Paul SCHERER où comment retrouver des dizaines de cousins

Eugene Paul SCHERER

Paul Scherer (1870-1958)

Il y a quelques années, un cousin m’envoya une photo qu’il n’arrivait pas à identifier. Je la montrait à mon père qui me dit aussitôt qu’il s’agissait de Paul SCHERER Commandant du Sénat puis officier à Nantes.

Quelques temps après, ne sachant pas trop quoi faire, je décidai de regarder sur Geneanet s’il y avait quelque chose sur ce personnage et trouvai un Paul Scherer. J’étais à peu près sûre que c’était lui car il était dit « militaire ».
Je contactai  alors la personne qui avait mis cette information en ligne. Elle habitait Nantes et m’expliqua qu’il s’agissait d’un ancêtre de son gendre et qu’il avait effectivement été en poste au Sénat dont il dirigeait la garde.

Je lui envoyai la photo: la même se trouvait dans le salon de la grand-mère de son gendre.

Mon mari et moi ayant des amis à Nantes, nous profitons d’un week-end pour aller les voir. Monsieur de T a organisé un rendez-vous avec sa fille, le mari de celle-ci qui se nomme SCHERER et le reste de la famille. Ce sont des gens adorables. Nous rencontrons une fille de Paul Scherer. Celui-ci a eu dix enfants et il semblerait que l’une de ses filles habitant en Bretagne soit la généalogiste de la famille. Voilà une bonne cinquantaine de nouveaux cousins d’un coup !

Nous en apprenons un peu plus sur Paul Scherer: né le 3 juin 1870 à Marseille, fils de Georges Philippe Scherer (né le 4 novembre 1835 à Wissembourg) et de Virginie Molliere (née en 1861 à Rochefort), Paul est élevé dans un milieu militaire.

George Philippe SCHERER

Georges Philippe Scherer (1835-1895)

Son père est lieutenant de 1ere classe du 16ème corps puis Intendant général du 10ème corps d’armée. Dans son sillage, Paul entre à Saint Cyr, promo Cronstadt. Blessé aux jambes en 1916 au moment où il faisait abriter ses hommes violemment bombardés, il poursuit sa carrière militaire et devient commandeur de la légion d’honneur. Il est décédé à Nantes en 1958. Il était marié à Geneviève Mahot.

J’explique l’état de mes recherches et suscite la déception: certains étaient persuadés de descendre de Barthélémy Louis Joseph Schérer (1747-1804) général qui fit la campagne d’Italie. Un aubergiste est moins prestigieux bien qu’il n’y ait pas à rougir du nombre de légion d’honneur et de militaires dans la famille (voire la base Léonore ). Mais quel est le lien exact entre la famille de Paul Scherer et la mienne ? Ils sont tous catholiques, les Scherer de ma branche, protestants. Wissembourg est à ce moment là, le seul lien commun.

Coup de fil en Bretagne, une vieille dame sympathique m’explique qu’il faut m’adresser à son frère qui possède un arbre généalogique et habite à Paris.
Rendez-vous est pris lors de mon prochain week-end dans la capitale.

Les Fimbel : une famille de musiciens.

Maurice Fimbel (1881-1938), médecin, était fou de musique. Il avait trois pianos chez lui: un demi-queue, un piano droit dans le salon et un autre piano droit dans sa chambre et organisait régulièrement des concerts, certains avec des cantatrices.

Tous ses enfants devaient apprendre le solfège avec la méthode Leyat sous la férule de Monsieur Lopez. Comme chaque enfant faisait de mauvaises notes au même endroit et que son cabinet de médecin se trouvait dans la maison, Maurice, furieux, quittait alors son bureau pour gronder le malheureux, voire, pour les garçons, leur donner une fessée. Méthode éducative un peu particulière….
La méthode Leyat prônée par Maurice, avant-gardiste sur ce point, était très bizarre.

Wikipédia la décrit ainsi : «  Marcel Leyat a inventé en 1927 une méthode d’apprentissage de la musique alternative au solfège. Cette méthode était incluse dans une méthodologie plus large qui regroupe ses disciplines de prédilection, appelée MALLER pour ‘Méthode Analytique Logique Leyat d’Éducation Rationnelle’, et qui se compose de quatre parties : la sonologie, la logologie, la cogitologie et la locomotologie. Le système de transcription de la musique est basé sur des partitions représentant graphiquement les touches d’un piano, un trait noir couvrant la touche à jouer, la longueur du trait déterminant la longueur de la note. Il fait construire un piano portant la marque Leyat, doté d’un clavier de 85 touches. Il construit également un autre clavier de piano doté de touches alternativement blanches et noires. Leyat instruit à cette méthode sa fille Odette qui donna le 29 octobre 1929 une représentation à la salle Molière à Lyon. »

Le résultat de cette méthode semble que, sur six enfants Fimbel, seulement deux restent capables de lire la musique.
Il y avait beaucoup de disques chez Maurice et ma mère se souvient particulièrement de ceux de Dinu Lipatti, un pianiste roumain.

Robert (1893-1949), frère de Maurice, était titulaire de l’orgue à l’abbaye de Ligugé où il était moine.

Robert Fimbel

Dom Robert Fimbel

 

Cet amour de la musique avait été nourri par leur père, Louis Ignace FIMBEL  (1848-1912) qui fût organiste à la cathédrale ND de l’Annonciation de Moulins et professeur de musique dans la même ville puis à Thiers.

Louis Ignace Fimbel (1848-1912)

Louis Ignace Fimbel
(1848-1912)

 

La revue « Le ménestrel » de 1833 relate:

« La Société Symphonique de Moulins vient de donner un intéressant concert. Le programme se composait d’oeuvres de Rameau, Haydn, Beethoven, Mendelssohn, ..Massenet,., Widor et Salvayre. Habilement dirigée par M. Louis Fimbel, qui a reçu une véritable ovation comme pianiste dans le concerto en sol mineur de Mendelssohn »

L’une des élèves de Louis était Hélène Costes (1851-1941), fille de l’intendant du lycée de Moulins. Il l’épousa en 1872.

Louis avait un frère, François (1854-1916), violoniste, lui aussi professeur de musique à Moulins et tenant un magasin de musique près de la cathédrale.

François Fimbel (1854-1916)

François Fimbel
(1854-1916)

Marie-Laure (1897-1969), fille de François, était violoniste et André (1895-1975), son frère, était luthier. Il avait repris la boutique de son père où il installa d’autres instruments puis des phonographes. Il envoya à ses neveux de Marseille l’un des premiers tourne-disques en forme de « jambon » puis, deux ou trois ans après, un tourne-disques portable inséré dans une petite valise. Une merveille qui servit de base à leurs surprise-parties.

Marie Laure Fimbel et Juliette de la Noe

Marie Laure Fimbel et Juliette de la Noe. 

Ma mère se souvient des visites d’André et François à Marseille. André possédait un grand chapeau noir d’artiste, une lavallière noire et une canne montée sur une colonne vertébrale de requin qui l’impressionnait.

Louis et François Fimbel avaient été formés à l’école de musique religieuse de Louis Niedermeyer, fondée en 1853 et située alors à Paris, Passage de l’Elysée des Beaux Arts, près de la place Pigalle.

«  Cette école, destinée à former les organistes et maîtres de chapelle en étudiant la musique sacrée, ainsi que les chefs d’oeuvre classiques des grands maîtres des X°, XVI° et XVII° siècles, était fort connue des alsaciens. Sa renommé était certainement parvenue aux oreilles d’Antoine Boëllmann dans sa pharmacie d’Ensisheim, fréquentée par de nombreux alsaciens de la région. Justement, non loin de là à Gundolsheim, Soultz, Rouffach, Hattsatt, Soultzmatt notamment, plusieurs jeunes artistes originaires de ces villages sont en train de terminer leurs études à l’Ecole Niedermeyer ou en sont fraîchement sortis pour mener une carrière de musiciens accomplis : Jérôme Gross, l’un des futurs successeurs de Gabriel Fauré à l’orgue de choeur de Saint-Sulpice; Joseph Eberling, titulaire du grand orgue de la cathédrale de Selestat depuis 1870, où il succédait à Nicolas-Joseph Wackenthaler, un autre alsacien issu de la même école; Jean-Baptiste Bischoff, maître de chapelle de la cathédrale de Rodez depuis la même époque; Louis et François Fimbel, organistes à Moulins; Jean-Baptiste Elminger dont le frère exerce à Mortain…« .(2)

« La musique ? nous en étions imprégnés, nous y vivions comme dans un bain, elle nous pénétrait par tous les pores.(…) L’École réunissait des élèves de tout âge. Ainsi avait-on pu créer un cours de chant simultané dont les exercices étaient strictement consacrés à l’exécution des œuvres de Palestrina, de Vittoria, d’Orlando Lasso ou de Bach et de Hændel. À cette époque, les chefs-d’œuvre de Bach, qui constituaient notre pain quotidien, n’avaient pas encore pénétré dans la classe d’orgue du Conservatoire. Avouerai-je que la dignité, la sévérité de l’enseignement que nous devions à la ferme et cependant si paternelle direction de Niedermeyer nous rendait peut-être un peu vains, un peu pédants et que, s’il arrivait qu’on qualifiât devant nous le Conservatoire de « mauvais lieu de la musique », nous ne protestions pas ? » Gabriel Fauré à propos de l’école Niedermeyer

Dès leur enfance, Louis et François purent entendre l’orgue de Sainte Colombe, l’église de Hattstatt, (XI ème siècle,)  acquis par la commune en 1834. L’Alsace est un haut lieu de l’orgue et des facteurs d’orgue.

Hattstatt-4861

Eglise d’Hattstatt (XIème siècle) « Hattstatt-4861 » par Psu973 — Travail personnel (1)

Est-ce qu’Ignace Fimbel, le maréchal-ferrand d’Hattstatt, leur père avait aussi cet amour de la musique ? En Alsace, il est de tradition que chaque famille ait un violon et que l’aîné en hérite. Le seul héritage actuel semble être la baguette honorifique de chef d’orchestre de Louis Ignace dont je rêve de pouvoir mettre ici la photo…

 

Plus d’infos sur Niedermeyer:

(1) Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hattstatt-4861.jpg#/media/File:Hattstatt-4861.jpg

(2) http://www.musimem.com/boellmann.htm

Consuls de Suède à Marseille : les Folsch (1735-1881)

Dans la famille Folsch on est consuls de Suède de père en fils.

Henry Jacques Folsch Von Fels, né à Hambourg en 1707 de Henry Jacques ( 1664-1731) et de Elisabeth Reinsbagen (-1731) est d’abord commis chez Philippe Mathias Weber négociant à Hambourg puis part en 1730 travailler chez les frères Butini, négociants à Marseille. C’est un précurseur. L’immigration de négociants allemands à Marseille ne deviendra plus importante que dans la seconde moitié du XVIIIème siècle (1)

Les Butini sont issus d’une grande famille genevoise dont on a des traces dès le XV ème siècle. Jean Antoine Butini (1693-1779), l’un de ses patrons, est consul de Suède à Marseille depuis la création de ce poste en 1731.

La fonction de consul de Suède ( ou de Danemark) ne peut être tenue que par des négociants nommées par le Collège du Commerce (Kommerskollegium). Il est demandé au personnel consulaire de rédiger des rapports en cette langue  et d’appartenir obligatoirement au monde du négoce ….Les consuls du royaume scandinave doivent leurs revenus à cette activité tout particulièrement celle de commissionnaire. ..La grande originalité du système est que tous les navires suédois qui abordent un port d’un département ne paient pas de droits si le consul a la charge de la commission de la cargaison (2) 

Henry Jacques rencontre l’une des filles de Jean Antoine Butini, Anne Elisabeth (1725-1813) et l’épouse à Vandoeuvres (Suisse) en 1745 peu avant ou après la création d’une société  de commerce avec son beau-père sous le nom « Butini & Folsch ».

Il devient consul en 1753 en remplacement de son beau-père puis consul général en 1780.

De son mariage avec Anne Elisabeth, Henry Jacques aura 9 enfants dont 6 meurent en bas-âge.

Sur les trois survivants,

  • Jeanne Louise  épouse en 1722 Jean-Christophe Hornborstel, négociant, autre allemand arrivé à Marseille vers 1753 qui ne retourne à Hambourg qu’en 1771 et ne paraît pas avoir renouvelé ce voyage
  • Francois Philip (1755-1832), négociant, devient consul de Suède à son tour.
  • Mariette, née en 1756, sur laquelle je n’ai pas d’autre information.

« À l’exemple des grandes dynasties négociantes suédoises, certaines familles ou groupes familiaux monopolisent les postes consulaires…Il est très fréquent que l’on se succède de père en fils …. Il se constitue de véritables réseaux de consuls négociants scandinaves. À Marseille, dans les années 1780, Jacques Fölsch, consul de Suède, est associé avec son gendre Jean-Christophe Hornbostel. Le frère cadet de ce dernier, Nicolas Hornbostel, est associé dans une autre affaire négociante avec Lars Lassen, consul du Danemark dans la ville provençale. »(2). On peut rajouter que François Philip de retour à Marseille en février 1780 après un long voyage de formation (voir encadré) s’associe à son tour avec son beau-frère Hornborstel,  après la mort de son père le 12 avril 1780. Le 6 juin, il prend la charge de consul de Suède. Il sera nommé consul général en 1783. Il s’acquittera fort bien de sa tâche puisqu’il est nommé Chevalier de l’ordre royal de l’Etoile Polaire en 1818.

La formation d’un jeune consul

François Philip part, à 12 ans, faire des études au séminaire d’Hadenlstine près de Coire (Grisons). Il y reste 4 ans et revient à Marseille en juillet 1771 pour travailler chez son père au comptoir « Buttini, Folsh et Hornbortel » jusqu’en 1776
Parti à Genève chez son grand père maternel, il y passe trois mois avant de revenir à Marseille où il reprend le même travail avant de partir pour la Suède le 27/10/1777 via Nîmes, Montpellier, Lyon, Strasbourg, Francfort, Hambourg, Stralfund où il embarque et arrive le 25/12 à Ystad en Scanie.
Repart le 10/06/1779 de Stockolm pour Marseille via Noorköping, Jönkoping,uddewala et Gothembourg en Suède, traverse le Subd passe par Copenhague, Flensbourg, Lübeck, Hambourg, Brême, Hanovre Francfort, Strasbourg, Bâle, Berne, Geneve où il arrive le lendemain de la mort de sa grand-mère (3) .

Un exemple des multiples tâches des consuls de Suède à Marseille nous est donné par Pierre Yves Beaurepaire (5) à propos de la circulation des oeuvres d’art et des objets précieux.

« La correspondance des Fels avec les collèges royaux de la chancellerie, du commerce et des affaires étrangères, recèle des informations importantes concernant les commandes princières. En effet, la commande passée, il faut en suivre l’exécution et l’expédition dans une Europe dont on oublie trop souvent qu’elle est, au XVIIIe siècle, en guerre, trois années sur quatre.
Par ailleurs, la course barbaresque demeure un véritable obstacle à la navigation et nécessite l’intégration d’un surcoût représenté par l’obtention d’un sauf conduit, sans compter la récurrence des poussées pesteuses. Le rôle des puissances neutres est donc essentiel pour assurer la continuité des échanges, et François Philippe Fölsch a notamment soin de le mettre systématiquement en avant. Il approvisionne via ses contacts à Alger (deuxième poste consulaire suédois ouvert en Méditerranée, après Livourne, mais avant Marseille) la cour et l’aristocratie suédoise en produits exotiques, tels que plumes d’autruche ou chevaux arabes« (5).

François Philip avait épousé en 1783 (contrat) le mariage étant célébré à Marseille en 1788 Marguerite Newenham fille d’Edward Newenham ( 1732-1814), en photo, député unioniste d’Irlande du Nord dont vous trouverez facilement la biographie sur internet. edward newenhamCe mariage montre l’existence d’un véritable réseau  international de familles de négociants (4).  François Philippe eut 6 enfants dont cinq filles. Toutes (sauf Marguerite Maurette décédée à 12 ans) se marient à des membres de la société protestante.  La religion est en effet un lien puissant entre tous ces négociants venus du Nord mais pas seulement. Il faut y ajouter la franc maçonnerie. Tous les Folsch font partie de la loge écossaise de Marseille où ils retrouvent, d’ailleurs, des Fraissinet. « Les négociants représentent alors l’élite commerciale, le sommet de la pyramide socioprofessionnelle. Ce nom est d’ailleurs apparu à Marseille, dans son sens plénier, avec les premières années du XVIIIe siècle exprimant une volonté de discrimination d’avec les bourgeois, non commerçants, et les marchands, catégorie d’un rang inférieur même si, parfois, les limites sont peu sensibles. Pour les négociants, «gens de loge tenant banque », aucune confusion n’était possible« (1) . L’Europe des Lumières passe par les réseaux de négociants et les loges ainsi que le montrent également les travaux de Pierre Yves Beaurepaire (6).

Francois Philippe meurt sans douleur à Marseille le 25 janvier 1832 entouré de sa famille. Il avait eu deux attaques le 19 janvier après lesquelles il ne repris pas connaissance.

Le seul fils de François Philippe, Gustave Edouard, est né à Marseille le 7 octobre 1787.

Il ne devait pas être présent lors de la mort de François Philip puisque la chronique familiale nous raconte qu’il fait exhumer la dépouille de son père le 28 février, en présence de Marion Dhombre, Mme Schnell et Ulrich Schnell afin de le reconnaître et lui dire un dernier adieu. C’est quand même un signe peu banal de dévotion filiale.

François Philippe sera ensuite inhumé dans un caveau neuf hors les murs de la Porte d’Aix.  » L’ouverture au midi est fermée par une pierre de taille et recouverte de terre ».

Une édition de sa correspondance est en préparation (6)

Négociant, Gustave Edouard, reprend l’activité consulaire de son père, devient consul de Norvège en 1832  puis gère le consulat général de Russie pendant la guerre de Crimée 1854-1856.

Pour ces activités il est nommé Chevalier de Wasa en 1813, Chevalier de l’Etoile Polaire en 1818 et en 1856, chevalier de 2nd classe de St Stanislas de Russie, chevalier de 3eme classe de l’aigle rouge de Prusse et commandeur du Nicham.

Administrateur de la caisse d’épargne des Bouches-du-Rhône, dont son oncle Jean Christophe Hornbostel avait été nommé directeur lors de sa création en 1821, il semblerait qu’il en soit devenu également le directeur.  Il était membre du consistoire de l’Eglise Réformée et de plusieurs sociétés savantes.

Le 22 septembre 1824 à Nimes, il épouse Rose Lea Bruguiere (an XI-1882). Les Brugière ont une histoire intéressante qui fera l’objet d’un prochain article.

Trois enfants  sont issus de cette union:

  • Anna Eugénie (1826-1893) épouse Jules Theodore Frisch (1818-1895) courtier maritime, vice-consul du Danemark à Marseille.
  • Elodie  qui meurt à 4 ans en 1840
  • Charles Henry né le 17 juillet 1827 à Marseille

Gustave Edouard meurt à Marseille le 24 décembre 1865 après cinq jours de maladie.

Charles Henry (1827-1899).

De 1842 à 1846, Charles Henry fait ses études à Uppsala où il loge chez le baron Von Kroemer gouverneur de la ville .
Rentré à Marseille fin 1846,  il travaille dans la maison de commerce de son père mais doit la liquider à la suite d’un revers de fortune en 1875.

Négociant, admistrateur de la baisse d’épargne en 1868, consul de Suède, Norvège et Danemark- fonctions dont il démissionnera en 1882 et 1883 (Danemark)- Chevalier du Dannebrog en 1867, de Wasa en 1869. Secrétaire de la société Internationale de secours aux blessés des armées de terre et de mer (section de Marseille) jusqu’en 1871, il obtint la médaille de bronze pendant la guerre et fut, comme son père, membre du consistoire de l’Eglise Réformée de Marseille.

Il épouse le 4 novembre 1853 Anne Justine Jackson (1834-1915) dont il aura 4 enfants :

  • Alice Eugénie (1854-1900) mariée à Adrien Fraissinet (1843-1918),
  • Anna Mathilde (1859-1886)
  • Charles Edouard (1866-1919) marié à Gilberte Camille Rabaud (1862->1914)
  • Charles Gustave décédé à 12 ans en 1876

Il meurt le 31 décembre 1899 d’une plaie gangréneuse à la jambe occasionnée par le diabète. Il est inhumé à St Pierre dans le caveau de famille.

Il fut le dernier consul de Suède de la dynastie Folsch de Fels, poste occupé sans interruption par la famille de 1731 à 1881  soit 150 ans.

villa Fraissinet Edouard Bd Joseph Vernet ancienne demeure des Folsch à Marseille

Villa d’Edouard Fraissinet avenue du parc Borely, ancienne demeure des Folsch à Marseille

 

SOURCES

(1) Gilbert Buti, « Négociants d’expression allemande à Marseille (1750-1793) », Cahiers de la Méditerranée [Online], 84 | 2012, Online since 15 December 2012, connection on 13 January 2016.

(2) Pierrick Pourchasse,  » Les consulats, un service essentiel pour le monde négociant : une approche comparative entre la France et la Scandinavie » In : La fonction consulaire à l’époque moderne : L’affirmation d’une institution économique et politique (1500-1800). Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2006 (généré le 13 janvier 2016)

(3) Archives familiales de Thomas Sauvaget

(4) Victor N Sakharov « Merchant Colonies in the Early Modern Period »

(5) Pierre Yves Beaurepaire  « Pour une approche historique de la diplomatie culturelle et artistique au siècle des Lumières » communication présentée lors du colloque international des 27 et 28 septembre 2012, au Petit Palais, Paris, organisé en mémoire de Jean Nérée Ronfort.

(6) Pierre-Yves Beaurepaire, Gustaf Fryksén, Silvia Marzagalli et Fredrik Thomasson (éd.), Un consul suédois en Méditerranée. La correspondance de François Philip Fölsch, consul à Marseille (1780-1804), Paris, Classiques Garnier, Les Méditerranées, à paraître en 2016.

 

Philippe Héron (1767-1827)

Philippe Héron, chirurgien major de la Marine est l’un des rescapés du naufrage du navire «  Le vengeur du peuple ».

Le Brunswick et le Vengeur du Peuple (à droite) à la bataille du 1er juin 1794 Musee de la Marine. Greenwich

Le Brunswick et le Vengeur du Peuple (à droite) à la bataille du 1er juin 1794. Musée de la Marine. Greenwich. Remarquez le drapeau révolutionnaire de l’époque « rouge blanc bleu sur fond blanc »

 

Voici quelques renseignements sur la bataille gagnés sur Wikipédia. « Le vaisseau et son équipage deviennent célèbres après la bataille du 13 prairial an II (le 1er juin 1794), pendant laquelle la flotte française de l’amiral Villaret de Joyeuse va affronter celle britannique de Howe. Le Vengeur-du-Peuple, au centre de la ligne, se retrouve bord à bord avec le HMS Brunswick en un duel rapproché au canon et au fusil. Ils sont bientôt rejoints par le français l’Achille (rapidement démâté) puis par le britannique HMS Ramillies,

Si le vaisseau britannique finit le combat avec à son bord 45 morts (dont son capitaine) et 114 blessés (soit 159 hommes perdus sur 600), le Vengeur-du-Peuple perd deux de ses mâts, a le tiers de son équipage hors de combat et de l’eau qui commence à monter dangereusement dans ses cales. Le capitaine de vaisseau Renaudin, commandant du Vengeur, fait hisser le pavillon britannique en signe de reddition et de demande d’aide, puis monte à bord du HMS Culloden. Mais le vaisseau vaincu a la coque tellement percée qu’il va rapidement sombrer. Sur environ 600 membres d’équipage, 367 marins et 7 officiers sont sauvés par les navires britanniques à proximité (HMS Culloden, HMS Alfred et HMS Rattler). La bataille se termine par la perte de sept vaisseaux français (un coulé et six capturés), auxquels il faut rajouter les 5 000 morts et blessés côté français (contre 1 148 chez les Britanniques) et les 4 000 prisonniers.
La propagande républicaine va chercher à transformer cette défaite militaire en victoire morale. La bataille est présentée à la tribune de la Convention par Barère, le rapporteur du Comité de salut public (de la fin 1793 au début 1794). Son discours prétend que les marins du Vengeur ont refusé de se rendre à l’ennemi, et sont tous morts quand le vaisseau a sombré, en criant « Vive la Patrie, vive la République » et en chantant la Marseillaise
Le retour en France du commandant Renaudin et des marins prisonniers en Angleterre fut une surprise. Bréard se chargea d’annoncer cette embarrassante nouvelle à la Convention : « Je suis bien aise d’apprendre à la Convention que tout l’équipage du Vengeur n’a pas péri ».
Néanmoins, la légende conserva son crédit dans l’imagerie populaire, la chanson et le théâtre. »

Le naufrage du "Vengeur du peuple" sur la colonne de la place de la République à Paris

Le naufrage du « Vengeur du peuple » sur la colonne de la place de la République à Paris

Deux ans après, Philippe épouse Bonne Rose Victoire Davy de Boisroger (1760-1837) à Moutiers au Perche. Une légende familiale dit que la voyant sur l’échafaud et la trouvant jolie, il lui offrit la liberté si elle l’épousait. Cette histoire me paraît tout à fait sujette à caution pour deux raisons:

  • Bonne avait déjà épousé en 1res noces François le Couturier tué en Vendée en 1794 alors qu’il combattait dans l’armée républicaine. Elle n’était donc pas légitimiste.
  • Leur mariage a lieu en 1796. De l’avis des historiens, la Terreur est finie depuis de longs mois.

Il s’établira comme médecin à Tourlaville et décèdera à La Loupe le 22 juillet 1827, deux ans après sa fille Antoinette Bonne Louise Henriette, épouse d’Antoine Hippolyte Aubry de la Noë, morte à La Loupe en 1825 à l’âge de 27 ans.