Dans l’ombre de Colbert: René 1 Aubry, Seigneur de la Barrière (1595-1678)

Armoiries des Aubry

Armoiries des Aubry
« de gueules à trois pals d’or »

L’oncle ne nous dit rien d’autre sur René 1 Aubry si ce n’est qu’il était conseiller secrétaire du Roi «  Maison couronne de France et de ses finances » et qu’il épousa Marguerite Berryer. Cela semble peu mais c’est aussi beaucoup.

Un conseiller secrétaire du Roi maison, couronne de France et des finances était un haut fonctionnaire des finances.
La réception d’un Secrétaire du Roi de la Grande Chancellerie est accompagnée d’une prestation de serment faite entre les mains de M. le Chancelier ou Garde des sceaux, ou parfois, dans des circonstances solennelles, à genou devant le roi.
René 1 avait acquis sa charge assez tard en 1676. En effet à cette époque, les charges s’achètent et certaines sont anoblissantes comme celle de conseiller-secrétaire du Roi.
A noter que cette charge conférait la noblesse du premier degré dès l’entrée en charge et la noblesse héréditaire après vingt ans ou le décès durant l’exercice des fonctions.
C’est la raison pour laquelle cet office est désigné au cours du XVIII siècle comme une «  savonnette à vilains » car elle permettait une ascension sociale rapide dans le second ordre à des personnes issues de la bourgeoisie et mettant toutes leurs compétences, acquises au sein de familles ayant déjà réussi dans le négoce ou l’industrie, au service de l’État.

Il est donc fort probable que la famille de René Aubry était déjà bien implantée dans la bourgeoisie et le milieu financier.

Plusieurs éléments vont en ce sens:

Premièrement, selon Daniel Dessert* et les archives de la Sarthe*** René Aubry a d’abord été receveur au grenier à sel du Mans, ce qui implique qu’il puisse avancer au trésor royal le produit de la collecte de l’impôt.

Le grenier à sel dans la fiscalité d’Ancien Régime
Généralisée par les ordonnances de 1331 et 1343, la gabelle constituait le plus important des impôts indirects. Cette taxe sur le sel n’était toutefois pas perçue partout, et ses modalités de perception variaient selon les régions. Dans les pays de Grande gabelle, le sel, en provenance pour l’essentiel des marais salants de l’Atlantique devait être acheté dans les greniers établis en application des lettres patentes du 20 mars 1392.
Le grenier à sel des pays de grande gabelle était à la fois un magasin d’approvisionnement obligatoire et le siège d’une juridiction chargée de juger les causes relatives à la balle, et notamment les affaires de contrebande de sel, le « faux saunage », passible de la peine des galères. Chaque paroisse était obligatoirement rattachée à un grenier à sel où ses habitants devaient « lever » une certaine quantité de sel, parfois obligatoire (une cinquantaine de kilogrammes pour 14 personnes), parfois laissée au choix de l’acheteur.
En 1593 on comptait 158 greniers à sel. L’officier principal en était le grenetier remplissant des fonctions d’administrateur, de comptable et de juge. Au XVIIIe siècle, alors que les impôts directs sont toujours perçus en régie, les revenus domaniaux et les autres impôts indirects sont traditionnellement affermés à des traitants qui versent au roi des sommes forfaitaires. Le procédé est commode pour le roi qui reçoit un versement immédiat sans avoir la charge de la perception.
Le grenier reste l’unité administrative fiscale de base et le receveur s’occupe des aides, des domaines, des gabelles, des traites et autres impôts. Le receveur était avant tout prêteur de deniers puisque l’Etat avait pour habitude de récolter l’impôt indirect avant que les Fermiers Généraux ne l’ait encaissé.

En 1660 René Aubry s’occupe de la canalisation de la Mayenne pour le compte de Mazarin.

Deuxième élément concernant l’ascension sociale de René Aubry : son mariage avec Marguerite Berryer (1612-1693).

Le frère de Marguerite, Louis Berryer de la Ferrière (1616-1686) , n’est pas n’importe qui. D’origine pauvre et roturière, Berryer doit

Louis Berryer de La Ferrière (1616-1686)

Louis Berryer de La Ferrière (1616-1686).

son ascension à la protection de Mazarin. Fermier des forges du comte de Flers, il administre les biens du cardinal puis les revenus d’un certain nombres d’abbayes dont celle de Saint Germain des prés. Il passe ensuite au service de Colbert dont il est l’ami et le protégé jouant un grand rôle dans la galaxie Colbert.

La galaxie Colbert.  Colbert prend le pouvoir contre Fouquet et assainit les finances royales qui étaient aux mains d’un tout petit nombre de familles qui en tiraient grand profit. Pour ce faire, outre les procès, il réduit le nombre des charges « comptables » et en redistribue les places… à des parents en lesquels il a confiance, recréant peu ou prou le système précédent. La galaxie Colbert est donc un ensemble de personnes qui, d’un côté, participent à la modernisation du royaume et introduisent les manufactures, les hauts fourneaux etc… mais qui, d’un autre, réalisent des montages financiers semblables aux « off shores » d’aujourd’hui et s’enrichissent au détriment du royaume de France. René Aubry et son fils René II en font partie.

Berryer est particulièrement connu pour l’affaire du « Traité Armand » de 1655. Ce traité afferme pour 15 ans les 100 000 hectares des forets royales de Normandie au prix bradé de 2,2 millions de livres. Berryer est à la fois juge ( il est contrôleur des eaux et forêts de Normandie chargé d’affermer les forêts) et partie (membre du montage financier qui permet de récupérer les terres donc le produit des coupes) et tire des avantages considérables du montage. Louis Berryer joue un rôle important pour faire condamner Fouquet. Il devient directeur de l’hôpital général de Paris (1660) où il supervise la construction de la chapelle de la Salpétrière et crée la maison de force pour les femmes de l’hôpital. Nommé au nombre des directeurs généraux de la compagnie des Indes orientales en 1665, il fait partie de tous les montages financiers de Colbert et introduit la fabrication de la dentelle à Alençon. Il meurt ruiné, rattrapé par ses malversations normandes.
Marié à Renée Hameau originaire de la région d’Alençon, il est le grand-père de Nicolas Berryer, secrétaire d’Etat à la marine puis garde des sceaux et ministre d’Etat sous Louis XV.

« Dans son village, Berryer entraine une partie de ses parents qui eux aussi font carrière en particulier son beau frère René Aubry et le fils de ce dernier » *

De fait dès 1660, René est receveur des tailles à Nevers puis, de 1664 à 1669, il devient receveur général des finances de la généralité de Caen puis de celle de Rouen dont il cèdera la charge à son fils René II en 1675.

En 1676 , l’un des témoins de moralité de l’enquête avant réception comme Secrétaire conseiller du Roi est Claude Coquille ( financier important de Louis XIV, membre de la galaxie Colbert).

On voit donc René Aubry 1 dans un milieu en pleine ascension sociale et en activité du côté du Mans et de la basse Normandie, notamment dans l’Orne. Il devrait exister un portrait de lui mais je n’en n’ai pas trouvé pour l’instant.

L’acquisition d’un titre de conseiller du Roi implique-t-elle que René Aubry était forcément roturier auparavant? C’est possible mais François Bluche rappelle que la dérogation c’est à dire la perte de noblesse n’était pas si rare que cela et « qu’une race noble déchue, même peu de temps, éprouve difficulté à retrouver sa notoriété et sa vitalité première »**

Dès 1645 René Aubry est toujours mentionné comme « Seigneur de la Barrière  » sans autre précision. La Barrière est un quartier de la commune de Savigné-l’Evêque, dans la Sarthe, où sa femme Marguerite se retire et meurt en 1693.

De son mariage, il laisse, d’après l’oncle Louis, trois fils: René 2, Philippe et Louis-François. Un peu de recherche bibliographique nous fait découvrir l’existence d’un quatrième fils, Jean-Baptiste et de trois filles: Marie, Louise et Jeanne. Un fils est dit « Aubry le muet » dans le testament de son frère René 2 sans qu’il soit possible de savoir de quel frère il s’agit exactement.

En savoir plus:
Pour l’histoire de la fonction de secrétaire conseiller du Roi voire:
http://www.blason-armoiries.org/institutions/s/secretaires-du-roi.htm
http://www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/3909-office-et-officiers-sous-lancien-regime.html
Gilles Deleuze
http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=54&t=19071

Sur la fiscalité : http://www.genealogie-aisne.com/old_genealogie/cantons/gabelle.htm

Systeme Colbert
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5733423t/f26.item.r=Aubry.zoom

Société d’histoire moderne et contemporaine (France). Bulletin de la Société d’histoire moderne. 1981.Relation :  http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34412914g

Sur Louis Berryer:
http://www.berruyer.fr/celebres/genealogie-3-9-berryer-de-ferriere.html
Et surtout la communication d’Albert Lafontaine
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5721812h/texteBrut

Livres
° Daniel Dessert, « Argent pouvoir et société au Grand siècle » Fayard, 1984

** François Bluche  » Les magistrats du parlement de Paris au XVIIIème siècle ». Economisa

*** Archives de la Sarthe . Inventaire série HT2 1001-1975

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FIMBEL : La carte d’oncle J

Pour commencer la généalogie Fimbel j’interroge mon oncle qui m’envoie par la poste une carte où il a inscrit ses ascendants.
L’oncle me dit que les premiers Fimbel venaient de Suisse, du Valais, que leur village a brûlé, il ne se souvient pas de son nom.

Eléments de départ. Fimbel.

Eléments de départ. Fimbel.

Ils se sont ensuite installés à Fessenheim puis à Hattstat en Alsace.

Je prends contact avec le centre des familles CDHF du Bas Rhin, (malheureusement fermé depuis juillet 2015). Il y a un certain nombre de Fimbel dans leur base et je commence à construire l’arbre généalogique à partir de ces deux sources.
La théorie de l’oncle est qu’un soldat de la guerre trente ans a fait souche en Alsace. Cela signifierait qu’il s’y est établi après 1648 ou bien, ce qui est aussi possible, que les FIMBEL ( lire aussi Fümpel) ont répondu à l’appel de Louis XIV à repeupler l’Alsace après la guerre de Trente ans et font partie des nombreux suisses qui ont quitté leur pays pour s’y installer. La frontière n’était pas loin, la langue commune ou presque, l’intégration en était sans doute facilitée.

D’où venait donc Hans Georg Pfimbel le premier ancêtre ? Etait-il militaire?

Par le CDHF j’apprends que :
1) «  Le registre paroissial des décès nous fait part, que le 22 mars 1713 est décédé à Blodelsheim, Frantz FIMBEL, vétéran soldat dragon sous Monsieur RENIAC de Breisach. »

2) Un autre cahier recensant les Alsaciens du régiment de cavalerie Helmstadt-Rosen-Wurtemberg montre qu’un Frantz Joseph Fimbel de Fessenheim s’enrôle en 1733 dans le régiment Rosen compagnie du chevalier de Rosen. Et les tables de naissance mentionnent effectivement un François Joseph né en 1710, fils de Hans Georg.

3) Le 4 mai de l’an 1700, le veuf Michel FIMBEL épousa en l’église paroissiale de Fessenheim la célibataire Marie MANN, issue d’une très ancienne famille d’Oberhergheim. Le curé a mentionné dans cet acte de mariage que l’époux venait « d’Eschetswiler » (Eschentzwiller). Michel FIMBEL (FÜMPEL) habitait depuis quelques années déjà Fessenheim puisque deux de ses enfants furent baptisés en ce lieu : Marie-Gertrude en 1688 et Catherine en 1690. Il avait épousé en premières noces dans l’église Saints Pierre et Paul d’Eschentzwiller, en 1684, Jeanne-Françoise RIZART originaire de Bremgarten dans le canton d’Argovie. Leur premier enfant vit le jour à Eschentzwiller et fut baptisé sous les prénoms de François Léon.
Bremgarten est-elle la ville d’origine des Fimbel ? En général les liens entre familles et villages restaient vifs. C’est une hypothèse à prendre en compte mais Bremgarten n’est pas en Valais mais dans le canton d’Argovie.
Quel est le lien entre Michel et Hans Georg ? Peut être cousins car un Francois Léon Rizart est parrain de son fils Georges Léon.

En 2015, une deuxième note du CDH m’apprend que deux frères de Hans: Quirin et Lorentz sont désignés comme tuteurs des huit enfants que Hans Georg a eu avec Anna Maria VONESCH(er) après le décès de celle-ci en 1700 ( en fait selon les archives il y en a deux autres morts en bas âge). Cela n’empêche pas l’ancêtre de reconvoler la même année avec Madeleine SUGER dont il aura neuf enfants: record toute catégorie battu : 19 enfants. Pas étonnant qu’il y ait une multitude de Fimbels de par le monde.

Il est donc probable que l’hypothèse de l’oncle soit correcte à une génération près :

Frantz vétéran décédé en 1713 aurait donc eu pour fils
– Hans Georg
– Quirin
– Lorentz
À vérifier……

4° Enfin, mon aieul Ignatius Franciscus (1722- 1799) est connu comme militaire et vétéran sur les actes de mariage de son fils et sur son acte de décès.
J’ai revérifié mes données en 2015 il y a quelques erreurs (mais ce que j’avais trouvé tient la route) et je tombe par hasard sur l’acte de décès d’Anne Marie Fimbel fille illégitime de Maria Louisa la soeur de mon arrière-grand-père. Le déclarant , Sebastian Abtey, se dit oncle de la décédée. J’en déduis donc que Maria Louisa a eu une histoire avec un Abtey sans savoir lequel.
Geneanet m’apprend que Marie Louise finira par épouser Frantz Nicolas Abtey, 6 ans plus tard en 1872. Ils auront six autres enfants et resteront en Alsace.
Dans la famille de l’arrière grand-père, les hommes ont quitté l’Alsace au moment du conflit avec l’Allemagne en 1870 et opté pour la nationalité française alors que les femmes sont restées en Alsace avec leur époux devenant ipso facto allemandes jusqu’en 1918. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les frères Fimbel semblent avoir gardé peu de relations avec leurs soeurs.
L’oncle me parle d’un carnet noir qu’il conserve précieusement dans un coffre. Il contient semble-t-il la mémoire de la famille ( à suivre…)

Les Scherer première impression, Louis Scherer (1840-1908)

Mon père me parla de son grand-père, Louis SCHERER (Wissembourg 1840- Saint Maur les Fossés 1908) et de sa grand-mère, Thérèse TAVES (1844-1926), originaire de Beaucaire qui lui racontait des histoires en provençal quand il était petit.

Papa semblait avoir une affection particulière pour son grand-père qu’il n’avait pourtant jamais connu : il est mort en 1908, papa est né en 1916. Toute sa vie il a rêvé d’avoir la montre en or gravée aux initiales LS détenue par sa soeur qui l’avait laissé traîner dans un tiroir mais son souhait ne fût jamais exaucé.

Louis était X-Pont (promo 1859), ingénieur en chef responsable de la réalisation de chemins de fer dans l’Est algérien, officier de la Légion d’honneur. C’est à Constantine qu’il rencontra sa femme Thérèse, une modiste, et l’épousa en 1879.

Papa s’inscrit donc dans une lignée d’ingénieurs, ingénieur lui même, fils d’ingénieur des mines, petit-fils de polytechnicien.

Sur la fiche d’entrée à l’X de Louis Scherer on peut lire : Cheveux châtain clair – Front haut – Nez aquilin – Yeux bleus – Bouche ordinaire – Menton large – Visage ovale – Taille 175 – Signes p: lentille au menton –

Voici la photographie de Louis.

Jacques Georges Louis SCHERER (1840-1908)

Jacques Georges Louis SCHERER (1840-1908)

Je lui trouve peu de ressemblance avec mon père, davantage avec Gilbert mon oncle, peut être est-ce du à l’implantation de la racine des cheveux.

Je note au passage que Jacques Louis Emile, mon père, avait quasiment le même prénom que son grand-père Jacques Georges « Louis ». (Le « Emile » de papa est le prénom du seul et unique frère de ma grand-mère, décédé à 20 ans le 10 janvier 1916, six mois avant sa naissance.)

Papa me parla aussi de tante Margot, une cousine germaine de son père qui avait épousé un aviateur, René Jost. Devenue veuve, elle s’était remariée avec Gaston Velten, un diplomate. Je me souviens effectivement d’elle, une vieille dame qui me faisait un peu peur et qui piquait quand je l’embrassait, enfant. Elle venait nous rendre visite accompagnée de Louise Divin et d’Elisabeth Goldschoen d’autres cousines germaines de mon grand-père dont j’ai un souvenir plus vague.

Il mentionna aussi que Jules, un cousin germain de Georges son père, avait épousé Alice une soeur de sa mère rencontrée le jour du mariage de ses parents.

Enfin il m’indiqua que Scherer signifie ciseleur ou coupeur, que ce nom est très commun en Alsace et qu’il y avait une maison SCHERER à Wissembourg.

C’est avec ces infos que je commençai mes recherches.

Le cahier de l’oncle Louis Aubry de la Noë

Louis Antoine Aubry de la Noë, résident de France à Annam.

Louis Antoine Aubry de la Noë, résident de France à Annam.

Entre les deux guerres ma mère tapa à la machine la chronique des Aubry de la Noë telle que la lui dicta Louis Antoine Aubry de la Noë (1862-1942) son grand-oncle.

Louis avait été résident de France en Annam, chevalier puis officier de la légion d’honneur « pour services distingués rendus à la colonisation au cours d’une longue carrière en Indochine ».

Il avait épousé en 1898 à Saint Pair sur mer (Normandie) Alice Davy de Boisroger.

Alice de Boisroger (1871-1970)

Alice de Boisroger
(1871-1970)

Il est inhumé dans la station balnéaire de Jullouville (Manche) fondée par Armand Jullou (1883-1913) oncle de sa femme. Louis et Alice n’ont pas eu d’enfants.

L’once Louis avait la réputation d’être assez snob. C’est lui qui dicte donc l’histoire des Aubry de la Noë qui sert de base à mon arbre.

Once Louis fait remonter les Aubry à Guillaume le conquérant mais, en lisant son texte, force est de constater une grande imprécision si l’on veut remonter avant le XVII ème siècle.
Cela rend le document un peu suspect pour tout ce qui se passe avant cette date.

Que disent les sources extérieures «  officielles » ?

1) Charles René d’HOZIER (1640-1732), fut nommé généalogiste du roi. Il a publié le Grand Armorial de France établi sur ordre de Louis XIV en 1696.
Ce document donne pour origine à la famille Aubry de la Noë : René Aubry Seigneur de la Barrière, de la Noë. Conseiller secrétaire du Roy, Maison Couronne de France et de ses finances.
2) Les Tablettes généalogiques et nobiliaires font également remonter la noblesse de la famille à René AUBRY «  Conseiller secrétaire du Roi » par provision du 30 janvier 1674.
3) Certains nobiliaires précisent « couronne de marquis » mais pas tous.

4) L’association d’entraide de la noblesse française que j’ai contactée ne trouve pas trace du marquisat ni trace de noblesse antérieure.

L’oncle Louis mentionne bien René Aubry mais en fait la sixième génération après Guillaume AUBRY qui prit la tête de la branche française en 1362 à la mort de Robert Aubry comte d’Oxford. Mon oncle Pierre m’a dit un jour qu’il se souvenait avoir vu les armes des Aubry ( « de gueules à trois pals d’or ») dans la cathédrale de Winchester. J’y suis allé en 2011, je n’ai rien vu. Peut-être ont-elles été enlevées?

Plus problématique: oncle Louis donne un père à René 1 Aubry : Jean II. Il lui donne aussi un frère, Jean III Seigneur de Tilleport, Maitre des requêtes, conseiller d’Etat et privé, président au parlement, receveur des aides qui épouse Marguerite Le Breton de Villandry puis Catherine Bellièvre. Or  les généalogistes attribuent un autre père à Jean III : Claude Aubry bourgeois de Paris dont on retrace la famille jusqu’au XIIIème siècle.

Donc soit René et Jean III sont fils de Jean II et les généalogistes se trompent  soit ils sont les fils de Claude et l’oncle se trompe, soit Jean III est fils de Claude et les ascendants de René sont à déterminer.
Le débat est ouvert.

Ma mère m’a aussi toujours dit qu’il y avait un cardinal dans la famille et qu’il est enterré dans la cathédrale de Sens.

Oncle Louis est un peu macho: à de rares exceptions près, il ne donne aucune information sur la famille des femmes qui ont épousé les Aubry, ni sur les lieux de naissance, mariage ou décès.  Il n’est donc pas facile de vérifier tout ce qu’il dit mais je m’attele à la tâche.

Pour résumer trois interrogations:
– Quelle est l’ascendance de René Aubry ?
– De quand date le marquisat s’il existe ?
– Qui est le cardinal ?

Alsace : un peu d’histoire

Pour comprendre, les événements qui ont affectés la vie de nos ancêtres  FIMBEL et SCHERER rien de tel qu’un peu d’histoire.

Au XVIe siècle, l’Alsace est un foyer de l’humanisme et de la Réforme (1530).

Photo: ADT67/C.FLEITH

Photo: ADT67/C.FLEITH

En 1549, Charles Quint impose le maintien dans la ville de Strasbourg de trois paroisses catholiques. Le protestantisme se répand. Cependant, les catholiques conservent la majeure partie des possession des Habsbourg, des abbayes et de l’évêché de Strasbourg.

Au cours des XVIè et XVIIè siècles, l’Alsace connaît une longue période de troubles.

Pendant les guerres de religion, de 1562 à 1598, la plaine d’Alsace est traversée à plusieurs reprises par les troupes protestantes allemandes qui se portent au secours des huguenots français. La population souffre des pillages.

L’Alsace est ensuite dévastée par la guerre de trente ans (1618-1648) qui oppose les protestants soutenus par Frederic V (électeur palatin et roi élu) aux catholiques de l’empire autrichien.
L’Alsace est exsangue: plus de la moitié de la population rurale a disparu, à la suite des massacres, famines et épidémies de peste. 30 à 60 % du bâti est détruit. La mortalité lors des années de guerre est telle que Louis XIV invite des étrangers, à condition d’être catholiques, à venir dans la région pour la repeupler, par un édit de 1662. Beaucoup de suisses s’installent alors en Alsace.

De 1673 à 1681, le Roi de France Louis XIV assure sa suzeraineté sur le reste du pays, et en dernier lieu à Strasbourg (1681). Mulhouse, alliée aux cantons suisses depuis 1515, reste indépendante. En 1697, le traité de Ryswick reconnaît la suzeraineté du Roi de France sur l’Alsace (les seigneuries locales subsisteront jusqu’à la Révolution Française).

Après la Guerre de Hollande,  le Traité de Nimègue, en 1679, confirme les droits de Louis XIV sur l’Alsace. Les Intendants du Roi administrent la province. A Colmar, le Conseil Souverain, parlement, juge les affaire de la région.

Au XVIIIe siècle, Vauban édifie des forteresses le long du Rhin (Strasbourg, Sélestat, Neuf-Brisach, Huningue, ainsi que Belfort), et assure la sécurité de l’Alsace. La politique religieuse favorise alors le catholicisme. Rayonnement de l’université de Strasbourg en Europe protestante (étudiants : Metternich, Cobenzl, Goethe, ainsi que de nombreux Russes). Essor de l’orfèvrerie strasbourgeoise, développement de l’industrie (mines vosgiennes, brasseries et manufactures de tabac dans la région de Strasbourg, filatures à Mulhouse), florissement du commerce par voie fluviale.

A la veille de la Révolution, plus du quart des Alsaciens sont encore sujets de princes « étrangers ». Le peuple adopte avec enthousiasme les idées nouvelles qui préparent à Révolution. Le mois de juillet 1789 est marqué par des troubles par ailleurs assez vite réprimés. Des émeutes éclatent à Strasbourg.  Dans le Sundgau, les paysans endettés et misérables envahissent les châteaux, malmènent les agents des seigneurs, pillent à Guebwiller la résidence du Prince-Abbé de Murbach.

Après l’abolition des privilèges votée le mardi 4 août 1789, les princes étrangers refusent de se soumettre aux décisions de l’Assemblée et repoussent les indemnités qui leur sont offertes pour le rachat de leurs droits et de leurs terres.

La province d’Alsace est divisée en deux départements : le Haut-Rhin (ayant Colmar pour chef-lieu) qui comprend les districts de Colmar, Altkirch et Belfort ; et le Bas-Rhin (ayant Strasbourg pour chef-lieu) qui comprend les districts de Strasbourg, Benfeld, Haguenau et Wissembourg.

Sources : Histoire de l’Alsace Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Alsace
Alsace genweb on line: http://alsacegenweb.online.fr/histoire.htm

ADRIEN FRAISSINET (1843-1918)

Septième d’une famille de dix enfants, mon arrière-grand-père ADRIEN FRAISSINET est né le 17 mars 1843 au 21 rue de la Darse à Marseille.
A quelle rue correspond-t-elle aujourd’hui ?

Son père Henry (1794-1866), fondateur de la compagnie générale de remorquage à vapeur, capitaine au long cours a 48 ans. Sa mère, Clotilde Jeanne BACCUET (1804-1877), en a 38.

De ses frères et soeurs, je sais peu de choses et toute information sur eux est la bienvenue. Les voici dans l’ordre:

1. FRAISSINET Claire Bathilde Emma (1828-1831)
2. FRAISSINET Bathilde Henriette Claire (1831-1853)
épouse  FRAISSINET Georges Jean (1825-1879)
4. FRAISSINET Charles Edgard (1834-1838)
5 . FRAISSINET Louis Arthur (1836- ?) épouse HÜNERWADEL Emma; 2 enfants : Henri et Martha
5. FRAISSINET Ernest Jean François (1838-1903)
• Sans descendance connue
6. FRAISSINET Albert John Henri (1839-1844)
7. FRAISSINET Fernand Marc (1844-)
• Sans descendance connue
8. FRAISSINET Jules Hébert (1847-> 1898) épouse GERENT Honorine Louise Marie Jospéhine (1849-> 1896)
• 8 enfants : Hubert, Jeanne, Juliette, Clotilde, Edgar, Marthe, Edmond et Raoul
9. FRAISSINET Julien Jules (1849-1900)épouse PLANTIER Calille Cécile Hélène (~ 1860-) puis ROUFFIO Hélène
• 1 enfant : ?

ADRIEN embrasse la profession de négociant et devient consul du Guatémala. Il est alors commun pour un pays étranger de confier les consulats à des marchands et négociants qui habitent sur place, connaissent bien l’endroit et parlent leur langue.
Le 30 janvier 1899, à 55 ans, il fonde la société en commandite par action « Adrien Fraissinet et cie » pour exploiter à Prollo en Côte d’Ivoire 1 150 ha de caféier et cacaoyer. Mon père m’avait dit que c’était lui qui avait introduit la culture du cacao sur ce territoire. En Côte d’Ivoire agit aussi  la compagnie des Chargeurs réunis de Fabre et Fraissinet qui desservent Tabou.

L’exploitation Fraissinet est « gérée par un directeur, aidé de deux techniciens Un matériel technique est affecté au traitement du café et du riz. La production est écoulée par le fleuve vers Bliéron grâce à des baleinières et des pirogues. L’influence de cette exploitation s’étend au Moyen-Cavally où ses agents achètent les cerises des planteurs autochtones, les décortiquent et les ajoutent à leur propre production. Ainsi, la plantation de Prollo espère intégrer dans son circuit les petits planteurs et cultivateurs indigènes qui abondent dans la région ».

Source :Wondji Christophe. La Côte d’Ivoire occidentale. Période de pénétration pacifique (1890-1908). In: Revue française d’histoire d’outre-mer, tome 50, n°180-181, troisième et quatrième trimestres 1963. pp. 346-381

Je met en illustration une photo de Bliérion à cette époque. C’est un petit village sur le fleuve Cavally quasiment à la frontière avec le Libéria. C’était vraiment l’aventure.

 Auteur : Pobéguin, Henri (1856-1951). Photographe Date d'édition : 1895 Source: BNF

Auteur : Pobéguin, Henri (1856-1951) Photographe Date d’édition: 1895. Source: BNF

De ces voyages, Adrien rapporta une passion pour les plantes et la géographie.

Il devint membre fondateur de la Société de géographie de Marseille. Au sein de cette organisation, il a publié  « Une tournée au Cavally (Côte d’Ivoire) » Marseille :1900  14 pages.

C’est lui qui a planté plus de 100 hectares de pins dans la propriété familiale de Marzols près de Moustiers Sainte-Marie dans les Alpes de Haute Provence.

L’une de mes cousines me dit qu’Adrien avait la réputation d’être plutôt  poète et de gérer plus ou moins bien ses affaires. Il s’isolait pour lire les fameux poèmes …et aurait été ruiné par un escroc. (Qui a des infos là-dessus?)

Il aurait cependant réussi à doter chacune dessus filles d’une propriété. (Lesquelles ?)

Il avait épousé le 5 novembre 1873 Alice Eugénie Folsch de Fels. Ses témoins sont sont cités :
• Jean François Augustin BACCUET, Jacques David RABAUD et Charles II JACKSON que nous retrouverons dans un autre article.

 

Olivier Heer signale « Il habitait, en location, une propriété sise au 584 avenue du Prado appelée Valbelle (voir sur Google), appartenant à Georges Rodocanachi (voir sur Google). Puis il a habité 7 avenue du Parc Borély (8° arrondissement) une propriété appartenant au consul de Suède. Cette propriété a été achetée en 1918 au consulat de Suède par mon Grand Père Edouard Fraissinet. Elle a été vendue en 1973 (?) à l’église des mormons. »

Il s’agissait donc vraisemblablement de la maison de son beau-père Charles Henry Folsch Von Fels, administrateur de la caisse d’épargne et vice consul de Suède, Norvège et Danemark à Marseille.

villa Fraissinet Edouard Bd Joseph Vernet0001

La villa avenue du parc Borély à Marseille

Adrien est mort le 18 décembre 1918, 322 avenue du Prado à Marseille, deux ans (1854-1900) après son fils unique Emile. Il laissait six filles toutes déjà mariées qu’il surnommait paraît-il « les pisseuses » ce qui ne me semble pas très valorisant.

Photo d’Adrien Fraissinet et ses frères 

Sommes-nous des lapins? Are we breeding like rabbits ?

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« Certains pensent, excusez-moi du terme, que pour être de bons catholiques, il faut se comporter comme des lapins, mais ce n’est pas le cas »

« Catholics don’t have to breed like rabbits »

Pape François Janvier 2015

Le message papal n’était pas encore passé dans l’Alsace du XVII eme siècle

The pope message wasn’t  relevant yet in XVII century Alsace

Côté FIMBEL (catholique)
– Génération 1 : Hans Georg Fimbel (1643-1733) 19 enfants, deux femmes (19 children with two wifes)
– Génération 2 :
Georges Leontius: 12 enfants, une femme (12 children, one wife)
Frantz: 7 enfants, une femme
Et je n’ai étudié que ces deux familles (il y en a d’autres)
– Génération 3 : On passe au dix neuvième siècle et, définitivement, en dessous de la barre des 10 enfants.

We are now in the XIX century and the amount of children will never be above 10 anymore.

Frantz Ignace  le vétéran: 6 enfants
Son fils aîné , Francois Xavier, maréchal-ferrand, 5 enfants
Le fils, Francois Ignace, maréchal-ferrand comme son père, 5 enfants
Son fils, mon arrière-grand père Louis, 5 enfants
Maurice, le grand-père: 6 enfants.

Côté SCHERER (protestants)

Hans Scherer (1671-1722) 8 enfants, deux femmes
Génération 2:  Son fils Jean Christophe ( 1715-1788) 15 enfants, deux femmes
Génération 3: Jean Christophe II (1759-1848) 15 enfants deux femmes,
Jean Georges II frère de Jean Christophe II (1765-1822) : 10 enfants, deux femmes,
Elizabeth Scherer, 8 enfants et ainsi de suite.

Certes, il y a de la mortalité infantile mais les familles restent nombreuses. Sur les 15 enfants de Jean Christophe II, cinq meurent en bas âge, restent 10 enfants à nourrir.

Le cauchemar d’un généalogiste !

Child mortality is important, nevertheless the survival rate is important too : for example Jean Christophe II SCHERER had 15 kids out of whom 10 reached adult age.

SOURCES

– Les souvenirs des membres les plus âgés de ma famille
– Les chroniques familiales déjà écrites par des membres de la famille (FIMBEL, AUBRY de la NOË, JACKSON, FOLSCH de FELS)
– Les actes d’Etat civil en ligne (malheureusement le département du Gard n’est pas encore dans ce cas là)
– Les ouvrages en ligne de la BNF http://gallica.bnf.fr
– Différents ouvrages sur la ville de Marseille, la diplomatie française, la généalogie dont je donnerai les références.
– Le Centre Départemental d’histoire des familles de Guebwiller – malheureusement fermé aujourd’hui – mais dont le site reste accessible : http://www.cdhf.net/fr/
– La base Léonore recensant les officiers de la légion d’Honneur : http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/accueil.htm
– La base des médaillées de Sainte Hélène http://www.stehelene.org/php/accueil.php?lang=fr
– La base «  Mémoire des hommes » qui recense ceux qui sont tombés au combat au XXeme siècle.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Les sites généalogiques:
– Geneprovence http://www.geneprovence.com
– Geneaservice http://www.geneaservice.com
– GENEA 30 http://geneal30.free.fr
Et surtout Geneanet , où j’ai déposé mon arbre
http://gw.geneanet.org/mila1_w . Je ne peux que conseiller ce site gratuit et convivial. Les informations qu’on y trouve doivent toujours être vérifiées mais cela débloque beaucoup de pistes et il y a une excellente collaboration. En particulier merci beaucoup à tous ceux qui m’ont aidée, parfois même sans le savoir, en publiant leur arbre. Je pense particulièrement à Marc Bajet, Jean Paul Bourlac, Henri de Dianous, et Jean-Pierre Croc

Si une photo du vieux-port de Marseille illustre ce blog c’est parce qu’il est au centre de l’activité familiale depuis le XVIII ème siècle pour les Fraissinet et de nombreuses familles liées aux Aubry.

Qu’ils viennent du Languedoc, des Alpes de Haute Provence, de l’Isère, de l’Ardèche, tous sont attirés par la vitalité du Port.

Le voyage entre Provinces n’est pas aussi aisé que maintenant et le départ vers Marseille est une véritable émigration qui conduit assez souvent, à la rupture des liens familiaux avec ceux restés au pays.

Une fois installés à Marseille, les membres de la famille rayonnent partout.

Méditerranée : Livourne, Crète, Odessa, Istambul, Tripoli, Smyrne (Izmir), le Caire, Ismailia, Alger, Rabat,

Ou plus loin: Addis Abeba, Yokohama, Siam, Prolio (Côte d’Ivoire), Bogota.

Nombreux sont ceux qui travaillent dans l’armement de navires (Fraissinet, Possel) ou dans le transport maritime (Fraissinet, Aubry) mais aussi les chemins de fer (Scherer, Aubry) et les avions (Scherer, Fimbel, Fraissinet).

La famille a la bougeotte

credit: C de Groote

credit: C Degroote

MARSEILLE