve trace en 1743 d’une action intentée par Louise Le Demé, leur fille, née en 1690 à Savigné, veuve de Charles-Denis Chouet, écuyer, sieur de La Gandie, contre Marguerite Aubert (sa cousine issue de germains donc), veuve en premières noces du sieur de Saint-Laurent et en secondes de Louis-Zacharie Geré de Vaubois.

 

Bibliographie

(1) Daniel Dessert « Argent, pouvoir et société au Grand siècle ». Fayard ed.1984

(2) Louis Duval « Documents pour servir à l’histoire de la fabrication du point d’Alençon. » Renaut de Broise ed. 1883

(3) Revue historique et archéologique du Maine, tome 2, 1877

(4) Lettre d’un voyageur à l’embouchure de la Seine, Armand Claude Masson de Saint Amand. Guibert ed, 1828

(5) Armorial d’Hozier en ligne sur Gallica